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Chapitre 8 — Divisibilité et congruences

📋 Prérequis & 🎯 Objectifs du chapitre déplier
📋 Prérequis
  • Tle Spé — récurrence, ensembles, nombres entiers
🎯 Objectifs — à la fin du chapitre, je saurai…
  • Maîtriser la divisibilité et la division euclidienne dans \(\mathbb{Z}\)
  • Manipuler les congruences et leurs règles de calcul
  • Appliquer les critères de divisibilité à la résolution de problèmes

Maths Expertes · Math@mine

Sommaire

Les carillons qui sonnent ensemble

Un carillon sonne toutes les 12 minutes, un autre toutes les 18 minutes. Ils ont sonné ensemble à midi.

À quelle heure sonneront-ils à nouveau ensemble ? (PPCM de 12 et 18.) Et si on veut les régler pour qu’ils sonnent le plus souvent possible ensemble, quelle valeur commune choisir ?

Euclide, Thābit ibn Qurra et Al-Farisi

Euclide (IIIe siècle av. J.-C., Éléments VII) formule l’algorithme du PGCD et prouve que la liste des nombres premiers est infinie — deux résultats fondamentaux de la théorie des nombres. Thābit ibn Qurra (IXe siècle, Bagdad) approfondit la théorie des nombres et découvre une règle pour générer des nombres amiables.

Al-Farisi (XIIIe siècle) donne une nouvelle démonstration de l’infinité des nombres premiers, indépendamment de la preuve d’Euclide, montrant la vitalité de la tradition mathématique islamique en théorie des nombres.

📜 Lire l’article — Euclide et Thābit ibn Qurra : le plus vieil algorithme →

Euclide étendu : Bézout à la main

Appliquer l’algorithme d’Euclide à \(\pgcd(1071, 462)\), puis remonter les calculs pour exprimer ce PGCD comme combinaison linéaire \(1071u + 462v\) (théorème de Bézout).

→ Solution complète en fin de chapitre

8.1.  Divisibilité et division euclidienne

Définition — Divisibilité

Soit \(a, b \in \mathbb{Z}\) avec \(b \neq 0\). On dit que \(b\) divise \(a\), noté \(b \mid a\), s’il existe \(k \in \mathbb{Z}\) tel que \(a = kb\).

On dit aussi que \(a\) est un multiple de \(b\), ou que \(b\) est un diviseur de \(a\).

Exemples
  • \(3 \mid 12\) car \(12 = 4 \times 3\).
  • \(7 \mid -35\) car \(-35 = (-5) \times 7\).
  • \(5 \nmid 13\) car \(13 = 2 \times 5 + 3\), le reste est non nul.
  • Tout entier divise 0 : \(a \mid 0\) car \(0 = 0 \times a\).
Propriétés de la divisibilité

Pour tous \(a, b, c \in \mathbb{Z}\) :

  1. Réflexivité : \(a \mid a\).
  2. Transitivité : Si \(a \mid b\) et \(b \mid c\), alors \(a \mid c\).
  3. Combinaison linéaire : Si \(a \mid b\) et \(a \mid c\), alors pour tous \(u, v \in \mathbb{Z}\) : \(a \mid (ub + vc)\).
  4. Si \(a \mid b\) et \(b \mid a\), alors \(a = \pm b\).
Démonstration

1. Réflexivité. On a \(a = 1 \times a\), donc \(a \mid a\). ∎

2. Transitivité. \(a \mid b\) signifie \(b = ka\) pour un certain \(k \in \mathbb{Z}\). \(b \mid c\) signifie \(c = lb\) pour un certain \(l \in \mathbb{Z}\). Alors \(c = lb = l(ka) = (lk)a\), et \(lk \in \mathbb{Z}\), donc \(a \mid c\). ∎

3. Combinaison linéaire. \(a \mid b\) donne \(b = k_1 a\), \(a \mid c\) donne \(c = k_2 a\). Alors \(ub + vc = uk_1 a + vk_2 a = (uk_1 + vk_2)a\), et \(uk_1+vk_2 \in \mathbb{Z}\), donc \(a \mid (ub+vc)\). ∎

4. Double divisibilité. \(a \mid b\) donne \(b = ka\) et \(b \mid a\) donne \(a = lb\). En substituant : \(a = l(ka) = (lk)a\), donc \(lk = 1\) dans \(\mathbb{Z}\). Les seuls entiers de produit 1 sont \(l = k = 1\) ou \(l = k = -1\). Donc \(b = \pm a\). ∎

Propriété admise — Bon ordre de ℕ

Toute partie non vide de \(\mathbb{N}\) admet un plus petit élément.

Cette propriété est spécifique à \(\mathbb{N}\) : elle est fausse dans \(\mathbb{Z}\) et dans les intervalles ouverts de \(\mathbb{R}\).

Démonstration — admis au programme

Résultat admis. Le bon ordre de \(\mathbb{N}\) est un axiome (ou une conséquence immédiate de la construction axiomatique des entiers naturels, Peano). Il est admis sans démonstration en Maths Expertes.

Lien avec la récurrence. Le bon ordre de \(\mathbb{N}\) est équivalent au principe de récurrence :

  • Si toute partie non vide de \(\mathbb{N}\) a un plus petit élément, alors le principe de récurrence est valable.
  • Et réciproquement.

Esquisse (sens direct). Soit \(P(n)\) une propriété qui satisfait \(P(0)\) et « \(P(n) \Rightarrow P(n+1)\) ». Supposons par l’absurde que \(P\) n’est pas vraie pour tous les \(n\). Soit \(E = \{n \in \mathbb{N} : P(n)\text{ est fausse}\}\). Alors \(E\) est non vide, donc par le bon ordre, \(E\) a un plus petit élément \(n_0\). On a \(n_0 \ge 1\) (car \(P(0)\) vraie), donc \(n_0 - 1 \in \mathbb{N}\) et \(n_0 - 1 \notin E\) (minimalité). Donc \(P(n_0 - 1)\) est vraie, ce qui entraîne \(P(n_0)\) vraie par hérédité : contradiction. ∎

Contre-exemples
  • Dans \(\mathbb{Z}\) : la partie \(\mathbb{Z}\) elle-même est non vide mais n’a pas de plus petit élément (on peut toujours trouver un entier plus petit : \(\ldots, -3, -2, -1, \ldots\)).
  • Dans un intervalle ouvert de \(\mathbb{R}\) : la partie \(]0, 1[\) est non vide mais n’a pas de plus petit élément — pour tout \(x \in ]0,1[\), on a \(x/2 \in ]0,1[\) et \(x/2 < x\).
Théorème — Division euclidienne

Pour tous \(a \in \mathbb{Z}\) et \(b \in \mathbb{Z}^*\), il existe un unique couple \((q, r) \in \mathbb{Z} \times \mathbb{N}\) tel que :

\(a = bq + r \quad \text{avec} \quad 0 \le r < |b|\)

\(q\) est le quotient et \(r\) est le reste de la division euclidienne de \(a\) par \(b\).

On a : \(b \mid a \Leftrightarrow r = 0\).

Démonstration

On suppose \(b > 0\) (le cas \(b < 0\) s’y ramène en remplaçant \(b\) par \(-b\)).

Existence. Considérons l’ensemble \(E = \{a - bk \mid k \in \mathbb{Z},\ a - bk \ge 0\} \subseteq \mathbb{N}\).

Cet ensemble est non vide : si \(a \ge 0\) on prend \(k = 0\) ; si \(a < 0\) on prend \(k = a\) (alors \(a - ba = a(1-b)\), et pour \(b \ge 1\) et \(a < 0\) ce nombre est positif).

Par la propriété de bon ordre de \(\mathbb{N}\), \(E\) admet un plus petit élément \(r = a - bq\), pour un certain \(q \in \mathbb{Z}\). On a donc \(a = bq + r\) avec \(r \ge 0\).

Montrons que \(r < b\). Si \(r \ge b\), alors \(r - b = a - bq - b = a - b(q+1) \ge 0\) est dans \(E\) et est strictement plus petit que \(r\), ce qui contredit la minimalité de \(r\). Donc \(r < b\).

Unicité. Supposons \(a = bq + r = bq' + r'\) avec \(0 \le r, r' < b\). Alors \(b(q-q') = r' - r\), donc \(b \mid (r'-r)\). Mais \(|r'-r| < b\), donc \(r'-r = 0\), soit \(r = r'\), puis \(q = q'\). ∎

Exemple

\(123 = 17 \times 7 + 4\) : quotient \(q = 7\), reste \(r = 4\). Donc \(17 \nmid 123\).

\(-17 = (-6)\times 3 + 1\) : quotient \(q = -6\), reste \(r = 1 \ge 0\). ✓

8.2.  Congruences modulo n

Définition — Congruence

Soit \(n \in \mathbb{N}^*\). On dit que \(a\) est congru à \(b\) modulo \(n\), noté \(a \equiv b \pmod{n}\), si \(n \mid (a - b)\), c’est-à-dire si \(a\) et \(b\) ont le même reste dans la division par \(n\).

Exemples
  • \(17 \equiv 5 \pmod{6}\) car \(17 - 5 = 12 = 2 \times 6\).
  • \(100 \equiv 1 \pmod{9}\) car \(100 - 1 = 99 = 11 \times 9\). (Critère de divisibilité par 9 !)
  • \(-3 \equiv 4 \pmod{7}\) car \(-3 - 4 = -7 = (-1)\times 7\).
Propriétés des congruences

La congruence modulo \(n\) est une relation d’équivalence. De plus, si \(a \equiv b \pmod{n}\) et \(c \equiv d \pmod{n}\), alors :

  1. Addition : \(a + c \equiv b + d \pmod{n}\).
  2. Multiplication : \(ac \equiv bd \pmod{n}\).
  3. Puissance : \(a^k \equiv b^k \pmod{n}\) pour tout \(k \in \mathbb{N}\).
Démonstration

Addition. Si \(a \equiv b \pmod{n}\) et \(c \equiv d \pmod{n}\), alors \(n \mid (a-b)\) et \(n \mid (c-d)\). Par combinaison linéaire : \(n \mid (a-b)+(c-d) = (a+c)-(b+d)\), donc \(a+c \equiv b+d \pmod{n}\). ∎

Multiplication. On écrit \(ac - bd = ac - bc + bc - bd = c(a-b) + b(c-d)\). Puisque \(n \mid (a-b)\) et \(n \mid (c-d)\), par combinaison linéaire \(n \mid c(a-b) + b(c-d) = ac-bd\), donc \(ac \equiv bd \pmod{n}\). ∎

Puissance. Par récurrence sur \(k\). Pour \(k=0\) : \(a^0 = 1 \equiv 1 = b^0\). Si \(a^k \equiv b^k \pmod{n}\), alors par la règle de multiplication appliquée à \(a^k \equiv b^k\) et \(a \equiv b\) : \(a^{k+1} \equiv b^{k+1} \pmod{n}\). ∎

Relation d’équivalence. Réflexivité : \(n \mid (a-a) = 0\) ✓. Symétrie : \(n \mid (a-b) \Rightarrow n \mid (b-a)\) ✓. Transitivité : \(n\mid(a-b)\) et \(n\mid(b-c)\) donne \(n\mid(a-c)\) par combinaison linéaire ✓.

Méthode — Calculer une grande puissance modulo n

Pour calculer \(a^k \pmod{n}\) sans calculer \(a^k\) en entier, on utilise les congruences de façon répétée.

Astuce : écrire \(k\) en base 2 et utiliser la méthode d'exponentiation rapide.

Exemple — Calculer \(3^{100} \mod 7\)

Cherchons la période de \(3^k \pmod{7}\) :

\(3^1 \equiv 3\), \(3^2 \equiv 2\), \(3^3 \equiv 6\), \(3^4 \equiv 4\), \(3^5 \equiv 5\), \(3^6 \equiv 1 \pmod 7\).

La suite est périodique de période 6. Or \(100 = 16 \times 6 + 4\), donc \(3^{100} \equiv 3^4 \equiv 4 \pmod{7}\).

Exemple — Dernier chiffre de 7²⁰²⁶

Le dernier chiffre de \(7^n\) dépend de \(n \pmod{4}\) : \(7^1=7\), \(7^2=49\), \(7^3=343\), \(7^4=2401\), \(7^5=16807\ldots\) (période 4).

\(2026 = 506 \times 4 + 2\), donc \(7^{2026} \equiv 7^2 \equiv 9 \pmod{10}\). Le dernier chiffre est 9.

Classes d’équivalence et anneau \(\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}\)

Définition — Classe de congruence

Soit \(n \in \mathbb{N}^*\). Pour \(a \in \mathbb{Z}\), la classe de congruence de \(a\) modulo \(n\) est l’ensemble :

\(\overline{a} = [a]_n = \{b \in \mathbb{Z} \mid b \equiv a \pmod{n}\} = \{a + kn \mid k \in \mathbb{Z}\}.\)

Les classes \([0], [1], \ldots, [n-1]\) sont les seules classes distinctes (toute classe \([a]\) est égale à l’une d’elles, prise pour \(a \bmod n\)).

Définition — L’ensemble \(\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}\)

L’ensemble des classes de congruence modulo \(n\) se note :

\(\mathbb{Z}/n\mathbb{Z} = \{[0], [1], [2], \ldots, [n-1]\}.\)

Il contient exactement \(n\) éléments. Les opérations \(+\) et \(\times\) sur \(\mathbb{Z}\) passent au quotient grâce aux propriétés ci-dessus :

\([a] + [b] = [a+b], \qquad [a] \times [b] = [a \times b].\)

Exemple — Tables d’opérations dans \(\mathbb{Z}/5\mathbb{Z}\)

L’ensemble \(\mathbb{Z}/5\mathbb{Z} = \{[0], [1], [2], [3], [4]\}\). On note simplement \(0, 1, 2, 3, 4\).

Addition

+01234
001234
112340
223401
334012
440123

Multiplication

×01234
000000
101234
202413
303142
404321

Observation : dans \(\mathbb{Z}/5\mathbb{Z}\), tous les éléments non nuls (\(1, 2, 3, 4\)) ont un inverse multiplicatif (la valeur 1 apparaît dans chaque ligne ≠ 0). Par exemple \(2 \times 3 = 1\), donc \(2^{-1} = 3\). C’est une propriété générale : quand \(n\) est premier, tous les éléments non nuls de \(\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}\) sont inversibles.

Exemple — Multiplication dans \(\mathbb{Z}/6\mathbb{Z}\) (6 non premier)
×012345
0000000
1012345
2024024
3030303
4042042
5054321

Observations :

  • Les éléments inversibles sont \(1\) et \(5\) (en vert) : ce sont précisément les classes des entiers premiers avec 6.
  • On a \(2 \times 3 \equiv 0 \pmod 6\) (en rouge) : c’est ce qu’on appelle un diviseur de zéro — phénomène impossible quand \(n\) est premier.
Critère d’inversibilité dans \(\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}\)

La classe \([a]\) est inversible dans \(\mathbb{Z}/n\mathbb{Z}\) (c’est-à-dire qu’il existe \([b]\) tel que \([a]\times[b] = [1]\)) si et seulement si \(\pgcd(a, n) = 1\).

La démonstration et le calcul effectif de l’inverse reposent sur le théorème de Bézout, étudié au chapitre 9, section 9.2.

8.3.  Critères de divisibilité

Théorème — Critères classiques

Soit \(N = \overline{a_n a_{n-1} \ldots a_1 a_0}\) un entier écrit en base 10. Alors :

  • \(2 \mid N \Leftrightarrow 2 \mid a_0\) (dernier chiffre pair).
  • \(5 \mid N \Leftrightarrow a_0 \in \{0, 5\}\).
  • \(3 \mid N \Leftrightarrow 3 \mid (a_0 + a_1 + \cdots + a_n)\) (somme des chiffres).
  • \(9 \mid N \Leftrightarrow 9 \mid (a_0 + a_1 + \cdots + a_n)\).
  • \(11 \mid N \Leftrightarrow 11 \mid (a_0 - a_1 + a_2 - \cdots)\) (somme alternée des chiffres).
Démonstration

On a \(N = \sum_{k=0}^{n} a_k \cdot 10^k\). L’idée clé est de réduire \(10^k\) modulo le diviseur étudié.

Critères par 2 et 5. On a \(10 \equiv 0 \pmod{2}\) et \(10 \equiv 0 \pmod{5}\), donc \(10^k \equiv 0\) pour \(k \ge 1\). Ainsi \(N \equiv a_0 \pmod{2}\) et \(N \equiv a_0 \pmod{5}\) : seul le dernier chiffre importe. ∎

Critère par 3 (et 9). On a \(10 \equiv 1 \pmod{3}\) et \(10 \equiv 1 \pmod{9}\), donc \(10^k \equiv 1^k = 1\). Ainsi \(N \equiv \sum_k a_k \pmod{3}\) et \(N \equiv \sum_k a_k \pmod{9}\). ∎

Critère par 11. On a \(10 \equiv -1 \pmod{11}\), donc \(10^k \equiv (-1)^k\). Ainsi \(N \equiv \sum_k (-1)^k a_k = a_0 - a_1 + a_2 - \cdots \pmod{11}\). ∎

Remarque

Le même raisonnement s’applique à toute base \(b\) et tout diviseur \(d\) : il suffit de connaître \(b \pmod{d}\) pour établir le critère correspondant.

Exemple — Divisibilité de 123456

Somme des chiffres : \(1+2+3+4+5+6 = 21\). Divisible par 3 mais pas par 9.

Somme alternée : \(6-5+4-3+2-1 = 3\). Pas divisible par 11.

8.4.  Activités Python

Activité 1 — Algorithme d’Euclide

Programmer l’algorithme d’Euclide pour calculer le PGCD de deux entiers :

  1. Écrire une fonction pgcd(a, b) qui affiche chaque étape de la division euclidienne et renvoie le PGCD
  2. Tester sur les couples \((252, 168)\), \((1071, 462)\) et \((12345, 6789)\)
  3. Écrire une fonction ppcm(a, b) utilisant la relation \(\text{ppcm}(a,b) = \dfrac{|a \times b|}{\text{pgcd}(a,b)}\)

Rappel Python : divmod(a, b) renvoie le couple (quotient, reste). math.gcd(a, b) est le PGCD natif Python.

Voir la solution
Activité 2 — Congruences et puissances

Explorer l’exponentiation modulaire et les critères de divisibilité :

  1. Calculer \(3^{100} \bmod 7\), \(7^{2026} \bmod 10\) (dernier chiffre de \(7^{2026}\)) et \(2^{1000} \bmod 13\)
  2. Écrire une fonction critere_div(N) qui affiche la somme des chiffres, la somme alternée, et en déduit la divisibilité par 3, 9 et 11

Rappel Python : pow(a, n, m) calcule \(a^n \bmod m\) efficacement (exponentiation rapide). Critère par 3 : somme des chiffres divisible par 3. Critère par 11 : somme alternée divisible par 11.

Voir la solution

Visualisation pas a pas : algorithme d’Euclide

Entre deux entiers et observe les divisions euclidiennes successives.

Bilan — Formules essentielles

NotionDéfinition / FormulePiège à éviter
Divisibilité\(a \mid b \iff \exists\, k \in \mathbb{Z},\; b = ka\)\(a \mid b\) signifie que \(a\) divise \(b\), pas l’inverse
Division euclidienne\(a = bq + r\) avec \(0 \leq r < |b|\)Le reste \(r\) est toujours positif ou nul
Congruences\(a \equiv b \pmod{n} \iff n \mid (a - b)\)On ne peut pas diviser une congruence par n’importe quel entier
CompatibilitéSi \(a \equiv a'\) et \(b \equiv b'\) (mod \(n\)), alors \(a+b\equiv a'+b'\), \(ab\equiv a'b'\) (mod \(n\))Pas de division en général (sauf si \(\pgcd(\text{diviseur},n)=1\))
Critères de divisibilitéPar 2, 3, 5, 9, 11 — démontrés via les congruencesCritère par 11 : alterner les signes des chiffres
Solution de l’énigme — Euclide étendu : Bézout à la main

Étapes : \(1071 = 462\times2 + 147\) ; \(462 = 147\times3 + 21\) ; \(147 = 21\times7 + 0\). Donc \(\pgcd = 21\). Remontée : \(21 = 462 - 147\times3 = 462 - (1071-462\times2)\times3 = 7\times462 - 3\times1071\). Bézout : \(21 = -3\times1071 + 7\times462\).

Pièges et contre-exemples

Divisibilité et congruences : teste d’abord ton intuition.

Score : 0 / 6 pièges identifiés
1 Si \(a \mid b+c\) alors \(a \mid b\) et \(a \mid c\)

« Si \(a\) divise \(b+c\), alors \(a\) divise \(b\) et \(a\) divise \(c\). »

Cette affirmation est-elle vraie ?

Explication

C’est faux ! Contre-exemple : \(6 \mid 12\) (car \(5+7=12\)), mais \(6 \nmid 5\) et \(6 \nmid 7\). La divisibilité de la somme n’implique pas la divisibilité de chaque terme.

On peut seulement dire : si \(a \mid b\) et \(a \mid c\) alors \(a \mid b+c\) (sens inverse).

Mini-test : \(3 \mid 12\). Peut-on affirmer que \(3 \mid 5\) et \(3 \mid 7\) ?

Voir section 1

2 \(\pgcd(a,b) \times \ppcm(a,b) = a+b\)

« \(\pgcd(a,b) \times \ppcm(a,b) = a + b\). »

Cette affirmation est-elle vraie ?

Explication

C’est faux ! La bonne formule est \(\pgcd(a,b) \times \ppcm(a,b) = a \times b\) (produit, pas somme). Par exemple : \(\pgcd(6,4)=2\), \(\ppcm(6,4)=12\), et \(2 \times 12 = 24 = 6 \times 4 \neq 6+4=10\).

Retenir : pgcd × ppcm = produit des deux nombres (pour a, b > 0).

Mini-test : \(\pgcd(12,8) = 4\) et \(\ppcm(12,8) = 24\). Quel est le produit \(12 \times 8\) ?

Voir ch. 9 §9.1 (preuve par Gauss) ou ch. 10 §10.3 (preuve par décomposition en facteurs premiers)

3 On peut diviser les congruences

« Si \(a \equiv b \pmod{n}\) et \(c \equiv d \pmod{n}\), alors \(\frac{a}{c} \equiv \frac{b}{d} \pmod{n}\). »

Cette affirmation est-elle vraie ?

Explication

C’est faux ! On peut additionner, soustraire et multiplier les congruences, mais on ne peut pas diviser en général. Par exemple : \(6 \equiv 0 \pmod{3}\) et \(3 \equiv 0 \pmod{3}\), mais \(6/3 = 2\) et \(0/0\) n’a pas de sens.

La division n’est possible que si le diviseur est inversible modulo n (i.e. premier avec n).

Mini-test : \(10 \equiv 4 \pmod{6}\). Peut-on simplifier par 2 pour obtenir \(5 \equiv 2 \pmod{6}\) ?

Voir section 2

4 Divisible par 6 et par 4 implique divisible par 24

« Si un nombre est divisible par 6 et par 4, alors il est divisible par 24. »

Cette affirmation est-elle vraie ?

Explication

C’est faux ! Contre-exemple : 12 est divisible par 6 et par 4, mais \(12 \div 24\) ne tombe pas juste. Le résultat serait vrai si 6 et 4 étaient premiers entre eux, mais \(\pgcd(6,4) = 2 \neq 1\). On peut seulement affirmer que le nombre est divisible par \(\ppcm(6,4) = 12\).

Divisible par a et par b implique divisible par ppcm(a,b), pas par a×b (sauf si pgcd(a,b)=1).

Mini-test : un nombre est divisible par 3 et par 5. Il est nécessairement divisible par :

Voir chapitre 9, section 9.3 (Gauss)

5 Si \(a^2\) est divisible par un premier \(p\), alors \(a\) aussi

« Si \(p\) est un nombre quelconque et \(p \mid a^2\), alors \(p \mid a\). »

Cette affirmation est-elle vraie ?

Explication

C’est faux en général ! Si \(p\) n’est pas premier, le résultat peut échouer. Contre-exemple : \(4 \mid 36 = 6^2\) mais \(4 \nmid 6\). Le résultat est vrai seulement si \(p\) est premier (par le lemme d’Euclide).

p premier et p|a² implique p|a (car p|a·a et p premier). Mais si p n’est pas premier, c’est faux.

Mini-test : \(9 \mid 36\). Est-ce que \(9 \mid 6\) ?

Voir section 1

6 Si \(a \mid b\) et \(a \mid c\) alors \(a \mid (b+c)\)

« Si \(a\) divise \(b\) et \(a\) divise \(c\), alors \(a\) divise \(b+c\). »

Cette affirmation est-elle vraie ?

Explication

C’est vrai ! C’est une propriété fondamentale de la divisibilité. Si \(b = aq\) et \(c = aq'\), alors \(b+c = a(q+q')\), donc \(a \mid (b+c)\). Attention à ne pas confondre avec le piège 1 (le sens réciproque est faux).

La divisibilité est compatible avec l’addition (et la soustraction) : c’est l’un des résultats les plus utilisés.

Mini-test : \(4 \mid 12\) et \(4 \mid 20\). Alors \(4 \mid 32\) ?

Voir section 1

➡️ Pour la suite
Ch. 9 — Théorèmes de Bézout et de Gauss — Tu utiliseras l’algorithme d’Euclide pour calculer PGCD et résoudre les équations diophantiennes \(ax + by = c\).