a. \(\sqrt{101} < 11\). On teste 2, 3, 5, 7 : \(101/2=50.5\), \(101/3=33.7\), \(101/5=20.2\), \(101/7=14.4\). Aucun ne divise, donc 101 est premier.
b. \(2310 = 2\times1155 = 2\times3\times385 = 2\times3\times5\times77 = 2\times3\times5\times7\times11\).
c. Les diviseurs sont \(2^a\times3^b\times5^c\) avec \(0\le a\le3\), \(0\le b\le2\), \(0\le c\le1\). Nombre de diviseurs : \((3+1)(2+1)(1+1)=24\).
d. Si \(n=ab\) avec \(1\lt a,b\), alors \(2^n-1=(2^a)^b-1\). Or \(x^b-1=(x-1)(x^{b-1}+\cdots+1)\), donc \(2^a-1\mid 2^n-1\). Et \(2^a-1\gt 1\), donc \(2^n-1\) est composé. Contraposée : si \(2^n-1\) est premier, alors \(n\) est premier.
Donner la décomposition en facteurs premiers, puis calculer \(\pgcd\) et \(\ppcm\) :
a. \(\pgcd = 2^{\min(4,2)}\times3^{\min(2,3)}\times5^0\times7^0 = 2^2\times3^2=36\). \(\ppcm=2^4\times3^3\times5\times7=15120\). Vérif : \(36\times15120=544320\) et \(ab=2^6\times3^5\times5\times7=544320\). ✓
b. \(1260=2^2\times3^2\times5\times7\) et \(3024=2^4\times3^3\times7\). \(\pgcd=2^2\times3^2\times7=252\). \(\ppcm=2^4\times3^3\times5\times7=15120\). \(252\times15120=3810240=1260\times3024\). ✓
a. Supposons qu’il n’y en ait qu’un nombre fini : \(p_1=3, p_2, \ldots, p_k\) (tous \(\equiv3\pmod4\)). Posons \(N = 4p_2\cdots p_k - 1\). Alors \(N\equiv -1\equiv 3\pmod4\). Aucun des \(p_i\) ne divise \(N\) : pour \(i\ge 2\), \(N\equiv -1\pmod{p_i}\) ; et \(N\equiv -1\equiv 2\pmod 3\). Donc tous les facteurs premiers de \(N\) sont impairs et différents de \(p_2,\ldots,p_k\). S’ils étaient tous \(\equiv 1\pmod 4\), leur produit le serait aussi (un produit d’entiers \(\equiv 1\pmod 4\) reste \(\equiv 1\pmod 4\)), contredisant \(N\equiv 3\pmod 4\). Donc \(N\) admet un facteur premier \(\equiv 3\pmod 4\), nouveau premier non dans la liste : contradiction. ∎
b. Comme \(p > 3\) est premier, \(p\) n’est divisible ni par 2 ni par 3, donc \(p\equiv 1\) ou \(p\equiv 5\pmod 6\). Si \(p\equiv 1\pmod 6\), alors \(p+2\equiv 3\pmod 6\), donc \(3\mid p+2\). Or \(p+2 > 5\) est premier, contradiction. Donc \(p\equiv 5\pmod 6\), et \(p+2\equiv 7\equiv 1\pmod 6\). ∎
c. Pour \(2 \le k \le n+1\), l’entier \((n+1)! + k\) est divisible par \(k\) (car \(k\mid(n+1)!\) et \(k\mid k\)), et \((n+1)!+k > k\), donc il est composé. On a bien \(n\) entiers consécutifs composés.
a. \(p\) impair premier, donc \(p=2m+1\) avec \(m\ge1\). \(p^2=(2m+1)^2=4m^2+4m+1=4m(m+1)+1\). Comme \(m(m+1)\) est produit de deux consécutifs, il est pair : \(m(m+1)=2t\). Donc \(p^2=8t+1\equiv1\pmod8\). ✓
b. Par récurrence ou par décomposition : dans la factorisation de \(n\), la puissance de 2 est \(k=v_2(n)\ge0\), et \(m=n/2^k\) est impair par construction.
c. On a \(k!\,(p-k)!\,\binom{p}{k} = p!\). Comme \(p\) est premier et que \(p\mid p!\), on en déduit que \(p\) divise le membre de gauche. Or \(k! = 1\cdot 2\cdots k\) est un produit de facteurs tous strictement inférieurs à \(p\) : aucun n’est divisible par \(p\), donc \(\pgcd(k!, p)=1\). De même \(\pgcd((p-k)!,p)=1\), donc \(\pgcd(k!\,(p-k)!,\,p)=1\). Par le lemme de Gauss appliqué à \(p \mid k!(p-k)!\,\binom{p}{k}\), on conclut \(p\mid\binom{p}{k}\). ∎
d. Par la formule du binôme : \((a+b)^p = \sum_{k=0}^{p}\binom{p}{k}a^k b^{p-k}\). Pour \(0\lt k\lt p\), on a \(p\mid\binom{p}{k}\) d’après (c), donc chaque terme intermédiaire est nul modulo \(p\). Il ne reste que les termes \(k=0\) et \(k=p\) :
\((a+b)^p \equiv \binom{p}{0}\,a^0 b^p + \binom{p}{p}\,a^p b^0 = b^p + a^p \pmod p.\)
Ainsi \((a+b)^p \equiv a^p + b^p \pmod p\). C’est le « rêve du débutant » (freshman’s dream) : il est faux dans \(\mathbb{Z}\) mais vrai modulo un nombre premier. ∎
L’indicatrice d’Euler \(\varphi(n)\) est le nombre d’entiers dans \(\{1,\ldots,n\}\) premiers avec \(n\).
a. Parmi \(1,\ldots,p\), tous sauf \(p\) sont premiers avec \(p\). Donc \(\varphi(p)=p-1\).
b. Les entiers de \(\{1,\ldots,p^k\}\) non premiers avec \(p^k\) sont exactement les multiples de \(p\) : \(p, 2p, \ldots, p^{k-1}\cdot p\), soit \(p^{k-1}\) multiples. Donc \(\varphi(p^k)=p^k-p^{k-1}=p^{k-1}(p-1)\).
c. \(30=2\times3\times5\) : \(\varphi(30)=\varphi(2)\varphi(3)\varphi(5)=1\times2\times4=8\). \(100=2^2\times5^2\) : \(\varphi(100)=\varphi(4)\varphi(25)=2\times20=40\).
d. Pour \(p\) premier et \(p\nmid a\) : \(\pgcd(a,p)=1\) et \(\varphi(p)=p-1\). Le théorème d’Euler donne \(a^{p-1}\equiv1\pmod p\), qui est exactement le petit théorème de Fermat.
a. Supposons \(\sqrt{p}=a/b\) avec \(\pgcd(a,b)=1\). Alors \(a^2=pb^2\), donc \(p\mid a^2\), donc \(p\mid a\) (lemme de Gauss), soit \(a=pk\). Alors \(p^2k^2=pb^2\), \(pk^2=b^2\), donc \(p\mid b^2\), \(p\mid b\). Contradiction avec \(\pgcd(a,b)=1\).
b. Supposons \(\log_2 3=p/q\) (rationnel). Alors \(2^{p/q}=3\), soit \(2^p=3^q\). Mais \(2^p\) est pair et \(3^q\) est impair : impossible.
c. ⚠ Outil hors programme On utilise la valuation \(p\)-adique (au-delà du BO Expertes, mais accessible) : pour un premier \(p\) et un entier \(m\geq 1\), on note \(v_p(m)\) l’exposant de \(p\) dans la décomposition de \(m\). Cette valuation vérifie \(v_p(mn)=v_p(m)+v_p(n)\), donc en particulier \(v_p(a^2)=2\,v_p(a)\) est toujours paire.
Supposons \(\sqrt n\) rationnel, \(\sqrt n = a/b\) avec \(a,b\in\mathbb{N}^*\). Alors \(a^2 = n\,b^2\). Soit \(p\) un premier dont l’exposant \(\alpha = v_p(n)\) est impair (un tel \(p\) existe car \(n\) n’est pas un carré parfait). En appliquant \(v_p\) à l’égalité \(a^2 = n\,b^2\) :
\(2\,v_p(a) = v_p(n) + 2\,v_p(b) = \alpha + 2\,v_p(b).\)
Le membre de gauche est pair, mais le membre de droite est impair (somme d’un impair \(\alpha\) et d’un pair \(2v_p(b)\)). Contradiction. Donc \(\sqrt n\) est irrationnel. ∎
Cet exercice utilise des outils au-delà du programme BO 2020 Maths Expertes : polynôme cyclotomique \(\Phi_6\), ordre multiplicatif (§10.6 hors programme), petit théorème de Fermat (au programme). À considérer comme une ouverture culturelle vers les classes préparatoires.
On veut montrer qu’il existe une infinité de premiers \(\equiv 1 \pmod{6}\). C’est un cas particulier du théorème de Dirichlet sur la progression arithmétique (1837), admis dans le cours.
a. \(p\ge5\) premier, donc \(p\) n’est divisible ni par 2 ni par 3. Les restes mod 6 possibles pour un entier non divisible par 2 ou 3 sont 1 et 5.
b. \((6a+1)(6b+1)=36ab+6a+6b+1=6(6ab+a+b)+1\equiv1\pmod6\). ✓
c. Posons \(P=p_1\cdots p_k\) et \(N=P^2-P+1\). On observe l’identité \((P+1)\,N = P^3+1\), donc tout facteur premier \(q\) de \(N\) vérifie \(q\mid P^3+1\), soit \(P^3 \equiv -1\pmod q\), et donc \(P^6\equiv 1\pmod q\).
(i) \(N\) n’est divisible ni par 2, ni par 3, ni par aucun \(p_i\).
(ii) Soit \(q\) un facteur premier de \(N\). On vient de voir que \(q\notin\{2,3,p_1,\ldots,p_k\}\). De plus \(P^6\equiv 1\pmod q\), donc l’ordre multiplicatif \(d=\text{ord}_q(P)\) divise 6, soit \(d\in\{1,2,3,6\}\).
(iii) Élimination des cas \(d\in\{1,2,3\}\).
(iv) Conclusion. Donc \(d=6\). Par le petit théorème de Fermat, \(P^{q-1}\equiv 1\pmod q\), donc \(6=d\) divise \(q-1\), soit \(q\equiv 1\pmod 6\). Comme \(q\notin\{p_1,\ldots,p_k\}\), \(q\) est un nouveau premier \(\equiv 1\pmod 6\) : contradiction. ∎
Remarque : cette preuve utilise le polynôme cyclotomique \(\Phi_6(X)=X^2-X+1\), la notion d’ordre multiplicatif (complément section 10.6) et le petit théorème de Fermat (section 10.5). Exercice de synthèse exigeant.
Vers l’an 1000, Ibn al-Haytham (Bassora, puis Le Caire) étudie les congruences et formule des observations précurseures reliant la primalité à la factorielle. Le résultat sera redécouvert et démontré par Leibniz (1682), puis énoncé par John Wilson et publié par Waring en 1770. Dans cet exercice, on reproduit la démarche expérimentale d’Ibn al-Haytham.
📜 Lire l’article complet → Ibn al-Haytham et Al-Farisi
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📄 Rashed 1980 (source historique)
Partie A — Observer (démarche d’Ibn al-Haytham).
| \(n\) | \(n!\) | \(n! + 1\) | \(n+1\) divise-t-il \(n!+1\) ? | \(n+1\) est-il premier ? |
|---|---|---|---|---|
| 1 | à compléter | |||
| … | … | |||
Partie B — Formuler (théorème de Wilson).
Partie C — Appliquer.
a. Tableau :
| \(n\) | \(n!\) | \(n!+1\) | \(n+1 \mid n!+1\) ? | \(n+1\) premier ? |
|---|---|---|---|---|
| 1 | 1 | 2 | oui (2∣2) | oui (2) |
| 2 | 2 | 3 | oui (3∣3) | oui (3) |
| 3 | 6 | 7 | non (4∤7) | non (4 = 2×2) |
| 4 | 24 | 25 | oui (5∣25) | oui (5) |
| 5 | 120 | 121 | non (6∤121, 121=11²) | non (6 = 2×3) |
| 6 | 720 | 721 | oui (7∣721, 721=7×103) | oui (7) |
b. Conjecture : « \(n+1\) divise \(n!+1\) si et seulement si \(n+1\) est premier. » La colonne « divisible » et la colonne « premier » coïncident parfaitement.
c. Avec \(p = n+1\) : \(p\) est premier \(\iff p \mid (p-1)! + 1 \iff (p-1)! \equiv \boxed{-1} \pmod{p}\). C’est le théorème de Wilson.
d. \(10! = 3\,628\,800\). On peut calculer directement : \(3\,628\,800 = 11 \times 329\,890 + 10 = 11 \times 329\,891 - 1\), donc \(10! \equiv -1 \equiv 10 \pmod{11}\). ✓ (conforme à Wilson puisque 11 est premier)
e. \(13\) est premier, donc par Wilson : \(12! \equiv -1 \equiv \mathbf{12} \pmod{13}\). (Inutile de calculer \(12! = 479\,001\,600\).)
f. Le critère est parfait théoriquement (équivalence exacte : primalité ⇔ congruence) mais inutilisable pratiquement : \(100! \approx 9{,}33 \cdot 10^{157}\) — soit environ 158 chiffres. Pour un \(p\) à 20 chiffres, \((p-1)!\) dépasse largement les capacités de calcul. Les tests de primalité modernes (Miller–Rabin, AKS) sont bien plus efficaces.