Seconde — Nouveau programme (BO 2026) · Math@mine
Un test de depistage est fiable a 99 % : s’il est positif, il y a 99 % de chance que la personne soit reellement malade (sensibilite), et s’il est négatif, il y a 99 % de chance que la personne soit reellement saine (specificite). La maladie touche 1 personne sur 1000.
En 1654, le chevalier de Mere pose un problème a Blaise Pascal : deux joueurs interrompent une partie de des avant la fin. Comment repartir equitablement la mise ?
Pascal et Pierre de Fermat echangent une celebre correspondance pour résoudre ce problème, fondant ainsi la theorie des probabilités. Leurs raisonnements utilisaient déjà implicitement des probabilités conditionnelles.
Plus tard, le reverend Thomas Bayes (1702–1761) formulera la règle qui porte son nom, permettant d’inverser les conditionnements — un outil fondamental de la statistique moderne.
📜 Lire l’article — Pascal et Fermat : l’invention des probabilités →
Vous etes dans un jeu televise. Derriere l’une des trois portes se cache une voiture, derriere les deux autres, des chevres. Vous choisissez la porte 1. Le presentateur, qui sait ce qu’il y a derriere chaque porte, ouvre la porte 3 et montre une chevre.
Il vous propose de changer pour la porte 2. Devez-vous changer ?
Événement contraire : Comme \(A\) et \(\bar{A}\) sont incompatibles et \(A \cup \bar{A} = \Omega\) :
\(P(A) + P(\bar{A}) = P(A \cup \bar{A}) = P(\Omega) = 1\), donc \(P(\bar{A}) = 1 - P(A)\).
Équiprobabilité : Si toutes les issues ont la même probabilité \(p\), alors \(\text{Card}(\Omega) \times p = P(\Omega) = 1\), donc \(p = \dfrac{1}{\text{Card}(\Omega)}\). La probabilité de \(A\) est la somme de \(\text{Card}(A)\) termes égaux à \(p\), soit \(\dfrac{\text{Card}(A)}{\text{Card}(\Omega)}\). \(\square\)
Formule de la réunion : on décompose \(A \cup B\) en trois parties disjointes deux à deux : \(A \setminus B\), \(B \setminus A\) et \(A \cap B\). Par additivité sur des événements incompatibles :
\(P(A \cup B) = P(A \setminus B) + P(B \setminus A) + P(A \cap B)\).
Or \(A = (A \setminus B) \cup (A \cap B)\) (disjoints), donc \(P(A \setminus B) = P(A) - P(A \cap B)\). De même \(P(B \setminus A) = P(B) - P(A \cap B)\). En reportant :
\(P(A \cup B) = P(A) - P(A \cap B) + P(B) - P(A \cap B) + P(A \cap B) = P(A) + P(B) - P(A \cap B)\). \(\square\)
Intuition : en additionnant \(P(A)\) et \(P(B)\), on a compté deux fois l’intersection ; on la retranche donc une fois.
Manipuler les opérations \(A \cap B\), \(A \cup B\), \(\bar{A}\) sur un diagramme de Venn dynamique, tester ses connaissances et voir la formule \(P(A \cup B) = P(A) + P(B) - P(A \cap B)\) illustrée visuellement.
▶ Ouvrir l’activité VennSoit \(A\) = « la carte est un cœur » et \(B\) = « la carte est une figure (valet, dame, roi) ».
D’où \(P(A \cup B) = \dfrac{13}{52} + \dfrac{12}{52} - \dfrac{3}{52} = \dfrac{22}{52} = \dfrac{11}{26}\) (tirer un cœur ou une figure, les deux cas comptent une seule fois).
Plus formellement : lorsque \(n\) est grand, la fréquence \(f_n\) est proche de \(P(A)\).
Résultat admis -- justification intuitive :
La loi des grands nombres est un théorème fondamental de la theorie des probabilités, démontré rigoureusement a l’universite. L’idee intuitive est que les fluctuations aléatoires se « compensent » quand le nombre d’expériences augmente : les résultats exceptionnels sont noyes dans la masse des résultats typiques.
On peut le vérifier experimentalement par des simulations en Python.
On lance un de equilibre et on note la fréquence d’apparition du 6.
La fréquence se rapproche de \(\frac{1}{6} \approx 0{,}1667\).
On peut simuler cette expérience avec Python (module random) et observer la stabilisation des fréquences sur un graphique.
La loi des grands nombres justifie l’utilisation de fréquences observees pour estimer des probabilités inconnues (par exemple, la probabilité qu’une punaise tombe sur la pointe).
La loi des grands nombres ne dit pas que la fréquence est egale à la probabilité. Elle dit que la fréquence se rapproche de la probabilité quand le nombre d’expériences augmente. Chaque expérience reste imprevisible.
On tire un entier entre 1 et 17. Si le résultat est ≤ 10, on note A = 1 (« succès »), sinon A = 0.
Probabilité théorique de succès : \(P(A=1) = \dfrac{10}{17} \approx 0{,}588\).
| Résultat | Effectif | Fréquence |
|---|---|---|
| A = 1 (succès) | 0 | — |
| A = 0 (échec) | 0 | — |
| Total | 0 | 1 |
Cliquez sur un bouton pour lancer des tirages.
Dernier tirage : —
🐍 Simuler avec Python (notebook Jupyter)
from random import randint N = 1000 succes = 0 for _ in range(N): tirage = randint(1, 17) if tirage <= 10: succes += 1 print(f"Fréquence : {succes/N:.4f}") print(f"Probabilité théorique : {10/17:.4f}")
On lance un de equilibre. A = « obtenir un nombre pair » = {2, 4, 6}. B = « obtenir un nombre supérieur a 3 » = {4, 5, 6}.
Sachant que le résultat est pair, la probabilité qu’il soit supérieur a 3 est \(\frac{2}{3}\).
Pour tous événements \(A\) et \(B\) avec \(P(A) \neq 0\) :
\[\boxed{\,P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B)\,}\]Règle pratique : la probabilité d’un chemin dans un arbre s’obtient en multipliant les probabilités rencontrées le long des branches.
Ex : pour un arbre \(A \to B\), on multiplie \(P(A)\) (première branche) par \(P_A(B)\) (seconde branche sachant A) pour obtenir \(P(A \cap B)\).
Par définition de la probabilité conditionnelle : \(P_A(B) = \frac{P(A \cap B)}{P(A)}\).
En multipliant les deux membres par \(P(A)\) : \(P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B)\). \(\square\)
Urne contenant 3 boules rouges et 2 boules bleues. On tire une boule, on la remet, puis on tire a nouveau.
Chemin RR : \(P(\text{RR}) = \frac{3}{5} \times \frac{3}{5} = \frac{9}{25}\).
Chemin RB : \(P(\text{RB}) = \frac{3}{5} \times \frac{2}{5} = \frac{6}{25}\).
Vérification : \(\frac{9}{25}+\frac{6}{25}+\frac{6}{25}+\frac{4}{25}=\frac{25}{25}=1\).
Puisque \(A\) et \(\bar{A}\) forment une partition de \(\Omega\), tout élément de \(B\) est soit dans \(A \cap B\), soit dans \(\bar{A} \cap B\).
Ces deux événements sont incompatibles, donc \(P(B) = P(A \cap B) + P(\bar{A} \cap B)\).
Par la formule de multiplication : \(P(B) = P(A) \times P_A(B) + P(\bar{A}) \times P_{\bar{A}}(B)\). \(\square\)
Dans l’urne precedente, quelle est la probabilité d’obtenir exactement une boule rouge sur les deux tirages ?
Chemins concernes : RB et BR.
\(P(\text{exactement 1 R}) = P(\text{RB}) + P(\text{BR}) = \frac{6}{25} + \frac{6}{25} = \frac{12}{25}\).
Sensibilite = \(P_M(+)\) (capacite a detecter les malades).
Specificite = \(P_{\bar{M}}(-)\) (capacite a identifier les sains).
Maladie touchant 1 personne sur 1000. Test de sensibilite 99 % et specificite 99 %.
Sur 100 000 personnes :
| Test + | Test - | Total | |
|---|---|---|---|
| Malade | 99 | 1 | 100 |
| Sain | 999 | 98 901 | 99 900 |
| Total | 1 098 | 98 902 | 100 000 |
Parmi les 1 098 tests positifs, seuls 99 sont vraiment malades !
\(P_+(\text{Malade}) = \frac{99}{1\,098} \approx 9\,\%\)
Avec un test positif, il n’y a que 9 % de chance d’être reellement malade ! La plupart des positifs sont des faux positifs, car la maladie est rare.
La maladie est tres rare (0,1 %). Meme avec un test tres fiable, le nombre de faux positifs (1 % des 99 900 sains = 999) depasse largement le nombre de vrais positifs (99 % des 100 malades = 99).
Résultat admis -- justification intuitive :
\(P_A(B) = \frac{P(A \cap B)}{P(A)}\) et \(P_B(A) = \frac{P(A \cap B)}{P(B)}\). Le numérateur est le même, mais les dénominateurs \(P(A)\) et \(P(B)\) sont en général differents, donc les résultats différent.
L’égalité \(P_A(B) = P_B(A)\) n’est vraie que dans le cas particulier ou \(P(A) = P(B)\).
Dans le test medical :
Confondre ces deux probabilités est une erreur tres frequente, parfois appelee erreur du procureur en justice.
Toujours se demander : quelle est la condition ? (qu’est-ce qu’on sait déjà ?)
L’arbre de probabilité aide a bien identifier le sens du conditionnement.
Dans un tableau croise d’effectifs, la distinction est la même qu’entre fréquences conditionnelles :
On suppose \(P(A) \neq 0\). Par définition, \(P_A(B) = \dfrac{P(A \cap B)}{P(A)}\).
\(\Rightarrow\) Si \(A\) et \(B\) sont indépendants, \(P(A \cap B) = P(A) \times P(B)\), donc \(P_A(B) = \dfrac{P(A) \times P(B)}{P(A)} = P(B)\).
\(\Leftarrow\) Si \(P_A(B) = P(B)\), alors \(\dfrac{P(A \cap B)}{P(A)} = P(B)\), donc \(P(A \cap B) = P(A) \times P(B)\) : \(A\) et \(B\) sont indépendants. \(\square\)
Indépendants ne veut pas dire incompatibles :
Si \(A\) et \(B\) sont incompatibles avec \(P(A) > 0\) et \(P(B) > 0\), alors \(P(A) \times P(B) > 0 \neq P(A \cap B)\) : ils ne peuvent pas être indépendants.
Pour vérifier si deux événements sont indépendants :
On lance deux dés. On veut estimer \(P(\text{somme} \geq 10 \mid \text{premier dé} \geq 5)\). On simule 100 000 lancers, on compte.
from random import randint N = 100000 nb_A = 0 # premier dé ≥ 5 nb_A_et_B = 0 # A et somme ≥ 10 for _ in range(N): d1 = randint(1, 6) d2 = randint(1, 6) if d1 >= 5: nb_A += 1 if d1 + d2 >= 10: nb_A_et_B += 1 if nb_A > 0: print("P(B | A) ≈", nb_A_et_B / nb_A) # ≈ 0.5
Valeur exacte : sur les 12 couples avec premier dé ≥ 5, 6 ont une somme ≥ 10, donc \(P(B \mid A) = 6/12 = 0{,}5\). La simulation doit s’en rapprocher.
| Notion | Formule |
|---|---|
| Réunion de deux événements | \(P(A \cup B) = P(A) + P(B) - P(A \cap B)\) |
| Événement contraire | \(P(\bar{A}) = 1 - P(A)\) |
| Probabilité conditionnelle | \(P_A(B) = \dfrac{P(A \cap B)}{P(A)}\) (avec \(P(A) \neq 0\)) |
| Formule de multiplication | \(P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B)\) |
| Probabilités totales | \(P(B) = P(A) \cdot P_A(B) + P(\bar{A}) \cdot P_{\bar{A}}(B)\) |
| Indépendance | \(A\) et \(B\) indépendants \(\iff P(A \cap B) = P(A) \cdot P(B)\) |
Notons \(M\) : « être malade » et \(T\) : « test positif ». Données :
On cherche \(P(M \mid T)\). Par la formule des probabilités totales :
\(P(T) = P(T \cap M) + P(T \cap \bar M) = P(M)P(T \mid M) + P(\bar M)P(T \mid \bar M)\)
\(= 0{,}001 \times 0{,}99 + 0{,}999 \times 0{,}01 = 0{,}00099 + 0{,}00999 \approx 0{,}011\).
Par définition de la probabilité conditionnelle :
\(P(M \mid T) = \dfrac{P(T \cap M)}{P(T)} = \dfrac{0{,}00099}{0{,}011} \approx 0{,}09\), soit environ 9 %.
Conclusion surprenante : même avec un test fiable à 99 %, un résultat positif signifie seulement 9 % de chances d’être vraiment malade ! La raison : la maladie est si rare que les faux positifs (1 % des bien-portants) sont beaucoup plus nombreux en absolu que les vrais positifs (99 % des rares malades). C’est pourquoi on confirme toujours un test de dépistage par un second test indépendant.
Au depart, la voiture est derriere chaque porte avec probabilité \(\frac{1}{3}\). Vous choisissez la porte 1.
Voici les trois scénarios possibles, tous de probabilité \(\frac{1}{3}\) :
| Voiture derrière | Présentateur ouvre | Si je garde (porte 1) | Si je change |
|---|---|---|---|
| Porte 1 | Porte 2 ou 3 | 🚗 Gagne | 🐐 Perd |
| Porte 2 | Porte 3 (forcé) | 🐐 Perd | 🚗 Gagne |
| Porte 3 | Porte 2 (forcé) | 🐐 Perd | 🚗 Gagne |
| Probabilité de gagner | \(\frac{1}{3}\) | \(\frac{2}{3}\) | |
Conclusion — il faut toujours changer ! La probabilité de gagner est doublée. L'ouverture de la porte par le présentateur vous donne une information qui modifie les probabilités conditionnelles : dans les lignes 2 et 3, il est obligé d'ouvrir la seule porte où il n'y a pas la voiture, ce qui révèle celle qu'il faut choisir.
Probabilites conditionnelles : teste d’abord ton intuition, puis lis l’explication.
« \(P_B(A) = P_A(B)\) : c’est la même chose. »
Cette affirmation est-elle correcte ?
Faux. En général \(P_B(A) \neq P_A(B)\). Le calcul est différent :
\(P_B(A) = \frac{P(A \cap B)}{P(B)}\) et \(P_A(B) = \frac{P(A \cap B)}{P(A)}\)
Les dénominateurs \(P(A)\) et \(P(B)\) ne sont en général pas egaux.
Exemple medical : « 90 % des malades ont de la fievre » (\(P_{\text{malade}}(\text{fievre}) = 0{,}9\)) ne signifie pas que « 90 % des fievreux sont malades » (\(P_{\text{fievre}}(\text{malade})\) peut être tres petit).
Mini-test : si 90 % des malades ont de la fievre, est-ce que 90 % des fievreux sont malades ?
« Dans un arbre de probabilité, la somme de toutes les branches vaut 1. »
Cette affirmation est-elle correcte ?
Faux (tel que formule). Ce sont les branches issues d’un même nœud qui somment a 1, pas toutes les branches de l’arbre.
Premier niveau : \(P(A) + P(\bar{A}) = 1\). Depuis le nœud \(A\) : \(P_A(B) + P_A(\bar{B}) = 1\). Depuis le nœud \(\bar{A}\) : \(P_{\bar{A}}(B) + P_{\bar{A}}(\bar{B}) = 1\).
En revanche, la somme des probabilités de toutes les feuilles (chemins complets) vaut bien 1.
Mini-test : \(P(A) = 0{,}3\) et \(P_A(B) = 0{,}6\). Que vaut \(P_A(\bar{B})\) ?
« \(P(A \cap B) = P(A) \times P(B)\) toujours. »
Cette affirmation est-elle correcte ?
Faux. \(P(A \cap B) = P(A) \times P(B)\) n’est valable que si \(A\) et \(B\) sont indépendants.
En général, on utilise la formule de l’arbre : \(P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B)\) (on multiplie le long des branches).
Mini-test : on tire une carte. \(A\) = « coeur », \(B\) = « rouge ». \(P(A \cap B) = P(A) \times P(B)\) ?
« Si \(A\) et \(B\) sont indépendants, alors ils sont incompatibles (ils ne peuvent pas se produire en même temps). »
Cette affirmation est-elle correcte ?
Faux. C’est même l’inverse ! Si \(A\) et \(B\) sont incompatibles (\(A \cap B = \varnothing\)) et de probabilités non nulles, alors ils sont dependants : savoir que \(A\) se realise interdit \(B\).
Indépendance signifie \(P_B(A) = P(A)\) : savoir que \(B\) se realise ne change rien pour \(A\).
Mini-test : \(A\) et \(B\) incompatibles avec \(P(A) > 0\). Que vaut \(P_A(B)\) ?
« Si un test a 99 % de sensibilite, alors un résultat positif signifie qu’on est malade a 99 %. »
Cette affirmation est-elle correcte ?
Faux. On confond \(P_{\text{malade}}(\text{positif}) = 0{,}99\) (sensibilite) avec \(P_{\text{positif}}(\text{malade})\) (valeur predictive positive). Si la maladie est rare (ex : 1 personne sur 1000), même un tres bon test produira beaucoup de faux positifs parmi les sains.
Calcul avec un arbre : sur 1000 personnes, 1 malade teste positif (vrai positif), et environ 10 sains testent positif (faux positifs). Donc \(P_{\text{positif}}(\text{malade}) \approx \frac{1}{11} \approx 9\,\%\), pas 99 % !
Mini-test : maladie rare (0,1 %). Test fiable a 99 %. Un résultat positif donne une probabilité d’être malade :
« \(P(A) + P(\bar{A}) = 1\). »
Cette affirmation est-elle correcte ?
C’est vrai ! C’est la propriété fondamentale du complementaire : \(A\) et \(\bar{A}\) forment une partition de l’univers, donc leurs probabilités somment a 1.
Tres utile pour calculer \(P(A) = 1 - P(\bar{A})\) quand le complementaire est plus facile a calculer.
Mini-test : \(P(A) = 0{,}3\). Alors \(P(\bar{A}) = \)