Math@mine / Seconde 2026 / Ch15

Chapitre 15 — Probabilités conditionnelles et arbres

📋 Prérequis & 🎯 Objectifs du chapitre déplier
📋 Prérequis
  • Cycle 4 — probabilité d’un évènement, équiprobabilité
  • Ch. 14 — fréquences conditionnelles
🎯 Objectifs — à la fin du chapitre, je saurai…
  • Utiliser un arbre de probabilités
  • Calculer une probabilité conditionnelle \(P_A(B)\)
  • Appliquer la formule des probabilités totales
  • Reconnaître l’indépendance de deux évènements

Seconde — Nouveau programme (BO 2026) · Math@mine

Sommaire
1. Rappels de probabilités 2. Loi des grands nombres (simulation) 3. Probabilite conditionnelle 4. Arbres de probabilité 5. Calculer avec les arbres 6. Faux positifs et faux negatifs 7. Distinguer P_A(B) et P_B(A) 8. Evenements indépendants Bilan — Formules essentielles !Pieges et contre-exemples

Un test medical fiable a 99 % — peut-on lui faire confiance ?

Un test de depistage est fiable a 99 % : s’il est positif, il y a 99 % de chance que la personne soit reellement malade (sensibilite), et s’il est négatif, il y a 99 % de chance que la personne soit reellement saine (specificite). La maladie touche 1 personne sur 1000.

Si votre test est positif, quelle est la probabilité que vous soyez reellement malade ?
→ Reponse surprenante dans la section 6.

→ Solution complète en fin de chapitre

Pascal, Fermat et le problème des partis

En 1654, le chevalier de Mere pose un problème a Blaise Pascal : deux joueurs interrompent une partie de des avant la fin. Comment repartir equitablement la mise ?

Pascal et Pierre de Fermat echangent une celebre correspondance pour résoudre ce problème, fondant ainsi la theorie des probabilités. Leurs raisonnements utilisaient déjà implicitement des probabilités conditionnelles.

Plus tard, le reverend Thomas Bayes (1702–1761) formulera la règle qui porte son nom, permettant d’inverser les conditionnements — un outil fondamental de la statistique moderne.

📜 Lire l’article — Pascal et Fermat : l’invention des probabilités →

Le problème de Monty Hall

Vous etes dans un jeu televise. Derriere l’une des trois portes se cache une voiture, derriere les deux autres, des chevres. Vous choisissez la porte 1. Le presentateur, qui sait ce qu’il y a derriere chaque porte, ouvre la porte 3 et montre une chevre.

Il vous propose de changer pour la porte 2. Devez-vous changer ?

Indice : calculer la probabilité de gagner en changeant et en ne changeant pas.

→ Solution complète en fin de chapitre

1. Rappels de probabilités

Définition — Experience aléatoire, univers, événement
  • Une expérience aléatoire est une expérience dont on ne peut pas prevoir le résultat a l’avance.
  • L'univers \(\Omega\) est l’ensemble de toutes les issues possibles.
  • Un événement est une partie de \(\Omega\).
Définition — Probabilite
Une probabilité sur \(\Omega\) associe a chaque événement A un nombre \(P(A) \in [0\,;\,1]\) tel que :
  • \(P(\Omega) = 1\)
  • Si A et B sont incompatibles : \(P(A \cup B) = P(A) + P(B)\)
Propriétés fondamentales
  • \(P(\bar{A}) = 1 - P(A)\) (événement contraire)
  • En cas d’équiprobabilité : \(P(A) = \dfrac{\text{Card}(A)}{\text{Card}(\Omega)}\)
  • Formule de la réunion (cas général) : pour deux événements \(A\) et \(B\) quelconques, \[P(A \cup B) = P(A) + P(B) - P(A \cap B)\] Si \(A\) et \(B\) sont incompatibles, \(P(A \cap B) = 0\) et on retrouve \(P(A \cup B) = P(A) + P(B)\).
Preuve

Événement contraire : Comme \(A\) et \(\bar{A}\) sont incompatibles et \(A \cup \bar{A} = \Omega\) :

\(P(A) + P(\bar{A}) = P(A \cup \bar{A}) = P(\Omega) = 1\), donc \(P(\bar{A}) = 1 - P(A)\).

Équiprobabilité : Si toutes les issues ont la même probabilité \(p\), alors \(\text{Card}(\Omega) \times p = P(\Omega) = 1\), donc \(p = \dfrac{1}{\text{Card}(\Omega)}\). La probabilité de \(A\) est la somme de \(\text{Card}(A)\) termes égaux à \(p\), soit \(\dfrac{\text{Card}(A)}{\text{Card}(\Omega)}\). \(\square\)

Formule de la réunion : on décompose \(A \cup B\) en trois parties disjointes deux à deux : \(A \setminus B\), \(B \setminus A\) et \(A \cap B\). Par additivité sur des événements incompatibles :

\(P(A \cup B) = P(A \setminus B) + P(B \setminus A) + P(A \cap B)\).

Or \(A = (A \setminus B) \cup (A \cap B)\) (disjoints), donc \(P(A \setminus B) = P(A) - P(A \cap B)\). De même \(P(B \setminus A) = P(B) - P(A \cap B)\). En reportant :

\(P(A \cup B) = P(A) - P(A \cap B) + P(B) - P(A \cap B) + P(A \cap B) = P(A) + P(B) - P(A \cap B)\). \(\square\)

Intuition : en additionnant \(P(A)\) et \(P(B)\), on a compté deux fois l’intersection ; on la retranche donc une fois.

🎨 Activité interactive

Manipuler les opérations \(A \cap B\), \(A \cup B\), \(\bar{A}\) sur un diagramme de Venn dynamique, tester ses connaissances et voir la formule \(P(A \cup B) = P(A) + P(B) - P(A \cap B)\) illustrée visuellement.

▶ Ouvrir l’activité Venn
Exemple — On tire une carte d’un jeu de 52

Soit \(A\) = « la carte est un cœur » et \(B\) = « la carte est une figure (valet, dame, roi) ».

  • \(P(A) = \dfrac{13}{52} = \dfrac{1}{4}\) (13 cœurs)
  • \(P(B) = \dfrac{12}{52} = \dfrac{3}{13}\) (12 figures)
  • \(A \cap B\) = « cœur figure » : valet, dame, roi de cœur, soit \(P(A \cap B) = \dfrac{3}{52}\)

D’où \(P(A \cup B) = \dfrac{13}{52} + \dfrac{12}{52} - \dfrac{3}{52} = \dfrac{22}{52} = \dfrac{11}{26}\) (tirer un cœur ou une figure, les deux cas comptent une seule fois).

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Rappels de probabilitésTirages dans une urne · Tirages dans une urne (niveau 2)
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QCM probabilitésRappels de Seconde sur les probabilités
▸ QCM probabilités

2. Loi des grands nombres (simulation)

Propriété — Loi des grands nombres (version vulgarisee)
Lorsqu’on repete un grand nombre de fois une expérience aléatoire, sauf exception, la fréquence observee d’un événement se rapproche de sa probabilité.

Plus formellement : lorsque \(n\) est grand, la fréquence \(f_n\) est proche de \(P(A)\).

Justification intuitive

Résultat admis -- justification intuitive :

La loi des grands nombres est un théorème fondamental de la theorie des probabilités, démontré rigoureusement a l’universite. L’idee intuitive est que les fluctuations aléatoires se « compensent » quand le nombre d’expériences augmente : les résultats exceptionnels sont noyes dans la masse des résultats typiques.

On peut le vérifier experimentalement par des simulations en Python.

Exemple — Lancer d’un de

On lance un de equilibre et on note la fréquence d’apparition du 6.

  • Apres 10 lancers : fréquence du 6 = 0,30 (tres variable).
  • Apres 100 lancers : fréquence du 6 = 0,18.
  • Apres 1000 lancers : fréquence du 6 = 0,164.
  • Apres 10 000 lancers : fréquence du 6 = 0,1672.

La fréquence se rapproche de \(\frac{1}{6} \approx 0{,}1667\).

Méthode — Simulation en Python

On peut simuler cette expérience avec Python (module random) et observer la stabilisation des fréquences sur un graphique.

La loi des grands nombres justifie l’utilisation de fréquences observees pour estimer des probabilités inconnues (par exemple, la probabilité qu’une punaise tombe sur la pointe).

Attention

La loi des grands nombres ne dit pas que la fréquence est egale à la probabilité. Elle dit que la fréquence se rapproche de la probabilité quand le nombre d’expériences augmente. Chaque expérience reste imprevisible.

🎲 Simulateur — Loi des grands nombres

On tire un entier entre 1 et 17. Si le résultat est ≤ 10, on note A = 1 (« succès »), sinon A = 0.

Probabilité théorique de succès : \(P(A=1) = \dfrac{10}{17} \approx 0{,}588\).

RésultatEffectifFréquence
A = 1 (succès)0
A = 0 (échec)0
Total01
Convergence de la fréquence vers \(P(A=1) = 10/17\)
0 ↑ P = 10/17 1

Cliquez sur un bouton pour lancer des tirages.

Dernier tirage :

🐍 Simuler avec Python (notebook Jupyter)

Voir le code Python équivalent
from random import randint

N = 1000
succes = 0
for _ in range(N):
    tirage = randint(1, 17)
    if tirage <= 10:
        succes += 1

print(f"Fréquence : {succes/N:.4f}")
print(f"Probabilité théorique : {10/17:.4f}")

3. Probabilite conditionnelle

Définition — Probabilite conditionnelle
Soit A un événement de probabilité non nulle. La probabilité conditionnelle de B sachant A est : \[P_A(B) = \frac{P(A \cap B)}{P(A)}\] C’est la probabilité que B se realise sachant que A est déjà realise.
Exemple

On lance un de equilibre. A = « obtenir un nombre pair » = {2, 4, 6}. B = « obtenir un nombre supérieur a 3 » = {4, 5, 6}.



  • \(P(A) = \frac{3}{6} = \frac{1}{2}\)
  • \(A \cap B = \{4, 6\}\), donc \(P(A \cap B) = \frac{2}{6} = \frac{1}{3}\)
  • \(P_A(B) = \frac{P(A \cap B)}{P(A)} = \frac{1/3}{1/2} = \frac{2}{3}\)

Sachant que le résultat est pair, la probabilité qu’il soit supérieur a 3 est \(\frac{2}{3}\).

🌳 Propriété fondamentale — Formule de multiplication (règle de la branche)

Pour tous événements \(A\) et \(B\) avec \(P(A) \neq 0\) :

\[\boxed{\,P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B)\,}\]

Règle pratique : la probabilité d’un chemin dans un arbre s’obtient en multipliant les probabilités rencontrées le long des branches.

Ex : pour un arbre \(A \to B\), on multiplie \(P(A)\) (première branche) par \(P_A(B)\) (seconde branche sachant A) pour obtenir \(P(A \cap B)\).

Preuve

Par définition de la probabilité conditionnelle : \(P_A(B) = \frac{P(A \cap B)}{P(A)}\).

En multipliant les deux membres par \(P(A)\) : \(P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B)\). \(\square\)

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4. Arbres de probabilité

Définition — Arbre de probabilité (arbre pondéré)
Un arbre de probabilité est un schema ou :
  • Chaque branche porte une probabilité (conditionnelle).
  • La somme des probabilités des branches issues d’un même nœud vaut 1.
  • La probabilité d’un chemin (de la racine a une feuille) est le produit des probabilités le long du chemin.
Exemple — Urne a deux tirages

Urne contenant 3 boules rouges et 2 boules bleues. On tire une boule, on la remet, puis on tire a nouveau.

Arbre de probabilité — deux tirages avec remise start 3/5 2/5 R B 3/5 2/5 3/5 2/5 R B R B RR : 9/25 RB : 6/25 BR : 6/25 BB : 4/25
Arbre à deux niveaux. La probabilité d'un chemin = produit des probabilités des branches.

Chemin RR : \(P(\text{RR}) = \frac{3}{5} \times \frac{3}{5} = \frac{9}{25}\).

Chemin RB : \(P(\text{RB}) = \frac{3}{5} \times \frac{2}{5} = \frac{6}{25}\).

Vérification : \(\frac{9}{25}+\frac{6}{25}+\frac{6}{25}+\frac{4}{25}=\frac{25}{25}=1\).

Méthode — Construire un arbre
  1. A la racine, placer les branches du premier événement avec leurs probabilités.
  2. A chaque nœud, placer les branches du deuxième événement avec les probabilités conditionnelles.
  3. Verifier que les branches issues de chaque nœud somment a 1.
  4. La probabilité d’un chemin = produit des probabilités sur les branches.

5. Calculer avec les arbres

Propriété — Probabilite totale
Si \(A\) et \(\bar{A}\) forment une partition de \(\Omega\), alors pour tout événement B : \[P(B) = P(A \cap B) + P(\bar{A} \cap B) = P(A) \times P_A(B) + P(\bar{A}) \times P_{\bar{A}}(B)\] C’est la somme des probabilités de tous les chemins menant a B.
Preuve

Puisque \(A\) et \(\bar{A}\) forment une partition de \(\Omega\), tout élément de \(B\) est soit dans \(A \cap B\), soit dans \(\bar{A} \cap B\).

Ces deux événements sont incompatibles, donc \(P(B) = P(A \cap B) + P(\bar{A} \cap B)\).

Par la formule de multiplication : \(P(B) = P(A) \times P_A(B) + P(\bar{A}) \times P_{\bar{A}}(B)\). \(\square\)

Exemple

Dans l’urne precedente, quelle est la probabilité d’obtenir exactement une boule rouge sur les deux tirages ?



Chemins concernes : RB et BR.

\(P(\text{exactement 1 R}) = P(\text{RB}) + P(\text{BR}) = \frac{6}{25} + \frac{6}{25} = \frac{12}{25}\).

🎯 S’entraîner sur Wims
Probabilites et arbresEvenement « ET » ou « OU » · Tirage dans une urne a deux epreuves

6. Faux positifs et faux negatifs

Définitions — Vocabulaire des tests
Pour un test de depistage d’une maladie M :
  • Vrai positif : le test est positif (+) et la personne est malade. \(P_M(+)\)
  • Faux positif : le test est positif (+) mais la personne est saine. \(P_{\bar{M}}(+)\)
  • Vrai négatif : le test est négatif (-) et la personne est saine. \(P_{\bar{M}}(-)\)
  • Faux négatif : le test est négatif (-) mais la personne est malade. \(P_M(-)\)

Sensibilite = \(P_M(+)\) (capacite a detecter les malades).

Specificite = \(P_{\bar{M}}(-)\) (capacite a identifier les sains).

Exemple — Le problème du test a 99 %

Maladie touchant 1 personne sur 1000. Test de sensibilite 99 % et specificite 99 %.



Sur 100 000 personnes :

Test +Test -Total
Malade991100
Sain99998 90199 900
Total1 09898 902100 000

Parmi les 1 098 tests positifs, seuls 99 sont vraiment malades !

\(P_+(\text{Malade}) = \frac{99}{1\,098} \approx 9\,\%\)

Avec un test positif, il n’y a que 9 % de chance d’être reellement malade ! La plupart des positifs sont des faux positifs, car la maladie est rare.

Pourquoi ce résultat surprenant ?

La maladie est tres rare (0,1 %). Meme avec un test tres fiable, le nombre de faux positifs (1 % des 99 900 sains = 999) depasse largement le nombre de vrais positifs (99 % des 100 malades = 99).

7. Distinguer \(P_A(B)\) et \(P_B(A)\)

Propriété fondamentale
En général, \(P_A(B) \neq P_B(A)\). Ces deux probabilités repondent a des questions différentes.
Justification intuitive

Résultat admis -- justification intuitive :

\(P_A(B) = \frac{P(A \cap B)}{P(A)}\) et \(P_B(A) = \frac{P(A \cap B)}{P(B)}\). Le numérateur est le même, mais les dénominateurs \(P(A)\) et \(P(B)\) sont en général differents, donc les résultats différent.

L’égalité \(P_A(B) = P_B(A)\) n’est vraie que dans le cas particulier ou \(P(A) = P(B)\).

Exemple

Dans le test medical :

  • \(P_M(+) = 0{,}99\) : « si on est malade, le test est positif avec probabilité 99 % » (sensibilite).
  • \(P_+(M) \approx 0{,}09\) : « si le test est positif, on est malade avec probabilité 9 % » (valeur predictive positive).

Confondre ces deux probabilités est une erreur tres frequente, parfois appelee erreur du procureur en justice.

Méthode — Eviter la confusion

Toujours se demander : quelle est la condition ? (qu’est-ce qu’on sait déjà ?)

  • \(P_A(B)\) : « on sait que A est realise, quelle est la probabilité de B ? »
  • \(P_B(A)\) : « on sait que B est realise, quelle est la probabilité de A ? »

L’arbre de probabilité aide a bien identifier le sens du conditionnement.

Lien avec le chapitre 14

Dans un tableau croise d’effectifs, la distinction est la même qu’entre fréquences conditionnelles :

  • \(f_A(B) \neq f_B(A)\) en général.
  • On passe de la statistique aux probabilités par un tirage au sort équiprobable.

8. Evenements indépendants

Définition — Evenements indépendants
Deux événements \(A\) et \(B\) sont indépendants lorsque la realisation de l’un n’influe pas sur la probabilité de l’autre, c’est-a-dire : \[P(A \cap B) = P(A) \times P(B).\]
Propriété — Caractérisation conditionnelle
Si \(P(A) \neq 0\), alors \(A\) et \(B\) sont indépendants si et seulement si : \[P_A(B) = P(B).\] Autrement dit : savoir que \(A\) est realise ne change pas la probabilité de \(B\).
Preuve

On suppose \(P(A) \neq 0\). Par définition, \(P_A(B) = \dfrac{P(A \cap B)}{P(A)}\).

\(\Rightarrow\) Si \(A\) et \(B\) sont indépendants, \(P(A \cap B) = P(A) \times P(B)\), donc \(P_A(B) = \dfrac{P(A) \times P(B)}{P(A)} = P(B)\).

\(\Leftarrow\) Si \(P_A(B) = P(B)\), alors \(\dfrac{P(A \cap B)}{P(A)} = P(B)\), donc \(P(A \cap B) = P(A) \times P(B)\) : \(A\) et \(B\) sont indépendants. \(\square\)

Exemples
  • Deux lancers de de indépendants : on lance deux des equilibres. Soient \(A\) = « premier de donne 6 » et \(B\) = « second de donne 6 ». Alors \(P(A) = P(B) = \frac{1}{6}\) et \(P(A \cap B) = \frac{1}{36} = \frac{1}{6} \times \frac{1}{6}\) : \(A\) et \(B\) sont indépendants.
  • Tirage avec remise : dans une urne, tirer une boule, la remettre, en tirer une seconde. Les couleurs des deux tirages sont indépendantes.
  • Tirage sans remise : si on ne remet pas la boule, les deux tirages ne sont plus indépendants (la composition de l’urne change).
Attention — Ne pas confondre

Indépendants ne veut pas dire incompatibles :

  • \(A\) et \(B\) incompatibles : \(A \cap B = \varnothing\), donc \(P(A \cap B) = 0\).
  • \(A\) et \(B\) indépendants : \(P(A \cap B) = P(A) \times P(B)\).

Si \(A\) et \(B\) sont incompatibles avec \(P(A) > 0\) et \(P(B) > 0\), alors \(P(A) \times P(B) > 0 \neq P(A \cap B)\) : ils ne peuvent pas être indépendants.

Méthode — Tester l’indépendance

Pour vérifier si deux événements sont indépendants :

  1. Calculer \(P(A)\), \(P(B)\) et \(P(A \cap B)\).
  2. Comparer \(P(A \cap B)\) et \(P(A) \times P(B)\).
  3. Egalite \(\Rightarrow\) indépendants. Inegalite \(\Rightarrow\) non indépendants.
🐍 Python — Simulation Monte Carlo

On lance deux dés. On veut estimer \(P(\text{somme} \geq 10 \mid \text{premier dé} \geq 5)\). On simule 100 000 lancers, on compte.

from random import randint

N = 100000
nb_A = 0            # premier dé ≥ 5
nb_A_et_B = 0       # A et somme ≥ 10

for _ in range(N):
    d1 = randint(1, 6)
    d2 = randint(1, 6)
    if d1 >= 5:
        nb_A += 1
        if d1 + d2 >= 10:
            nb_A_et_B += 1

if nb_A > 0:
    print("P(B | A) ≈", nb_A_et_B / nb_A)  # ≈ 0.5

Valeur exacte : sur les 12 couples avec premier dé ≥ 5, 6 ont une somme ≥ 10, donc \(P(B \mid A) = 6/12 = 0{,}5\). La simulation doit s’en rapprocher.

Bilan — Formules essentielles

NotionFormule
Réunion de deux événements\(P(A \cup B) = P(A) + P(B) - P(A \cap B)\)
Événement contraire\(P(\bar{A}) = 1 - P(A)\)
Probabilité conditionnelle\(P_A(B) = \dfrac{P(A \cap B)}{P(A)}\)  (avec \(P(A) \neq 0\))
Formule de multiplication\(P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B)\)
Probabilités totales\(P(B) = P(A) \cdot P_A(B) + P(\bar{A}) \cdot P_{\bar{A}}(B)\)
Indépendance\(A\) et \(B\) indépendants \(\iff P(A \cap B) = P(A) \cdot P(B)\)
Retenir :
  • La loi des grands nombres : la fréquence observee se rapproche de la probabilité quand \(n\) est grand.
  • Dans un arbre, la probabilité d’un chemin est le produit des probabilités des branches.
  • \(P_A(B) \neq P_B(A)\) en général : ne jamais confondre « la probabilité de B sachant A » et « la probabilité de A sachant B ».
  • Un test fiable peut donner beaucoup de faux positifs si la maladie est rare.
Solution du problème d’ouverture — Un test médical fiable à 99 %

Notons \(M\) : « être malade » et \(T\) : « test positif ». Données :

  • \(P(M) = 0{,}001\) (1 personne sur 1000)
  • \(P(T \mid M) = 0{,}99\) (sensibilité : test positif si malade)
  • \(P(\bar T \mid \bar M) = 0{,}99\), donc \(P(T \mid \bar M) = 0{,}01\) (faux positifs)

On cherche \(P(M \mid T)\). Par la formule des probabilités totales :

\(P(T) = P(T \cap M) + P(T \cap \bar M) = P(M)P(T \mid M) + P(\bar M)P(T \mid \bar M)\)

\(= 0{,}001 \times 0{,}99 + 0{,}999 \times 0{,}01 = 0{,}00099 + 0{,}00999 \approx 0{,}011\).

Par définition de la probabilité conditionnelle :

\(P(M \mid T) = \dfrac{P(T \cap M)}{P(T)} = \dfrac{0{,}00099}{0{,}011} \approx 0{,}09\), soit environ 9 %.

Conclusion surprenante : même avec un test fiable à 99 %, un résultat positif signifie seulement 9 % de chances d’être vraiment malade ! La raison : la maladie est si rare que les faux positifs (1 % des bien-portants) sont beaucoup plus nombreux en absolu que les vrais positifs (99 % des rares malades). C’est pourquoi on confirme toujours un test de dépistage par un second test indépendant.

Solution de l’énigme — Le problème de Monty Hall

Au depart, la voiture est derriere chaque porte avec probabilité \(\frac{1}{3}\). Vous choisissez la porte 1.

Voici les trois scénarios possibles, tous de probabilité \(\frac{1}{3}\) :

Voiture derrière Présentateur ouvre Si je garde (porte 1) Si je change
Porte 1 Porte 2 ou 3 🚗 Gagne 🐐 Perd
Porte 2 Porte 3 (forcé) 🐐 Perd 🚗 Gagne
Porte 3 Porte 2 (forcé) 🐐 Perd 🚗 Gagne
Probabilité de gagner \(\frac{1}{3}\) \(\frac{2}{3}\)

Conclusion — il faut toujours changer ! La probabilité de gagner est doublée. L'ouverture de la porte par le présentateur vous donne une information qui modifie les probabilités conditionnelles : dans les lignes 2 et 3, il est obligé d'ouvrir la seule porte où il n'y a pas la voiture, ce qui révèle celle qu'il faut choisir.

🎯 Simule toi-même — applet GeoGebra

Joue plusieurs dizaines de parties et observe la fréquence de victoire converger vers \(\frac{2}{3}\) avec la stratégie « changer ». · ↗ Ouvrir en plein écran

⚠️ Pieges et contre-exemples

Probabilites conditionnelles : teste d’abord ton intuition, puis lis l’explication.

Score : 0 / 6 pieges identifies
1 \(P_B(A) = P_A(B)\) ?

« \(P_B(A) = P_A(B)\) : c’est la même chose. »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux. En général \(P_B(A) \neq P_A(B)\). Le calcul est différent :

\(P_B(A) = \frac{P(A \cap B)}{P(B)}\) et \(P_A(B) = \frac{P(A \cap B)}{P(A)}\)

Les dénominateurs \(P(A)\) et \(P(B)\) ne sont en général pas egaux.

Exemple medical : « 90 % des malades ont de la fievre » (\(P_{\text{malade}}(\text{fievre}) = 0{,}9\)) ne signifie pas que « 90 % des fievreux sont malades » (\(P_{\text{fievre}}(\text{malade})\) peut être tres petit).

\(P_B(A) \neq P_A(B)\) en général. Confondre les deux est l’erreur la plus classique en probabilités conditionnelles.

Mini-test : si 90 % des malades ont de la fievre, est-ce que 90 % des fievreux sont malades ?

Voir section 7 — Distinguer \(P_A(B)\) et \(P_B(A)\)

2 Les branches d’un arbre somment a 1

« Dans un arbre de probabilité, la somme de toutes les branches vaut 1. »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux (tel que formule). Ce sont les branches issues d’un même nœud qui somment a 1, pas toutes les branches de l’arbre.

Premier niveau : \(P(A) + P(\bar{A}) = 1\). Depuis le nœud \(A\) : \(P_A(B) + P_A(\bar{B}) = 1\). Depuis le nœud \(\bar{A}\) : \(P_{\bar{A}}(B) + P_{\bar{A}}(\bar{B}) = 1\).

En revanche, la somme des probabilités de toutes les feuilles (chemins complets) vaut bien 1.

Règle de l’arbre : les branches issues d’un même nœud somment a 1. Les feuilles (chemins complets) somment a 1.

Mini-test : \(P(A) = 0{,}3\) et \(P_A(B) = 0{,}6\). Que vaut \(P_A(\bar{B})\) ?

Voir section 4 — Arbres de probabilité

3 Intersection = produit toujours ?

« \(P(A \cap B) = P(A) \times P(B)\) toujours. »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux. \(P(A \cap B) = P(A) \times P(B)\) n’est valable que si \(A\) et \(B\) sont indépendants.

En général, on utilise la formule de l’arbre : \(P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B)\) (on multiplie le long des branches).

\(P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B)\) toujours. \(P(A \cap B) = P(A) \times P(B)\) seulement si indépendance.

Mini-test : on tire une carte. \(A\) = « coeur », \(B\) = « rouge ». \(P(A \cap B) = P(A) \times P(B)\) ?

Voir section 5 — Calculer avec les arbres

4 Indépendance = incompatibilite ?

« Si \(A\) et \(B\) sont indépendants, alors ils sont incompatibles (ils ne peuvent pas se produire en même temps). »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux. C’est même l’inverse ! Si \(A\) et \(B\) sont incompatibles (\(A \cap B = \varnothing\)) et de probabilités non nulles, alors ils sont dependants : savoir que \(A\) se realise interdit \(B\).

Indépendance signifie \(P_B(A) = P(A)\) : savoir que \(B\) se realise ne change rien pour \(A\).

Indépendance ≠ incompatibilite. Des événements incompatibles (non triviaux) sont toujours dependants.

Mini-test : \(A\) et \(B\) incompatibles avec \(P(A) > 0\). Que vaut \(P_A(B)\) ?

Voir section 3 — Probabilite conditionnelle

5 Faux positif = test defaillant

« Si un test a 99 % de sensibilite, alors un résultat positif signifie qu’on est malade a 99 %. »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux. On confond \(P_{\text{malade}}(\text{positif}) = 0{,}99\) (sensibilite) avec \(P_{\text{positif}}(\text{malade})\) (valeur predictive positive). Si la maladie est rare (ex : 1 personne sur 1000), même un tres bon test produira beaucoup de faux positifs parmi les sains.

Calcul avec un arbre : sur 1000 personnes, 1 malade teste positif (vrai positif), et environ 10 sains testent positif (faux positifs). Donc \(P_{\text{positif}}(\text{malade}) \approx \frac{1}{11} \approx 9\,\%\), pas 99 % !

Sensibilite (\(P_{\text{M}}(+)\)) ≠ valeur predictive (\(P_{+}(\text{M})\)). Plus la maladie est rare, plus les faux positifs dominent.

Mini-test : maladie rare (0,1 %). Test fiable a 99 %. Un résultat positif donne une probabilité d’être malade :

Voir section 6 — Faux positifs et faux negatifs

6 Complementaire

« \(P(A) + P(\bar{A}) = 1\). »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

C’est vrai ! C’est la propriété fondamentale du complementaire : \(A\) et \(\bar{A}\) forment une partition de l’univers, donc leurs probabilités somment a 1.

Tres utile pour calculer \(P(A) = 1 - P(\bar{A})\) quand le complementaire est plus facile a calculer.

\(P(A) + P(\bar{A}) = 1\) toujours. C’est un intrus parmi les pieges !

Mini-test : \(P(A) = 0{,}3\). Alors \(P(\bar{A}) = \)

Voir section 1 — Rappels de probabilités

🎓 Fin du programme Seconde !
Tu es prêt(e) pour la Première — le programme y développe suites, dérivation, exponentielle, probabilités. Bon été !