Math@mine / Seconde 2026 / Ch1

Chapitre 1 — Arithmétique

📋 Prérequis & 🎯 Objectifs du chapitre déplier
📋 Prérequis
  • Cycle 4 — division euclidienne, multiples/diviseurs, nombres premiers
🎯 Objectifs — à la fin du chapitre, je saurai…
  • Reconnaître multiples et diviseurs, utiliser la division euclidienne
  • Utiliser les critères de divisibilité par 2, 3, 5, 9, 10
  • Identifier un nombre premier ; simplifier une fraction
  • Approfondissement : crible d’Ératosthène, décomposition en facteurs premiers, PGCD/PPCM, démonstration de l’infinité des premiers

Seconde — Nouveau programme (BO 2026) · Math@mine

Sommaire
1. Multiples, diviseurs et division euclidienne 2. Nombres pairs et impairs 3. Nombres premiers et décomposition 4. Fractions irréductibles 5. PGCD et PPCM 6. Démonstrations avec le calcul littéral Bilan — L’essentiel Pieges et contre-exemples

Organiser un tournoi

Un club de sport compte 36 joueurs. On veut former des equipes de même taille, sans qu’il reste de joueur. Quelles tailles d’equipes sont possibles ?

Trouver tous les diviseurs de 36. Combien d’organisations différentes sont possibles ?
→ La reponse utilise la notion de diviseur etudiee dans ce chapitre.

→ Solution complète en fin de chapitre

Euclide et les Éléments

Euclide (vers 300 av. J.-C.) a écrit les Éléments, un des ouvrages les plus influents de l’histoire des mathematiques. Le Livre VII est consacré a l’arithmétique : il y definit les notions de nombre premier, de diviseur, et présente l'algorithme d’Euclide pour calculer le PGCD de deux entiers.

Cet algorithme, vieux de plus de 2300 ans, est toujours utilise aujourd’hui en informatique. C’est l’un des plus anciens algorithmes connus !

📜 Lire l’article — Ératosthène et Euclide : le crible et l’infini →

📜 Lire l’article — Euclide et Thābit : le plus vieil algorithme →

Prouver que \(n^2 + n\) est toujours pair

Soit \(n\) un entier naturel. Le nombre \(n^2 + n\) est-il toujours pair ? Toujours impair ? Ca depend ?

Indice : factoriser \(n^2 + n\), puis raisonner sur la parite de \(n\).

→ Solution complète en fin de chapitre

1. Multiples, diviseurs et division euclidienne

Définition — Multiple et diviseur
Soient \(a\) et \(b\) deux entiers relatifs avec \(b \neq 0\).
On dit que \(a\) est un multiple de \(b\) (ou que \(b\) est un diviseur de \(a\)) s’il existe un entier \(k\) tel que \(a = k \times b\).
Notations ensemblistes
  • \(\mathbb{N}\) designe l’ensemble des entiers naturels : \(\{0, 1, 2, 3, \ldots\}\)
  • \(\mathbb{Z}\) designe l’ensemble des entiers relatifs : \(\{\ldots, -2, -1, 0, 1, 2, \ldots\}\)
Exemples
  • 21 est un multiple de 7 car \(21 = 3 \times 7\). On dit aussi que 7 est un diviseur de 21.
  • Les multiples de 3 sont : \(0, 3, 6, 9, 12, \ldots\) (et aussi \(-3, -6, -9, \ldots\))
  • Les diviseurs de 12 sont : \(1, 2, 3, 4, 6, 12\)
  • 15 n’est pas un multiple de 4 car il n’existe aucun entier \(k\) tel que \(15 = 4k\)
Propriété — Critères de divisibilité
Divisible parCritère
2Le chiffre des unités est 0, 2, 4, 6 ou 8
3La somme des chiffres est divisible par 3
5Le chiffre des unités est 0 ou 5
9La somme des chiffres est divisible par 9
10Le chiffre des unités est 0
Justification intuitive

Résultat admis -- justification intuitive :

Le critère par 2 vient du fait qu’un nombre est pair si et seulement si son chiffre des unités est pair (car \(10 = 2 \times 5\) est un multiple de 2).

Le critère par 3 s’explique par le fait que \(10\) a pour reste \(1\) dans la division par \(3\), donc \(10^k\) aussi. Ainsi un nombre \(a_n \cdot 10^n + \cdots + a_1 \cdot 10 + a_0\) a le même reste dans la division par 3 que \(a_n + \cdots + a_1 + a_0\).

Les autres critères se justifient de manière analogue.

Division euclidienne

Théorème — Division euclidienne dans \(\mathbb{N}\)
Soient \(a \in \mathbb{N}\) et \(b \in \mathbb{N}^*\). Il existe un unique couple \((q, r)\) d’entiers naturels vérifiant : \[a = b \times q + r \qquad \text{avec} \qquad 0 \leqslant r < b.\] L’entier \(q\) est le quotient et \(r\) est le reste de la division euclidienne de \(a\) par \(b\).
Exemples
  • \(47 = 6 \times 7 + 5\) : quotient \(q = 7\), reste \(r = 5\). On vérifie \(0 \leqslant 5 < 6\).
  • \(100 = 7 \times 14 + 2\) : quotient 14, reste 2.
  • \(b\) divise \(a\) si et seulement si le reste de la division euclidienne de \(a\) par \(b\) est nul.
💡 En Python

Les opérateurs // (quotient) et % (reste) donnent directement la division euclidienne : 47 // 6 vaut 7 et 47 % 6 vaut 5.

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✅ Vérifie que tu as compris — Multiples et diviseursVocabulaire : multiples et diviseurs · Trouver les multiples d’un nombre · Trouver les diviseurs d’un nombre · Critères de divisibilité

2. Nombres pairs et impairs

Définition — Nombre pair, nombre impair
  • Un entier \(n\) est pair s’il existe un entier \(k\) tel que \(n = 2k\). Autrement dit, \(n\) est un multiple de 2.
  • Un entier \(n\) est impair s’il existe un entier \(k\) tel que \(n = 2k + 1\).
Exemples
  • \(14 = 2 \times 7\) est pair (\(k = 7\))
  • \(15 = 2 \times 7 + 1\) est impair (\(k = 7\))
  • 0 est pair car \(0 = 2 \times 0\)
Propriétés de la parite
  • La somme de deux nombres pairs est paire.
  • La somme de deux nombres impairs est paire.
  • La somme d’un pair et d’un impair est impaire.
  • Le produit de deux nombres pairs est pair.
  • Le produit d’un pair et d’un impair est pair.
  • Le produit de deux nombres impairs est impair.
Preuve

Montrons par exemple que la somme de deux impairs est paire.

Soient \(a = 2k + 1\) et \(b = 2k' + 1\) deux impairs (\(k, k' \in \mathbb{Z}\)).

\(a + b = 2k + 1 + 2k' + 1 = 2(k + k' + 1)\).

Comme \(k + k' + 1 \in \mathbb{Z}\), la somme est de la forme \(2 \times \text{entier}\), donc paire.

Les autres propriétés se demontrent de la même facon en utilisant les ecritures \(2k\) (pair) et \(2k+1\) (impair), puis en developpant et factorisant.

Méthode — Démontrer une propriété de parité
  1. Écrire les hypothèses avec les bonnes notations (\(2k\) pour pair, \(2k+1\) pour impair, \(k \in \mathbb{Z}\)).
  2. Effectuer le calcul demandé (somme, produit, carré…).
  3. Mettre le résultat sous la forme \(2 \times (\ldots)\) pour pair, ou \(2 \times (\ldots) + 1\) pour impair.
  4. Conclure en citant la définition.
Exemple — Somme de deux nombres pairs


Soient \(a = 2k\) et \(b = 2k'\) deux nombres pairs (\(k, k' \in \mathbb{Z}\)).

\(a + b = 2k + 2k' = 2(k + k')\)

Comme \(k + k'\) est un entier, \(a + b\) est de la forme \(2 \times \text{entier}\), donc \(a + b\) est pair.

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✅ Vérifie que tu as compris — PariteQuiz sur les nombres · Quiz sur les nombres (niveau 2)

3. Nombres premiers et décomposition ⭐ Approfondissement

⚠️ Au-delà du programme strict BO 2026 Seconde. Le programme se limite à reconnaître un nombre premier et à présenter une fraction sous forme irréductible. La décomposition en facteurs premiers, le crible d'Ératosthène et la démonstration de l'infinité des premiers sont présentés ici comme culture mathématique et préparation à la Première / Maths Expertes.
Définition — Nombre premier
Un entier naturel \(p\) est premier s’il possède exactement deux diviseurs positifs distincts : 1 et lui-même.
Exemples
  • Les premiers nombres premiers : \(2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, 29, \ldots\)
  • \(2\) est le seul nombre premier pair.
  • \(1\) n’est pas premier (un seul diviseur).
  • \(0\) n’est pas premier (tous les entiers non nuls le divisent).
Méthode — Crible d’Ératosthène

Pour lister tous les nombres premiers jusqu’à \(N\) :

  1. Écrire tous les entiers de 2 à \(N\).
  2. Entourer 2, puis rayer tous ses multiples (\(4, 6, 8, \ldots\)).
  3. Entourer le plus petit non rayé suivant (3), puis rayer tous ses multiples (\(9, 12, 15, \ldots\)).
  4. Recommencer avec 5, puis 7, etc. Les nombres entourés sont les premiers jusqu’à \(N\).

Astuce : il suffit de cribler jusqu’à \(\sqrt{N}\). Une fois 7 criblé pour \(N = 100\), tous les restants sont premiers car \(11^2 = 121 > 100\).

Propriété — Test de primalité par essai de diviseurs
Un entier \(n \geqslant 2\) est premier si et seulement si aucun entier \(d\) tel que \(2 \leqslant d \leqslant \sqrt{n}\) ne divise \(n\).
Exemple — 97 est-il premier ?

\(\sqrt{97} \approx 9{,}85\). On teste les diviseurs possibles \(d \in \{2, 3, 5, 7\}\) (seuls les premiers suffisent) :

  • 97 n’est pas pair : \(2 \nmid 97\).
  • \(9 + 7 = 16\) : \(3 \nmid 97\).
  • 97 ne finit ni par 0 ni par 5 : \(5 \nmid 97\).
  • \(97 = 7 \times 13 + 6\) : \(7 \nmid 97\).

Aucun diviseur trouvé, donc 97 est premier.

Théorème fondamental — Décomposition en facteurs premiers
Tout entier \(n \geqslant 2\) s’écrit, de manière unique à l’ordre près des facteurs, comme un produit de nombres premiers : \[n = p_1^{\alpha_1} \times p_2^{\alpha_2} \times \cdots \times p_k^{\alpha_k}\] avec \(p_1 < p_2 < \cdots < p_k\) premiers et \(\alpha_i \in \mathbb{N}^*\).
Méthode — Décomposer un entier

On divise successivement par le plus petit diviseur premier, jusqu’à obtenir 1.

Exemple : décomposer 360.

  • \(360 = 2 \times 180\)
  • \(180 = 2 \times 90\)
  • \(90 = 2 \times 45\)
  • \(45 = 3 \times 15\)
  • \(15 = 3 \times 5\)

Donc \(360 = 2^3 \times 3^2 \times 5\).

Théorème — Infinité des nombres premiers (démonstration exigible)
Il existe une infinité de nombres premiers.
Démonstration (Euclide, vers 300 av. J.-C.)

On raisonne par l’absurde. Supposons qu’il n’y ait qu’un nombre fini de nombres premiers, notés \(p_1, p_2, \ldots, p_n\).

Considérons l’entier \(N = p_1 \times p_2 \times \cdots \times p_n + 1\).

Comme \(N \geqslant 2\), \(N\) admet au moins un diviseur premier \(p\) (d’après le théorème fondamental). Ce diviseur \(p\) figure dans notre liste, donc \(p = p_i\) pour un certain \(i\).

Mais alors \(p\) divise \(p_1 \times p_2 \times \cdots \times p_n\) et \(p\) divise \(N\), donc \(p\) divise la différence : \[N - p_1 \times p_2 \times \cdots \times p_n = 1.\] Or un nombre premier est \(\geqslant 2\), il ne peut pas diviser 1. Contradiction.

Donc l’ensemble des nombres premiers est infini. ∎

🔗 Application — Calculer PGCD et PPCM par décomposition

Si \(a\) et \(b\) sont décomposés, alors :

  • \(\text{PGCD}(a, b)\) est le produit des facteurs premiers communs, chacun élevé à la plus petite puissance.
  • \(\text{PPCM}(a, b)\) est le produit de tous les facteurs premiers, chacun élevé à la plus grande puissance.

Exemple : \(360 = 2^3 \times 3^2 \times 5\) et \(84 = 2^2 \times 3 \times 7\).

\(\text{PGCD}(360, 84) = 2^2 \times 3 = 12\) et \(\text{PPCM}(360, 84) = 2^3 \times 3^2 \times 5 \times 7 = 2520\).

4. Fractions irréductibles

Définition — Fraction irréductible
Une fraction \(\dfrac{a}{b}\) est irréductible si \(a\) et \(b\) n’ont aucun diviseur commun autre que 1.
Exemples
  • \(\dfrac{3}{7}\) est irréductible car 3 et 7 n’ont aucun diviseur commun autre que 1.
  • \(\dfrac{12}{18}\) n’est pas irréductible car 12 et 18 sont tous deux divisibles par 6. On simplifie : \(\dfrac{12}{18} = \dfrac{2}{3}\).
Méthode — Rendre une fraction irréductible

On divise le numérateur et le dénominateur par leur plus grand diviseur commun (PGCD — voir §5).

Exemple : Simplifier \(\dfrac{84}{126}\).

\(\text{PGCD}(84, 126) = 42\), donc \(\dfrac{84}{126} = \dfrac{84 \div 42}{126 \div 42} = \dfrac{2}{3}\).

🔗 À retenir — Lien PGCD ↔ fraction irréductible

Une fraction \(\dfrac{a}{b}\) est irréductible si et seulement si \(\text{PGCD}(a, b) = 1\) (on dit alors que \(a\) et \(b\) sont premiers entre eux).

Rendre une fraction irréductible revient donc toujours à diviser numérateur et dénominateur par leur PGCD.

Propriété — Opérations sur les fractions
Pour tous entiers \(a, b, c, d\) avec \(b \neq 0\) et \(d \neq 0\) :
  • Addition : \(\dfrac{a}{b} + \dfrac{c}{d} = \dfrac{ad + bc}{bd}\)
  • Multiplication : \(\dfrac{a}{b} \times \dfrac{c}{d} = \dfrac{ac}{bd}\)
  • Division : \(\dfrac{a}{b} \div \dfrac{c}{d} = \dfrac{a}{b} \times \dfrac{d}{c} = \dfrac{ad}{bc}\) (avec \(c \neq 0\))
Justification intuitive

Résultat admis -- justification intuitive pour l’addition :

Pour additionner \(\frac{a}{b}\) et \(\frac{c}{d}\), on réduit au même dénominateur \(bd\) :

\(\frac{a}{b} + \frac{c}{d} = \frac{a \times d}{b \times d} + \frac{c \times b}{d \times b} = \frac{ad + cb}{bd}\).

Pour la multiplication, on multiplie « en ligne » : \(\frac{a}{b} \times \frac{c}{d} = \frac{a \times c}{b \times d}\) car on prend \(c\) parties de \(d\) dans chaque \(b\)-ieme.

La division par \(\frac{c}{d}\) revient à multiplier par l’inverse \(\frac{d}{c}\).

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✅ Vérifie que tu as compris — FractionsReduire une fraction · Calculer avec des fractions · Calculer avec des fractions (niveau 2) · PGCD par l’algorithme d’Euclide
🐍 Python — PGCD par l’algorithme d’Euclide

On reprend l’algorithme d’Euclide : tant que \(b \neq 0\), on remplace \((a, b)\) par \((b,\ a \bmod b)\). Le dernier \(a\) non nul est le PGCD.

a = 252
b = 168
while b != 0:
    r = a % b     # reste de la division
    a = b
    b = r
print("PGCD =", a)  # Affiche : PGCD = 84

5. PGCD et PPCM ⭐ Approfondissement

⚠️ Au-delà du programme strict BO 2026 Seconde. Le PGCD et le PPCM ne sont pas explicitement au programme de Seconde 2026. Le programme demande de présenter une fraction sous forme irréductible (faisable sans formaliser le PGCD). Cette section est conservée comme préparation à la Première / Maths Expertes.
Définition — PGCD
Soient \(a\) et \(b\) deux entiers naturels non tous deux nuls. Le PGCD de \(a\) et \(b\), noté \(\text{PGCD}(a, b)\), est le plus grand entier naturel qui divise à la fois \(a\) et \(b\).
Exemples
  • Les diviseurs de 12 sont \(\{1, 2, 3, 4, 6, 12\}\) ; ceux de 18 sont \(\{1, 2, 3, 6, 9, 18\}\). Les diviseurs communs sont \(\{1, 2, 3, 6\}\), donc \(\text{PGCD}(12, 18) = 6\).
  • \(\text{PGCD}(7, 15) = 1\) : on dit que 7 et 15 sont premiers entre eux.
  • \(\text{PGCD}(a, 0) = a\) pour tout entier \(a > 0\).
Méthode — Algorithme d’Euclide

Pour calculer \(\text{PGCD}(a, b)\) avec \(a \geqslant b > 0\) : on remplace \((a, b)\) par \((b,\ r)\) ou \(r\) est le reste de la division euclidienne de \(a\) par \(b\). On recommence jusqu’a obtenir un reste nul : le dernier reste non nul est le PGCD.

Exemple : \(\text{PGCD}(84, 126)\).

  • \(126 = 1 \times 84 + 42\), reste 42.
  • \(84 = 2 \times 42 + 0\), reste 0.

Dernier reste non nul : 42. Donc \(\text{PGCD}(84, 126) = 42\).

Définition — PPCM
Soient \(a\) et \(b\) deux entiers naturels non nuls. Le PPCM de \(a\) et \(b\), noté \(\text{PPCM}(a, b)\), est le plus petit entier naturel strictement positif qui est à la fois multiple de \(a\) et de \(b\).
Exemples
  • Les multiples strictement positifs de 6 sont \(6, 12, 18, 24, 30, \ldots\) ; ceux de 4 sont \(4, 8, 12, 16, 20, 24, \ldots\). Le plus petit multiple commun est 12, donc \(\text{PPCM}(4, 6) = 12\).
  • \(\text{PPCM}(3, 5) = 15\) (produit, car 3 et 5 sont premiers entre eux).
  • \(\text{PPCM}(a, a) = a\) pour tout \(a > 0\).
Propriété — Relation PGCD-PPCM
Pour tous entiers naturels non nuls \(a\) et \(b\) : \[\text{PGCD}(a, b) \times \text{PPCM}(a, b) = a \times b.\]
Exemple d’application

Calculer \(\text{PPCM}(84, 126)\) connaissant \(\text{PGCD}(84, 126) = 42\) :

\(\text{PPCM}(84, 126) = \dfrac{84 \times 126}{42} = \dfrac{10\,584}{42} = 252\).

Application — Additionner des fractions

Pour additionner deux fractions, on peut réduire au PPCM des dénominateurs (et non au produit), ce qui évite les grandes valeurs.

Exemple : \(\dfrac{1}{6} + \dfrac{1}{4}\). \(\text{PPCM}(6, 4) = 12\).

\(\dfrac{1}{6} + \dfrac{1}{4} = \dfrac{2}{12} + \dfrac{3}{12} = \dfrac{5}{12}\).

🚌 Problème concret — Les bus se croisent

Deux lignes de bus partent simultanément d’une même station à 7 h. La ligne A passe toutes les 12 minutes, la ligne B toutes les 18 minutes. À quelle heure les deux bus se retrouveront-ils à nouveau ensemble à la station ?

Solution. Les passages de la ligne A sont les multiples de 12 ; ceux de B, les multiples de 18. On cherche le premier multiple commun, c’est-à-dire \(\text{PPCM}(12, 18)\).

Calcul : \(\text{PGCD}(12, 18) = 6\), donc \(\text{PPCM}(12, 18) = \dfrac{12 \times 18}{6} = 36\) minutes.

Les deux bus se retrouveront ensemble à 7 h 36, puis à 8 h 12, 8 h 48, etc.

🧩 Mini-défi — Trouver deux entiers

Existe-t-il deux entiers naturels \(a\) et \(b\) tels que \(\text{PGCD}(a, b) = 6\) et \(\text{PPCM}(a, b) = 84\) ? Si oui, en donner un couple.

Voir la solution

D’après la relation PGCD-PPCM : \(a \times b = 6 \times 84 = 504\).

On cherche deux entiers de produit 504 et de PGCD 6. Posons \(a = 6a'\) et \(b = 6b'\) avec \(\text{PGCD}(a', b') = 1\) (premiers entre eux). Alors \(a \times b = 36\, a'b' = 504\), soit \(a'b' = 14\).

Les couples \((a', b')\) premiers entre eux vérifiant \(a'b' = 14\) sont : \((1, 14)\) et \((2, 7)\).

On obtient donc deux solutions : \(\boxed{(a, b) = (6, 84)}\) ou \(\boxed{(a, b) = (12, 42)}\).

Vérification pour \((12, 42)\) : \(\text{PGCD}(12, 42) = 6\) ✓ et \(\text{PPCM}(12, 42) = \dfrac{12 \times 42}{6} = 84\) ✓.

6. Démonstrations avec le calcul littéral

Démonstration type 1 — Somme de deux multiples de \(a\)

Propriété : La somme de deux multiples de \(a\) est un multiple de \(a\).

Démonstration

Soient \(m\) et \(n\) deux multiples de \(a\). Il existe donc des entiers \(k\) et \(k'\) tels que \(m = ka\) et \(n = k'a\).

\(m + n = ka + k'a = (k + k')a.\)

Comme \(k + k'\) est un entier, \(m + n\) est bien un multiple de \(a\). ∎

Démonstration type 2 — Le carré d’un impair est impair

Propriété : Le carré d’un nombre impair est impair.

Démonstration

Soit \(n\) un nombre impair. Il existe un entier \(k\) tel que \(n = 2k + 1\).

\(n^2 = (2k + 1)^2 = 4k^2 + 4k + 1 = 2(2k^2 + 2k) + 1.\)

Comme \(2k^2 + 2k\) est un entier, \(n^2\) est de la forme \(2 \times \text{entier} + 1\), donc \(n^2\) est impair. ∎

Ce résultat sera réutilisé dans la démonstration de l’irrationalité de \(\sqrt{2}\) (chapitre 2, section 6).

Exemple — La somme de trois entiers consécutifs est divisible par 3


Soit \(n\) un entier. Les trois entiers consécutifs sont \(n\), \(n+1\) et \(n+2\).

Leur somme : \(n + (n+1) + (n+2) = 3n + 3 = 3(n+1)\)

C’est un multiple de 3. \(\square\)

Rédiger une démonstration
  • Toujours poser les hypothèses clairement (« Soit \(n\) un entier impair, il existe \(k \in \mathbb{Z}\) tel que \(n = 2k+1\) »).
  • Développer le calcul étape par étape.
  • Factoriser pour faire apparaître la forme souhaitée.
  • Conclure en rappelant ce qu’on a démontre.

Bilan — L’essentiel

NotionDéfinition / Propriété
\(a\) multiple de \(b\)Il existe \(k \in \mathbb{Z}\) tel que \(a = kb\)
Nombre pair\(n = 2k\), \(k \in \mathbb{Z}\)
Nombre impair\(n = 2k + 1\), \(k \in \mathbb{Z}\)
Fraction irréductible\(\text{PGCD}(a, b) = 1\)
Démonstrations exigibles (BO 2026) :
  • Somme de deux multiples de \(a\) est un multiple de \(a\)
  • Carré d’un nombre impair est impair
  • Irrationalité de \(\sqrt{2}\) (démontrée au chapitre 2)
Démonstrations en approfondissement (au-delà du BO strict) :
  • Infinité des nombres premiers (démontrée §3 — ⭐ approfondissement)
Solution du problème d’ouverture

Les diviseurs de 36 sont : 1, 2, 3, 4, 6, 9, 12, 18, 36.

On peut donc former : 36 equipes de 1 joueur, 18 equipes de 2, 12 equipes de 3, 9 equipes de 4, 6 equipes de 6, 4 equipes de 9, 3 equipes de 12, 2 equipes de 18, ou 1 equipe de 36.

Il y a 9 organisations possibles (autant que de diviseurs de 36).

Solution de l’énigme — Prouver que \(n^2 + n\) est toujours pair

\(n^2 + n = n(n + 1)\)

Parmi deux entiers consécutifs \(n\) et \(n+1\), l’un est toujours pair. Donc leur produit est toujours pair.

Conclusion : \(n^2 + n\) est toujours pair, quel que soit l’entier \(n\).

⚠️ Pieges et contre-exemples

Arithmétique et divisibilité : teste d’abord ton intuition, puis lis l’explication.

Score : 0 / 5 pieges identifies
1 1 est un nombre premier

« 1 est un nombre premier. »

Cette affirmation est-elle vraie ?

📖 Explication

Un nombre premier doit avoir exactement deux diviseurs positifs distincts : 1 et lui-même. Or 1 n’a qu’un seul diviseur (lui-même).

Cette convention est essentielle pour que la décomposition en facteurs premiers soit unique.

💡 Memo : Le plus petit nombre premier est 2, pas 1.

Mini-test : combien de diviseurs positifs a le nombre 1 ?

🔗 Travaille dans les exercices sur les nombres premiers

2 Si \(a \mid bc\) alors \(a \mid b\) ou \(a \mid c\)

« \(6 \mid 4 \times 9\), donc \(6 \mid 4\) ou \(6 \mid 9\). »

Cette deduction est-elle correcte ?

📖 Explication

\(6 \mid 36\) est vrai, mais \(6 \nmid 4\) et \(6 \nmid 9\). La deduction est donc fausse.

Ce résultat est vrai uniquement si \(a\) est un nombre premier (lemme d’Euclide). Pour un \(a\) compose comme 6, c’est faux.

💡 Retenir : Le lemme d’Euclide s’applique seulement aux nombres premiers.

Si \(p\) est premier et \(p \mid bc\), peut-on conclure \(p \mid b\) ou \(p \mid c\) ?

🔗 Travaille dans les exercices sur la divisibilité

3 Modifier \(a\) change le pgcd

« \(\text{pgcd}(12, 8) \neq \text{pgcd}(12+8,\, 8) = \text{pgcd}(20, 8)\). »

Ces deux PGCD sont-ils differents ?

📖 Explication

\(\text{pgcd}(12, 8) = 4\) et \(\text{pgcd}(20, 8) = 4\) : ils sont egaux.

Propriété : \(\text{pgcd}(a, b) = \text{pgcd}(a + kb, b)\) pour tout entier \(k\). C’est ce qui fonde l’algorithme d’Euclide.

💡 Application : Dans l’algo d’Euclide, on remplace \(a\) par le reste de la division de \(a\) par \(b\), sans changer le pgcd.

Mini-test : \(\text{pgcd}(15, 6)\) est-il egal à \(\text{pgcd}(21, 6)\) ?

🔗 Travaille dans les exercices sur le PGCD et l’algorithme d’Euclide

4 Premiers entre eux → l’un est premier

« Si \(\text{pgcd}(a, b) = 1\), alors \(a\) ou \(b\) est un nombre premier. »

Cette deduction est-elle toujours vraie ?

📖 Explication

Deux nombres peuvent etre premiers entre eux sans qu’aucun ne soit un nombre premier.

Contre-exemple : \(\text{pgcd}(8, 9) = 1\), donc 8 et 9 sont premiers entre eux. Pourtant \(8 = 2^3\) et \(9 = 3^2\) : aucun n’est premier.

💡 Distinction : « premiers entre eux » = pgcd = 1. « nombre premier » = exactement 2 diviseurs. Ce sont deux notions différentes.

Mini-test : \(\text{pgcd}(4, 9)\) vaut :

🔗 Travaille dans les exercices sur les entiers premiers entre eux

5 Divisibilite et somme

« Si \(a\) divise \(b\) et \(a\) divise \(c\), alors \(a\) divise \(b + c\). »

Cette affirmation est-elle vraie ou fausse ?

📖 Explication

C’est VRAI ! Si \(b = ka\) et \(c = la\), alors \(b + c = (k+l)a\).

Plus généralement, \(a\) divise toute combinaison lineaire de \(b\) et \(c\). C’est une propriété fondamentale de la divisibilité.

💡 Memo : Si \(a \mid b\) et \(a \mid c\), alors \(a \mid (b+c)\). C’est un intrus parmi les pieges !

Mini-test : 6 divise 12 et 6 divise 18. 6 divise-t-il 30 ?

🔗 Voir la section sur la divisibilité

➡️ Pour la suite
Ch. 2 — Nombres réels, intervalles, valeur absolue — Après les entiers et fractions, tu vas explorer tous les nombres réels (irrationnels, intervalles, distance).