Math@mine / Seconde 2026 / Ch2

Chapitre 2 — Nombres réels, intervalles, valeur absolue

📋 Prérequis & 🎯 Objectifs du chapitre déplier
📋 Prérequis
  • Ch. 1 — nombres entiers et décimaux
🎯 Objectifs — à la fin du chapitre, je saurai…
  • Connaître les ensembles \(\mathbb{N} \subset \mathbb{Z} \subset \mathbb{D} \subset \mathbb{Q} \subset \mathbb{R}\)
  • Encadrer et arrondir un réel
  • Manipuler les intervalles et la valeur absolue

Seconde — Nouveau programme (BO 2026) · Math@mine

Sommaire
1. Ensemble des nombres réels 2. Intervalles de R 3. Valeur absolue et distance 4. Inéquation |x-a| ≤ r 5. Nombres décimaux et rationnels 6. Nombres irrationnels 7. Partie entière d’un réel Bilan — L’essentiel Pieges et contre-exemples

Tolerance d’usinage

En mécanique de précision, une pièce doit mesurer 25 mm avec une tolérance de ±0,02 mm. La pièce est conforme si sa mesure \(x\) vérifie \(|x - 25| \leqslant 0{,}02\).

Quelles sont les mesures acceptables ? Comment représenter cet ensemble sur une droite graduée ?
→ La valeur absolue et les intervalles permettent de répondre.

→ Solution complète en fin de chapitre

La crise des irrationnels chez les Pythagoriciens

Les Pythagoriciens (VIe siècle av. J.-C.) croyaient que tout nombre pouvait s’écrire comme quotient de deux entiers. La découverte que la diagonale d’un carré de côté 1 (qui mesure \(\sqrt{2}\)) ne peut pas s’écrire sous forme de fraction a provoque une véritable crise philosophique.

Selon la legende, Hippase de Métaponte, qui aurait divulgué ce secret, aurait été jeté par-dessus bord lors d’une traversée en mer ! Cette découverte a marque la naissance du concept de nombre irrationnel.

📜 Lire l’article — Le scandale de √2 : les Pythagoriciens et la crise des irrationnels →

\(\sqrt{2}\) est-il rationnel ?

Peut-on écrire \(\sqrt{2}\) sous la forme \(\dfrac{p}{q}\) avec \(p\) et \(q\) entiers ?

Indice : supposer que oui, et montrer que cela mène a une contradiction (raisonnement par l’absurde).

→ Solution complète en fin de chapitre

1. Ensemble des nombres réels

Définition — Nombres réels
L’ensemble des nombres réels, noté \(\mathbb{R}\), est l’ensemble de tous les nombres qui peuvent être représentés par un point sur une droite graduée (la droite numérique).
Propriété — Inclusion des ensembles de nombres
\[\mathbb{N} \subset \mathbb{Z} \subset \mathbb{D} \subset \mathbb{Q} \subset \mathbb{R}\]
  • \(\mathbb{N}\) : entiers naturels \(\{0, 1, 2, 3, \ldots\}\)
  • \(\mathbb{Z}\) : entiers relatifs \(\{\ldots, -2, -1, 0, 1, 2, \ldots\}\)
  • \(\mathbb{D}\) : nombres décimaux (quotient d’un entier par une puissance de 10)
  • \(\mathbb{Q}\) : nombres rationnels (quotient de deux entiers)
  • \(\mathbb{R}\) : nombres réels (tous les points de la droite numérique)
Justification intuitive

Résultat admis -- justification intuitive :

Tout entier naturel \(n\) est un entier relatif (\(\mathbb{N} \subset \mathbb{Z}\)).

Tout entier relatif \(n\) s’écrit \(\frac{n}{1} = \frac{n}{10^0}\), donc est décimal (\(\mathbb{Z} \subset \mathbb{D}\)).

Tout décimal \(\frac{a}{10^n}\) est un quotient de deux entiers, donc rationnel (\(\mathbb{D} \subset \mathbb{Q}\)).

Tout rationnel correspond a un point de la droite numérique, donc est réel (\(\mathbb{Q} \subset \mathbb{R}\)).

Les inclusions sont strictes : \(\frac{1}{3} \in \mathbb{Q} \setminus \mathbb{D}\) et \(\sqrt{2} \in \mathbb{R} \setminus \mathbb{Q}\).

Exemples
  • \(3 \in \mathbb{N}\), \(-5 \in \mathbb{Z}\), \(0{,}7 \in \mathbb{D}\), \(\dfrac{1}{3} \in \mathbb{Q}\), \(\sqrt{2} \in \mathbb{R}\)
  • \(\dfrac{1}{3} \notin \mathbb{D}\) car son écriture décimale \(0{,}333\ldots\) est infinie (périodique, mais pas finie). C’est un rationnel non décimal.
  • \(\sqrt{2} \notin \mathbb{Q}\) (nombre irrationnel)
Droite numérique

Tout nombre réel correspond a un unique point de la droite graduée, et reciproquement. On dit que \(\mathbb{R}\) est complet : il n’y a pas de « trou » sur la droite.

Inclusion des ensembles : \(\mathbb{N} \subset \mathbb{Z} \subset \mathbb{Q} \subset \mathbb{R}\)

2. Intervalles de \(\mathbb{R}\)

Définition — Intervalle
Un intervalle de \(\mathbb{R}\) est un ensemble de nombres réels compris entre deux bornes. On distingue les intervalles fermés (bornes incluses) et ouverts (bornes exclues).
Notations des intervalles
NotationEnsembleReprésentation
\([a\,;\,b]\)\(\{x \in \mathbb{R} \mid a \leqslant x \leqslant b\}\)Segment fermé
\(]a\,;\,b[\)\(\{x \in \mathbb{R} \mid a < x < b\}\)Intervalle ouvert
\([a\,;\,b[\)\(\{x \in \mathbb{R} \mid a \leqslant x < b\}\)Semi-ouvert a droite
\(]a\,;\,b]\)\(\{x \in \mathbb{R} \mid a < x \leqslant b\}\)Semi-ouvert a gauche
\([a\,;\,+\infty[\)\(\{x \in \mathbb{R} \mid x \geqslant a\}\)Demi-droite fermée
\(]-\infty\,;\,a]\)\(\{x \in \mathbb{R} \mid x \leqslant a\}\)Demi-droite fermée
\(]-\infty\,;\,+\infty[\)\(\mathbb{R}\)Droite entière
Conventions
  • \(+\infty\) et \(-\infty\) ne sont pas des nombres : on utilise toujours un crochet ouvert du côté de l’infini.
  • Sur la droite : un crochet fermé [ ou ] se représenté par un point plein, un crochet ouvert ] ou [ par un point vide.
Exemples
  • \(x \in [-3\,;\,5]\) signifie \(-3 \leqslant x \leqslant 5\)
  • \(x \in ]0\,;\,+\infty[\) signifie \(x > 0\) (les réels strictement positifs)
  • \(x \in [-1\,;\,4[\) signifie \(-1 \leqslant x < 4\)
Définition — Reunion et intersection
  • \(A \cup B\) (reunion) : ensemble des éléments qui appartiennent a \(A\) ou a \(B\) (ou aux deux).
  • \(A \cap B\) (intersection) : ensemble des éléments qui appartiennent a \(A\) et a \(B\).
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Réels, intervalles et valeur absolueExercices ciblés, bouton Nouvel énoncé pour en générer d’autres

3. Valeur absolue et distance

Définition — Valeur absolue
La valeur absolue d’un nombre réel \(a\), notée \(|a|\), est la distance de \(a\) a 0 sur la droite numérique : \[|a| = \begin{cases} a & \text{si } a \geqslant 0 \\ -a & \text{si } a < 0 \end{cases}\]
Exemples
  • \(|5| = 5\)
  • \(|-3| = 3\)
  • \(|0| = 0\)
  • \(|-\pi| = \pi\)
Propriété — Distance entre deux nombres
La distance entre deux nombres réels \(a\) et \(b\) sur la droite numérique est : \[d(a, b) = |b - a| = |a - b|\]
Justification intuitive

Résultat admis -- justification intuitive :

Sur la droite numérique, la distance entre deux points d’abscisses \(a\) et \(b\) est la longueur du segment \([a, b]\) (ou \([b, a]\)).

Si \(a \leqslant b\), cette longueur est \(b - a = |b - a|\). Si \(a > b\), c’est \(a - b = |a - b|\).

Dans les deux cas, \(d(a, b) = |b - a| = |a - b|\) (car \(|{-x}| = |x|\)).

Exemples
  • Distance entre 3 et 7 : \(|7 - 3| = 4\)
  • Distance entre \(-2\) et 5 : \(|5 - (-2)| = |7| = 7\)
  • Distance entre \(-4\) et \(-1\) : \(|-1 - (-4)| = |3| = 3\)
Propriétés de la valeur absolue
Pour tous réels \(a\) et \(b\) :
  • \(|a| \geqslant 0\) et \(|a| = 0 \Leftrightarrow a = 0\)
  • \(|-a| = |a|\)
  • \(|ab| = |a| \times |b|\)
  • Inégalité triangulaire : \(|a + b| \leqslant |a| + |b|\), avec égalité si et seulement si \(a\) et \(b\) sont de même signe.
Renvoi — Fonction valeur absolue

La fonction \(x \mapsto |x|\) est une fonction de reference du programme 2026. Sa courbe (en forme de V), ses variations et ses propriétés sont etudiees en détail au chapitre 10 — Fonctions de reference.

4. Inéquation \(|x - a| \leqslant r\)

Propriété fondamentale
Soit \(a\) un réel et \(r\) un réel positif. L’inéquation \(|x - a| \leqslant r\) a pour ensemble de solutions l’intervalle : \[|x - a| \leqslant r \quad \Longleftrightarrow \quad a - r \leqslant x \leqslant a + r \quad \Longleftrightarrow \quad x \in [a - r\,;\, a + r]\]

Géométriquement : les solutions sont les points de la droite dont la distance au centre \(a\) est au plus \(r\).

Preuve

Montrons que \(|x - a| \leqslant r \iff a - r \leqslant x \leqslant a + r\).

Par définition de la valeur absolue, \(|x - a| \leqslant r\) signifie \(-r \leqslant x - a \leqslant r\).

En ajoutant \(a\) a chaque membre : \(a - r \leqslant x \leqslant a + r\).

Réciproquement, si \(a - r \leqslant x \leqslant a + r\), alors \(-r \leqslant x - a \leqslant r\), donc \(|x - a| \leqslant r\). \(\square\)

Exemples
  • \(|x - 3| \leqslant 2 \Leftrightarrow x \in [1\,;\,5]\) (centre 3, rayon 2)
  • \(|x + 1| \leqslant 4 \Leftrightarrow |x - (-1)| \leqslant 4 \Leftrightarrow x \in [-5\,;\,3]\)
  • \(|x| \leqslant 0{,}5 \Leftrightarrow |x - 0| \leqslant 0{,}5 \Leftrightarrow x \in [-0{,}5\,;\,0{,}5]\)
Méthode — Resoudre \(|x - a| \leqslant r\)
  1. Identifier le centre \(a\) et le rayon \(r\).
  2. Ecrire la double inégalité : \(a - r \leqslant x \leqslant a + r\).
  3. L’ensemble des solutions est \([a - r\,;\,a + r]\).
Exemple — Tolerance d’usinage

Une pièce doit mesurer 25 mm a ±0,02 mm pres : \(|x - 25| \leqslant 0{,}02\).

Solutions : \(x \in [24{,}98\,;\,25{,}02]\). La pièce est conforme si sa mesure est entre 24,98 mm et 25,02 mm.

🐍 Python — Tester la tolérance

Une fonction qui renvoie True si la pièce est conforme :

def conforme(mesure, cible, tolérance):
    return abs(mesure - cible) <= tolérance

print(conforme(24.99, 25, 0.02))  # True
print(conforme(25.05, 25, 0.02))  # False
print(conforme(24.98, 25, 0.02))  # True (borne exacte)

abs() calcule la valeur absolue : abs(-3) == 3.

5. Nombres décimaux et rationnels

Définition — Nombre décimal
Un nombre est décimal s’il peut s’écrire sous la forme \(\dfrac{a}{10^n}\) ou \(a \in \mathbb{Z}\) et \(n \in \mathbb{N}\). Autrement dit, son écriture décimale comporte un nombre fini de chiffres après la virgule.
Définition — Nombre rationnel
Un nombre est rationnel s’il peut s’écrire sous la forme \(\dfrac{p}{q}\) où \(p \in \mathbb{Z}\) et \(q \in \mathbb{Z}^*\).
🔑 À retenir — Écritures décimales et nature du nombre
  • Décimal ⇔ écriture décimale finie (ex : \(0{,}25 = \tfrac{1}{4}\), \(3 = \tfrac{3}{1}\)).
  • Rationnel non décimal ⇔ écriture décimale infinie périodique (ex : \(\tfrac{1}{3} = 0{,}\overline{3}\), \(\tfrac{1}{7} = 0{,}\overline{142857}\)).
  • Irrationnel ⇔ écriture décimale infinie non périodique (ex : \(\sqrt{2}\), \(\pi\)).

Autrement dit : on reconnaît la nature d’un réel à son développement décimal.

Définition — Encadrement décimal
Un encadrement décimal a \(10^{-n}\) pres d’un nombre réel \(x\) est un encadrement de la forme : \[d \leqslant x < d + 10^{-n}\] ou \(d\) est un nombre décimal (la troncature de \(x\) a \(n\) décimales).
Exemples
  • Encadrement de \(\pi\) a \(10^{-2}\) pres : \(3{,}14 \leqslant \pi < 3{,}15\)
  • Encadrement de \(\sqrt{2}\) a \(10^{-3}\) pres : \(1{,}414 \leqslant \sqrt{2} < 1{,}415\)
Démonstration exigible — \(\dfrac{1}{3}\) n’est pas décimal

Propriété : Le nombre rationnel \(\dfrac{1}{3}\) n’est pas un nombre décimal.

Démonstration (par l’absurde)

Supposons que \(\dfrac{1}{3}\) est décimal. Alors il existe \(a \in \mathbb{Z}\) et \(n \in \mathbb{N}\) tels que :

\(\dfrac{1}{3} = \dfrac{a}{10^n}.\)

Donc \(10^n = 3a\), ce qui signifie que \(10^n\) est un multiple de 3.

Or \(10^n = 2^n \times 5^n\). La décomposition en facteurs premiers de \(10^n\) ne contient que des 2 et des 5, jamais de 3.

Donc \(10^n\) n’est pas un multiple de 3. Contradiction !

Conclusion : \(\dfrac{1}{3}\) n’est pas un nombre décimal. ∎

a b [a ; b] a ]a ; +∞[

Représentation sur la droite réelle : disque plein = borne incluse, disque vide = borne exclue

6. Nombres irrationnels

Définition — Nombre irrationnel
Un nombre est irrationnel s’il n’est pas rationnel, c’est-a-dire s’il ne peut pas s’écrire sous la forme \(\dfrac{p}{q}\) avec \(p \in \mathbb{Z}\) et \(q \in \mathbb{Z}^*\).
Exemples de nombres irrationnels
  • \(\sqrt{2} \approx 1{,}41421356\ldots\) (la diagonale d’un carré de côté 1)
  • \(\pi \approx 3{,}14159265\ldots\) (rapport du périmètre au diamètre d’un cercle)
  • \(\sqrt{3}\), \(\sqrt{5}\), \(\sqrt{7}\), … (racines carrees de nombres non carrés parfaits)
Démonstration exigible — \(\sqrt{2}\) est irrationnel

Propriété : Le nombre \(\sqrt{2}\) n’est pas rationnel, c’est-a-dire qu’il ne peut pas s’écrire sous la forme d’une fraction \(\dfrac{p}{q}\) avec \(p, q\) entiers.

Démonstration (par l’absurde)

Supposons que \(\sqrt{2}\) soit rationnel. Alors il existe deux entiers \(p\) et \(q\) (\(q \neq 0\)) tels que \(\sqrt{2} = \dfrac{p}{q}\), avec la fraction \(\dfrac{p}{q}\) irréductible.

En élevant au carré : \(2 = \dfrac{p^2}{q^2}\), donc :

\(p^2 = 2q^2.\)

Donc \(p^2\) est pair. Or le carré d’un impair est impair (démonstration du chapitre 1, section 2 — Nombres pairs et impairs), donc \(p\) est nécessairement pair. On écrit \(p = 2k\).

Alors \((2k)^2 = 2q^2\), soit \(4k^2 = 2q^2\), donc \(q^2 = 2k^2\).

Donc \(q^2\) est pair, et par le même raisonnement, \(q\) est pair.

Mais si \(p\) et \(q\) sont tous les deux pairs, la fraction \(\dfrac{p}{q}\) n’est pas irréductible. Contradiction !

Conclusion : \(\sqrt{2}\) est irrationnel. ∎

Les calculatrices et les nombres irrationnels

Une calculatrice n’affiche qu’un nombre fini de décimales. Elle donné donc une valeur approchée de \(\sqrt{2}\) ou \(\pi\), jamais la valeur exacte. Il faut toujours garder les écritures exactes (\(\sqrt{2}\), \(\pi\)) dans les calculs quand c’est possible.

7. Partie entière d’un réel

Définition — Partie entière
Soit \(x \in \mathbb{R}\). La partie entière de \(x\), notée \(\lfloor x \rfloor\) (ou \(E(x)\)), est le plus grand entier relatif inférieur ou égal à \(x\). \[\lfloor x \rfloor \in \mathbb{Z} \qquad \text{et} \qquad \lfloor x \rfloor \leqslant x < \lfloor x \rfloor + 1\]
Exemples
  • \(\lfloor 3{,}7 \rfloor = 3\)
  • \(\lfloor 5 \rfloor = 5\) (pour un entier, partie entière = lui-même)
  • \(\lfloor \pi \rfloor = 3\)
  • \(\lfloor \sqrt{2} \rfloor = 1\) car \(1 \leqslant \sqrt{2} < 2\)
  • \(\lfloor -2{,}3 \rfloor = -3\) (attention : ce n’est pas \(-2\), car \(-3 < -2{,}3 < -2\) et on prend le plus grand entier inférieur)
⚠️ Piège — Partie entière ≠ troncature

Pour les nombres positifs, \(\lfloor x \rfloor\) revient à « enlever les décimales ». Mais pour les négatifs, c’est différent : \(\lfloor -2{,}3 \rfloor = -3\) et non \(-2\).

🐍 Python — Fonction floor

Le module math fournit floor pour la partie entière :

from math import floor
print(floor(3.7))    # 3
print(floor(-2.3))   # -3
print(floor(5))      # 5

Pour les entiers naturels, n // 1 équivaut aussi à la partie entière.

Propriété — Encadrement d’un réel par deux entiers consécutifs
Pour tout \(x \in \mathbb{R}\), il existe un unique entier \(n \in \mathbb{Z}\) tel que : \[n \leqslant x < n + 1.\] Cet entier est \(n = \lfloor x \rfloor\). Il donne l’encadrement à l’unité près de \(x\).

Bilan — L’essentiel

NotionDéfinition / Formule
Valeur absolue\(|a|\) = distance de \(a\) a 0
Distance\(d(a,b) = |b - a|\)
\(|x - a| \leqslant r\)\(x \in [a-r\,;\,a+r]\)
Décimal\(\dfrac{a}{10^n}\), écriture décimale finie
Rationnel\(\dfrac{p}{q}\), \(p \in \mathbb{Z}\), \(q \in \mathbb{Z}^*\)
IrrationnelNon rationnel (ex: \(\sqrt{2}\), \(\pi\))
Partie entière \(\lfloor x \rfloor\)Plus grand entier \(\leqslant x\) : \(\lfloor x \rfloor \leqslant x < \lfloor x \rfloor + 1\)
Inégalité triangulaire\(|a+b| \leqslant |a| + |b|\)
Démonstrations exigibles :
  • \(\dfrac{1}{3}\) n’est pas un nombre décimal
  • \(\sqrt{2}\) est irrationnel (par l’absurde)
Inclusions : \(\mathbb{N} \subset \mathbb{Z} \subset \mathbb{D} \subset \mathbb{Q} \subset \mathbb{R}\)
Solution du problème d’ouverture

La pièce doit mesurer 25 mm avec une tolérance de ±0,02 mm : \(|x - 25| \leqslant 0{,}02\).

Les mesures acceptables sont : \(x \in [24{,}98\,;\,25{,}02]\), soit entre 24,98 mm et 25,02 mm.

Solution de l’énigme — \(\sqrt{2}\) est-il rationnel ?

Supposons \(\sqrt{2} = \dfrac{p}{q}\) avec \(\dfrac{p}{q}\) irréductible. Alors \(2 = \dfrac{p^2}{q^2}\), donc \(p^2 = 2q^2\).

Donc \(p^2\) est pair, donc \(p\) est pair : \(p = 2k\).

Alors \(4k^2 = 2q^2\), donc \(q^2 = 2k^2\), donc \(q^2\) est pair, donc \(q\) est pair.

Mais alors \(p\) et \(q\) sont tous deux pairs, ce qui contredit l’hypothese que \(\dfrac{p}{q}\) est irréductible. Contradiction !

Conclusion : \(\sqrt{2}\) est irrationnel.

⚠️ Pieges et contre-exemples

Nombres réels : teste d’abord ton intuition, puis lis l’explication.

Score : 0 / 5 evaluations correctes
1 Racine carree et signe

« \(\sqrt{a^2} = a\) pour tout réel \(a\). »

Cette affirmation est-elle correcte ?

📖 Explication

\(\sqrt{a^2} = |a|\), pas \(a\). Contre-exemple : pour \(a = -3\), \(\sqrt{(-3)^2} = \sqrt{9} = 3 \neq -3\).

La racine carree renvoie toujours un résultat positif ou nul.

💡 Règle : \(\sqrt{a^2} = |a|\) pour tout réel \(a\). Ne jamais oublier la valeur absolue !

Mini-test : que vaut \(\sqrt{(-5)^2}\) ?

🔗 Travaille dans les exercices du chapitre

2 Racine d’une somme

« \(\sqrt{a+b} = \sqrt{a} + \sqrt{b}\). »

Cette égalité est-elle toujours vraie ?

📖 Explication

Contre-exemple : \(\sqrt{9+16} = \sqrt{25} = 5\), mais \(\sqrt{9} + \sqrt{16} = 3 + 4 = 7\).

On a \(5 \neq 7\). La racine carree ne se distribue ni sur l’addition, ni sur la soustraction.

💡 Règle : \(\sqrt{a \times b} = \sqrt{a} \times \sqrt{b}\) (si \(a,b \geq 0\)), mais \(\sqrt{a+b} \neq \sqrt{a}+\sqrt{b}\) en général.

Mini-test : \(\sqrt{4+9}\) vaut :

🔗 Travaille dans les exercices du chapitre

3 Decimales infinies et irrationalite

« \(\dfrac{1}{3} = 0{,}333\ldots\) est un nombre irrationnel car il a une infinite de décimales. »

Cette affirmation est-elle correcte ?

📖 Explication

\(\dfrac{1}{3}\) est rationnel car c’est une fraction de deux entiers. Un nombre est irrationnel seulement si son developpement décimal est infini et non périodique.

\(0{,}333\ldots\) est périodique (motif « 3 » qui se repete), donc rationnel.

💡 Memo : Irrationnel = décimales infinies ET non périodiques (comme \(\pi\) ou \(\sqrt{2}\)).

Mini-test : \(0{,}142857142857\ldots\) est-il rationnel ?

🔗 Travaille dans les exercices du chapitre

4 Inégalité et opposés

« Si \(a < b\), alors \(-a < -b\). »

Cette affirmation est-elle correcte ?

📖 Explication

L’inégalité s’inverse quand on prend l’opposé. Exemple : \(-2 < 3\), mais \(-(-2) = 2 > -3\).

Règle : si \(a < b\), alors \(-a > -b\).

💡 Règle : Multiplier une inégalité par un nombre négatif (ici \(-1\)) retourne le sens de l’inégalité.

Mini-test : si \(x < 5\), alors \(-x\) est :

🔗 Travaille dans les exercices du chapitre

5 Intersection d’intervalles

« L’intersection de deux intervalles est toujours un intervalle (eventuellement vide). »

Cette propriété est-elle toujours vraie ?

📖 Explication

C’est vrai. L’intersection de deux intervalles de \(\mathbb{R}\) est toujours un intervalle (qui peut être vide, reduit a un point, ou un intervalle classique).

Exemples : \([1;5] \cap [3;7] = [3;5]\), \([1;3] \cap [5;7] = \emptyset\).

💡 Attention : La reunion de deux intervalles n’est pas toujours un intervalle (ex : \([1;3] \cup [5;7]\) n’en est pas un).

Mini-test : \([-2;4] \cap [1;6]\) vaut :

🔗 Travaille dans les exercices du chapitre

➡️ Pour la suite
Ch. 3 — Algèbre — Les réels deviennent l’objet principal du calcul : puissances, racines carrées, identités remarquables.