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Chapitre 1 — Nombres complexes : algèbre

📋 Prérequis & 🎯 Objectifs du chapitre déplier
📋 Prérequis
  • Tle Spé — nombres réels, trigonométrie, équations du second degré
🎯 Objectifs — à la fin du chapitre, je saurai…
  • Manipuler la forme algébrique \(z = a+ib\) : parties réelle, imaginaire
  • Calculer le conjugué \(\bar z\), le module \(|z|\), l’inverse \(1/z\)
  • Appliquer la formule du binôme et calculer les puissances de \(i\)

Maths Expertes · Math@mine

L’équation qui n’a pas de solution réelle

L’équation \(x^2 + 1 = 0\) n’a aucune solution dans \(\mathbb{R}\). Pourtant, la formule de Cardano pour les équations cubiques donne parfois des solutions en passant par des expressions comme \(\sqrt{-1}\) — et ces solutions sont réelles !

Comment interpréter ces « nombres imaginaires » ? Sont-ils absurdes, ou bien révèlent-ils une structure mathématique plus riche que \(\mathbb{R}\) ?

De Cardano à Bombelli : oser l’imaginaire

Girolamo Cardano (1545) publie dans son Ars Magna la formule de résolution des équations cubiques et y rencontre des racines carrées de nombres négatifs. Son disciple Rafael Bombelli (1572) ose manipuler ces expressions formellement dans son Algebra et pose les premières règles de calcul sur ce qui deviendra \(\mathbb{C}\).

Plus tôt, Al-Khayyam (XIe siècle) avait résolu les équations cubiques par intersection de coniques — une méthode géométrique élégante qui lui permet d’éviter entièrement la question des racines complexes. Il remarque l’impossibilité d’obtenir des solutions numériques exactes dans certains cas — un pressentiment du problème sans en avoir les outils.

📜 Lire l’article — Cardano et Bombelli : oser l’imaginaire →

Calculer (1+i)^8 de deux façons

Calculer \((1+i)^8\) de deux façons différentes : par développements successifs des puissances de \((1+i)\), puis en passant en forme trigonométrique.

Les deux méthodes donnent-elles bien le même résultat ? Laquelle est la plus rapide ?

→ Solution complète en fin de chapitre

Sommaire
1.1.  L’ensemble des nombres complexes 1.2.  Conjugué d’un nombre complexe 1.3.  Inverse et division 1.4.  Formule du binôme et puissances de \(i\) 1.5.  Activités Python 1.6.  Exercices WIMS 📋 Bilan ⚠️ Pièges

1.1.  L’ensemble des nombres complexes

Définition

Il existe un ensemble \(\mathbb{C}\), appelé ensemble des nombres complexes, contenant \(\mathbb{R}\) et un élément noté \(i\), vérifiant :

\[i^2 = -1\]

Tout élément de \(\mathbb{C}\) s’écrit de manière unique sous la forme :

\[z = a + bi \quad \text{avec } a, b \in \mathbb{R}\]

On appelle cette écriture la forme algébrique de \(z\). Le nombre \(a = \text{Re}(z)\) est la partie réelle et \(b = \text{Im}(z)\) est la partie imaginaire.

Remarques
  • Si \(b = 0\), alors \(z = a \in \mathbb{R}\) : les réels sont des cas particuliers de complexes.
  • Si \(a = 0\) et \(b \neq 0\), \(z = bi\) est dit imaginaire pur.
  • Deux complexes sont égaux si et seulement si leurs parties réelles sont égales et leurs parties imaginaires sont égales.
Exemples
  • \(z = 3 + 2i\) : partie réelle \(3\), partie imaginaire \(2\).
  • \(z = -1 - 5i\) : partie réelle \(-1\), partie imaginaire \(-5\).
  • \(z = 4\) : partie réelle \(4\), partie imaginaire \(0\). (nombre réel)
  • \(z = 7i\) : partie réelle \(0\), partie imaginaire \(7\). (imaginaire pur)

Opérations dans ℂ

Soient \(z = a + bi\) et \(z' = a' + b'i\) deux nombres complexes.

Propriétés des opérations

Addition :

\[z + z' = (a + a') + (b + b')i\]

Multiplication :

\[z \times z' = (aa' - bb') + (ab' + a'b)i\]

Démonstration

Addition. Par définition, on additionne les parties réelles et les parties imaginaires séparément :

\(z + z' = (a + bi) + (a' + b'i) = (a + a') + (b + b')i\).

Multiplication. On développe en utilisant la distributivité (comme pour des nombres réels), puis on remplace \(i^2 = -1\) :

\((a+bi)(a'+b'i) = aa' + ab'i + ba'i + bb'\underbrace{i^2}_{=-1}\)

\(= aa' - bb' + (ab' + a'b)\,i\).

On obtient bien la forme algébrique d’un complexe, avec \(\mathrm{Re} = aa' - bb'\) et \(\mathrm{Im} = ab' + a'b\). ∎

Exemple de calcul

Posons \(z = 2 + 3i\) et \(z' = 1 - i\). Calculer \(z+z'\) et \(z \times z'\).



\(z + z' = (2+1) + (3-1)i = 3 + 2i\)

\(z \times z' = (2)(1) + (2)(-i) + (3i)(1) + (3i)(-i) = 2 - 2i + 3i - 3i^2 = 2 + i + 3 = 5 + i\)

Structure algébrique

\((\mathbb{C}, +, \times)\) est un corps : les opérations vérifient les mêmes propriétés qu’on connait pour \(\mathbb{R}\) (commutativité, associativité, distributivité, élément neutre, opposé et inverse pour les non nuls). Cela sera développé en Chapitre 11.

✅ Vérifie que tu as compris
Opérations sur les complexesSomme, produit, forme algébrique, affixe
▸ Opérations ▸ Calcul algébrique (H6) ▸ Affixe

1.2.  Conjugué d’un nombre complexe

Définition

Soit \(z = a + bi \in \mathbb{C}\). Le conjugué de \(z\) est :

\[\bar{z} = a - bi\]

Exemples
  • \(\overline{3 + 2i} = 3 - 2i\)
  • \(\overline{-1 - 5i} = -1 + 5i\)
  • \(\overline{4} = 4\) (le conjugué d’un réel est lui-même)
  • \(\overline{7i} = -7i\)
Propriétés du conjugué

Pour tous \(z, z' \in \mathbb{C}\) :

  • \(\overline{z + z'} = \bar{z} + \bar{z'}\)
  • \(\overline{z \times z'} = \bar{z} \times \bar{z'}\)
  • \(\overline{\bar{z}} = z\)
  • \(z \in \mathbb{R} \iff \bar{z} = z\)
  • \(z + \bar{z} = 2\,\text{Re}(z)\) et \(z - \bar{z} = 2i\,\text{Im}(z)\)
  • \(z \times \bar{z} = a^2 + b^2 \in \mathbb{R}^+\)
Preuve de \(z \times \bar{z} = a^2 + b^2\)

Avec \(z = a + bi\) :

\(z \times \bar{z} = (a + bi)(a - bi) = a^2 - abi + abi - b^2i^2 = a^2 - b^2 \times (-1) = a^2 + b^2\)

Ce résultat est toujours réel et positif.

Corollaire

Le produit \(z\bar{z}\) est un réel positif, nul si et seulement si \(z = 0\). Cette propriété est la clé pour calculer l’inverse d’un complexe.

✅ Vérifie que tu as compris
Conjugué, équations, fractionsPropriétés du conjugué, équations de degré 2, fractions complexes
▸ Conjugué ▸ Équation deg 2 ▸ Fraction (H6)

1.3.  Inverse et division

Inverse d’un nombre complexe non nul

Pour tout \(z = a + bi \neq 0\), on a \(a^2 + b^2 \neq 0\) et :

\[\frac{1}{z} = \frac{\bar{z}}{z\bar{z}} = \frac{a - bi}{a^2 + b^2} = \frac{a}{a^2+b^2} - \frac{b}{a^2+b^2}\,i\]

Démonstration

Non-annulation du dénominateur. Puisque \(z \neq 0\), au moins l’un de \(a\) ou \(b\) est non nul, donc \(a^2 + b^2 > 0\) (somme de deux carrés non tous nuls). L’expression est donc bien définie.

Vérification. Calculons \(z\bar{z}\) :

\(z\bar{z} = (a+bi)(a-bi) = a^2 - (bi)^2 = a^2 - b^2 i^2 = a^2 + b^2\).

C’est un réel strictement positif. On en déduit :

\(z \cdot \dfrac{\bar{z}}{z\bar{z}} = \dfrac{z\bar{z}}{z\bar{z}} = 1\),

donc \(\dfrac{\bar{z}}{z\bar{z}}\) est bien l’inverse de \(z\). La dernière égalité de l’énoncé s’obtient en séparant partie réelle et partie imaginaire de \(\bar{z} = a - bi\) divisé par le réel \(a^2+b^2\). ∎

Méthode — Mettre sous forme algébrique \(\dfrac{1}{z}\) ou \(\dfrac{z'}{z}\)

Pour calculer \(\dfrac{z'}{z}\), multiplier numérateur et dénominateur par le conjugué \(\bar{z}\) :

\[\frac{z'}{z} = \frac{z' \cdot \bar{z}}{z \cdot \bar{z}} = \frac{z' \cdot \bar{z}}{a^2 + b^2}\]

Le dénominateur est alors un réel, ce qui permet d’identifier parties réelle et imaginaire.

Exemple

Calculer \(\dfrac{1}{2+3i}\) et \(\dfrac{5+i}{2+3i}\).



Inverse : \(\dfrac{1}{2+3i} = \dfrac{2-3i}{(2+3i)(2-3i)} = \dfrac{2-3i}{4+9} = \dfrac{2}{13} - \dfrac{3}{13}i\)

Division : \(\dfrac{5+i}{2+3i} = \dfrac{(5+i)(2-3i)}{13} = \dfrac{10 - 15i + 2i - 3i^2}{13} = \dfrac{10 - 13i + 3}{13} = \dfrac{13 - 13i}{13} = 1 - i\)

Résolution d’équation dans ℂ

On peut résoudre des équations de la forme \(z + \bar{z} = 4\) ou \(z \cdot \bar{z} = 5\) en posant \(z = a + bi\) et en identifiant parties réelle et imaginaire.

Exemple

Résoudre dans \(\mathbb{C}\) : \((2+i)z = 3 - i\)



\(z = \dfrac{3-i}{2+i} = \dfrac{(3-i)(2-i)}{(2+i)(2-i)} = \dfrac{6 - 3i - 2i + i^2}{5} = \dfrac{6 - 5i - 1}{5} = \dfrac{5 - 5i}{5} = 1 - i\)

1.4.  Formule du binôme et puissances de \(i\)

Puissances de \(i\)

Puisque \(i^2 = -1\), on peut calculer toutes les puissances entières de \(i\) :

Puissances de \(i\) — Cycle de période 4

\[i^0 = 1,\quad i^1 = i,\quad i^2 = -1,\quad i^3 = -i,\quad i^4 = 1,\quad \ldots\]

En général, pour \(n \in \mathbb{Z}\) : \(i^n\) dépend uniquement du reste de la division euclidienne de \(n\) par \(4\).

Démonstration

Les 4 premières puissances. Par définition \(i^2 = -1\). On calcule :

\(i^3 = i^2 \cdot i = -i, \qquad i^4 = i^3 \cdot i = -i \cdot i = -i^2 = 1.\)

Périodicité. Pour tout \(n \in \mathbb{Z}\), écrivons la division euclidienne de \(n\) par \(4\) : \(n = 4q + r\) avec \(r \in \{0, 1, 2, 3\}\). Alors :

\(i^n = i^{4q + r} = i^{4q} \cdot i^r = (i^4)^q \cdot i^r = 1^q \cdot i^r = i^r.\)

D’où le tableau complet :

\(r = 0 \Rightarrow i^n = 1, \quad r = 1 \Rightarrow i^n = i, \quad r = 2 \Rightarrow i^n = -1, \quad r = 3 \Rightarrow i^n = -i.\)

La suite \((i^n)\) est donc périodique de période 4. ∎

Méthode — Calculer \(i^n\)

Diviser \(n\) par \(4\) : \(n = 4q + r\) avec \(r \in \{0,1,2,3\}\).

Alors \(i^n = i^{4q+r} = (i^4)^q \times i^r = 1^q \times i^r = i^r\).

Exemples
  • \(i^{17} = i^{4 \times 4 + 1} = i^1 = i\)
  • \(i^{102} = i^{4 \times 25 + 2} = i^2 = -1\)
  • \(i^{-3} = \frac{1}{i^3} = \frac{1}{-i} = \frac{-i}{(-i)(i)} = \frac{-i}{-i^2} = \frac{-i}{1} \cdot \frac{1}{1}= \frac{i}{1} = i\) (ou : \(i^{-3} = i^{4-3} = i^1 = i\))

Formule du binôme de Newton

Théorème — Binôme de Newton

Pour tous \(a, b \in \mathbb{C}\) et \(n \in \mathbb{N}\) :

\[(a + b)^n = \sum_{k=0}^{n} \binom{n}{k} a^{n-k} b^k\]

où \(\dbinom{n}{k} = \dfrac{n!}{k!(n-k)!}\) est le coefficient binomial.

Démonstration par récurrence

On note \(\mathcal{P}(n)\) la propriété : \((a + b)^n = \displaystyle\sum_{k=0}^{n} \binom{n}{k} a^{n-k} b^k\).

Initialisation (\(n = 0\)) : \((a+b)^0 = 1\) et \(\displaystyle\sum_{k=0}^{0} \binom{0}{0} a^0 b^0 = 1\). ✓

Hérédité : supposons \(\mathcal{P}(n)\) vraie. Montrons \(\mathcal{P}(n+1)\).

\((a+b)^{n+1} = (a+b) \cdot (a+b)^n = (a+b)\displaystyle\sum_{k=0}^{n} \binom{n}{k} a^{n-k} b^k\)

En distribuant :

\[= \sum_{k=0}^{n} \binom{n}{k} a^{n+1-k} b^k \;+\; \sum_{k=0}^{n} \binom{n}{k} a^{n-k} b^{k+1}\]

Dans la seconde somme, on pose \(j = k+1\) (donc \(k = j-1\), et \(j\) va de \(1\) à \(n+1\)) :

\[= \sum_{k=0}^{n} \binom{n}{k} a^{n+1-k} b^k \;+\; \sum_{j=1}^{n+1} \binom{n}{j-1} a^{n+1-j} b^{j}\]

On isole le premier terme de la première somme (\(k=0\)) et le dernier de la seconde (\(j=n+1\)), puis on regroupe les termes restants (\(k\) de \(1\) à \(n\)) :

\[= a^{n+1} + \sum_{k=1}^{n}\left[\binom{n}{k} + \binom{n}{k-1}\right] a^{n+1-k} b^k + b^{n+1}\]

Or la formule de Pascal donne \(\dbinom{n}{k} + \dbinom{n}{k-1} = \dbinom{n+1}{k}\). Donc :

\[(a+b)^{n+1} = \sum_{k=0}^{n+1} \binom{n+1}{k} a^{n+1-k} b^k\]

C’est exactement \(\mathcal{P}(n+1)\). ✓

Conclusion : par le principe de récurrence, \(\mathcal{P}(n)\) est vraie pour tout \(n \in \mathbb{N}\). ∎

Note historique : Ce raisonnement par récurrence remonte à al-Karajī (Bagdad, vers 1010), qui l’utilise pour la somme des cubes. Un siècle et demi plus tard, al-Samawʾal (Bagdad, vers 1170) reprend et formalise cette méthode dans Al-Bāhir fī al-jabr pour démontrer précisément la formule du binôme avec le triangle des coefficients — la démonstration que vous venez de lire est essentiellement la sienne.
📜 Al-Karaji et Fibonacci — La Suite du Monde →
📜 Al-Samawʾal et le binôme de Newton →

Application — Calcul de \((1+i)^8\)

On peut utiliser le binôme : \((1+i)^2 = 1 + 2i + i^2 = 2i\)

Donc \((1+i)^4 = (2i)^2 = 4i^2 = -4\)

Et \((1+i)^8 = (-4)^2 = 16\)

Application — Développement de \((1+i)^4\) par le binôme

\((1+i)^4 = \dbinom{4}{0} + \dbinom{4}{1}i + \dbinom{4}{2}i^2 + \dbinom{4}{3}i^3 + \dbinom{4}{4}i^4\)

\(= 1 + 4i + 6(-1) + 4(-i) + 1 = 1 + 4i - 6 - 4i + 1 = -4\)

On retrouve bien \(-4\).

Hors programme — Application au triangle de Pascal et identités combinatoires

En posant \(a = b = 1\) dans la formule du binôme, on obtient \(2^n = \sum_{k=0}^n \binom{n}{k}\) : la somme des coefficients de la ligne \(n\) du triangle de Pascal vaut \(2^n\).

En posant \(a = 1, b = -1\) : \(0 = \sum_{k=0}^n (-1)^k\binom{n}{k}\) pour \(n \geq 1\), c’est-à-dire la somme des coefficients pairs égale la somme des coefficients impairs.

En posant \(a = 1, b = i\) et en identifiant parties réelle et imaginaire, on obtient d’autres identités sur les combinaisons.

1.5.  Activités Python

Chargement de Python (Pyodide)…

Activité 1 — Opérations sur les nombres complexes

On pose \(z = 2 + 3i\) et \(w = 1 - 2i\). Écrire un programme Python qui :

  1. Calcule et affiche \(z + w\) et \(z \times w\)
  2. Affiche la partie réelle et la partie imaginaire de \(z\)
  3. Affiche le conjugué \(\overline{z}\)
  4. Vérifie que \(|z|^2 = z \times \overline{z}\) (le résultat doit être réel)

Rappel Python : le nombre imaginaire \(i\) s’écrit j. Partie réelle : z.real. Partie imaginaire : z.imag. Conjugué : z.conjugate().

Voir la solution
Activité 2 — Puissances de i

Les puissances de \(i\) sont cycliques : \(i^0=1,\; i^1=i,\; i^2=-1,\; i^3=-i,\; i^4=1,\ldots\) Écrire un programme qui :

  1. Affiche \(i^n\) pour \(n = 0, 1, \ldots, 8\) et observe la période
  2. Calcule \(i^{2025}\) et vérifie le résultat grâce au reste de \(2025 \div 4\)

Rappel Python : le nombre \(i\) s’écrit 1j. La puissance s’écrit **. Le reste euclidien : 2025 % 4.

Voir la solution
Activité 3 — Division et forme algébrique

On veut mettre \(\dfrac{3+4i}{1-2i}\) sous forme algébrique \(a + bi\). Écrire un programme qui :

  1. Calcule le quotient directement avec l’opérateur /
  2. Retrouve le même résultat en multipliant numérateur et dénominateur par le conjugué du dénominateur
  3. Affiche chaque étape : conjugué, produit au numérateur, module au carré du dénominateur, puis \(a\) et \(b\)

Rappel Python : conjugué : z.conjugate(). Partie réelle : z.real. Partie imaginaire : z.imag.

Voir la solution
Activité 4 — Formule du binôme et coefficients

On veut calculer \((1+i)^n\) de deux manières et observer la périodicité. Écrire un programme qui :

  1. Définit une fonction binome_complexe(a, b, n) qui calcule \((a+b)^n\) par la formule du binôme : \(\sum_{k=0}^{n} \binom{n}{k}\, a^{n-k}\, b^k\)
  2. Affiche \((1+i)^n\) pour \(n = 0, 1, \ldots, 8\) calculé directement (**) et par la formule du binôme
  3. Compare les deux résultats et observe la période

Rappel Python : coefficient binomial : from math import comb puis comb(n, k). Nombre complexe \(i\) : 1j.

Voir la solution
Activité 5 — Quiz : forme algébrique

Écrire une fonction forme_algebrique(z) qui prend un nombre complexe \(z\) et renvoie le couple \((a, b)\) tel que \(z = a + bi\). Puis :

  1. Compléter le corps de la fonction (extraire partie réelle et imaginaire)
  2. Tester sur une liste de complexes variés, dont un produit
  3. Afficher le résultat sous la forme « \(a + bi\) » ou « \(a - bi\) » selon le signe de \(b\)

Rappel Python : partie réelle : z.real. Partie imaginaire : z.imag. Retourner un couple : return a, b.

Voir la solution

1.6.  Exercices WIMS

Des exercices en ligne pour s’entraîner sur les opérations algébriques dans ℂ :

✏️ Voir tous les exercices

Bilan — Formules essentielles

NotionDéfinition / FormulePiège à éviter
Nombre imaginaire\(i^2 = -1\)\(i \neq -1\) et \(i^2 \neq 1\)
Forme algébrique\(z = a + bi\) avec \(a = \text{Re}(z)\), \(b = \text{Im}(z)\)\(b\) est réel, pas \(bi\)
Conjugué\(\overline{z} = a - bi\)\(\overline{z_1 z_2} = \overline{z_1}\,\overline{z_2}\) (pas une soustraction)
Module\(|z| = \sqrt{a^2 + b^2}\)\(|z|^2 = z \cdot \overline{z}\), pas \(z^2\)
Produit \(z \cdot \overline{z}\)\(z \cdot \overline{z} = |z|^2 = a^2 + b^2\)Toujours réel positif
Inverse\(\displaystyle\frac{1}{z} = \frac{\overline{z}}{|z|^2}\)Multiplier par le conjugué, pas diviser
Solution de l’énigme — Calculer (1+i)^8 de deux façons

Méthode 1 : \((1+i)^2 = 2i\), puis \((1+i)^4 = (2i)^2 = -4\), puis \((1+i)^8 = (-4)^2 = 16\). Méthode 2 : \(|1+i| = \sqrt{2}\) et \(\arg(1+i) = \pi/4\). Donc \((1+i)^8 = (\sqrt{2})^8 e^{i \cdot 8\pi/4} = 16 e^{2i\pi} = 16\). Même résultat ; la forme trigonométrique est bien plus rapide.

⚠️ Pièges et contre-exemples

Nombres complexes (algèbre) : teste d’abord ton intuition, puis lis l’explication.

Score : 0 / 5 évaluations correctes
1 Solutions de z² = -1

« Si \(z^2 = -1\), alors \(z = i\). »

Cette affirmation est-elle correcte ?

📖 Explication

\(z^2 = -1\) a deux solutions : \(z = i\) et \(z = -i\). Vérification : \((-i)^2 = i^2 = -1\). ✓

Toute équation \(z^2 = w\) dans \(\mathbb{C}\) (avec \(w \neq 0\)) a exactement deux solutions opposées.

💡 Règle : Ne jamais oublier la deuxième racine carrée complexe !

Mini-test : combien de solutions a \(z^2 = -4\) dans \(\mathbb{C}\) ?

🔗 Travaillé dans les exercices du chapitre

2 Module nul

« Si \(|z| = 0\), alors \(z\) n’existe pas. »

Cette affirmation est-elle correcte ?

📖 Explication

\(|z| = 0 \Leftrightarrow z = 0\). Le nombre \(0\) est un complexe parfaitement valide ! Il a un module nul.

💡 Propriété : \(|z| = 0 \Leftrightarrow z = 0\). Le module est positif ou nul, et nul seulement pour le complexe \(0\).

Mini-test : \(|z| \geq 0\) pour tout \(z \in \mathbb{C}\) est :

🔗 Travaillé dans les exercices du chapitre

3 Conjugué d’un produit

« Le conjugué de \(z_1 + z_2\) est \(\bar{z_1} \times \bar{z_2}\). »

Cette affirmation est-elle correcte ?

📖 Explication

Confusion entre deux propriétés distinctes :

Le conjugué d’une somme : \(\overline{z_1 + z_2} = \bar{z_1} + \bar{z_2}\) (le conjugué passe la somme).

Le conjugué d’un produit : \(\overline{z_1 \times z_2} = \bar{z_1} \times \bar{z_2}\) (le conjugué passe le produit).

L’affirmation mélange les deux : elle met une somme à gauche et un produit à droite !

💡 Mémo : Le conjugué « passe » les opérations : somme → somme, produit → produit.

Mini-test : \(\overline{z_1 \times z_2}\) vaut :

🔗 Travaillé dans les exercices du chapitre

4 Valeur de i²

« \(i^2 = 1\). »

Cette affirmation est-elle correcte ?

📖 Explication

\(i^2 = -1\) par définition. C’est la propriété fondatrice des nombres complexes.

Attention : \(i^4 = (i^2)^2 = (-1)^2 = 1\), mais \(i^2 = -1\).

💡 Cycle des puissances de i : \(i^0=1\), \(i^1=i\), \(i^2=-1\), \(i^3=-i\), \(i^4=1\), etc.

Mini-test : que vaut \(i^3\) ?

🔗 Travaillé dans les exercices du chapitre

5 Produit z fois son conjugué

« Pour tout \(z \in \mathbb{C}\), \(z \times \bar{z} = |z|^2\) est un réel positif. »

Cette propriété est-elle toujours vraie ?

📖 Explication

C’est vrai. Si \(z = a + bi\), alors \(\bar{z} = a - bi\) et \(z\bar{z} = a^2 + b^2 = |z|^2 \geq 0\).

Cette propriété est fondamentale pour calculer l’inverse d’un complexe : \(\dfrac{1}{z} = \dfrac{\bar{z}}{|z|^2}\).

💡 Application : Pour diviser par un complexe, on multiplie numérateur et dénominateur par le conjugué du dénominateur.

Mini-test : si \(z = 3 + 4i\), que vaut \(z\bar{z}\) ?

🔗 Travaillé dans les exercices du chapitre

6 Comparaison de complexes

« On peut comparer deux nombres complexes avec \(<\) et \(>\). »

Cette affirmation est-elle correcte ?

📖 Explication

\(\mathbb{C}\) n’est pas ordonné. On ne peut pas dire \(1+i > 2-i\) par exemple.

On peut comparer les modules (\(|z_1| < |z_2|\)) ou les parties réelles/imaginaires séparément, mais pas les complexes eux-mêmes.

💡 Règle : \(<\) et \(>\) n’ont de sens que dans \(\mathbb{R}\). Dans \(\mathbb{C}\), on compare uniquement les modules.

Mini-test : peut-on écrire \(3+2i < 1+5i\) ?

🔗 Travaillé dans les exercices du chapitre

A voir aussi

Ch2 — Complexes et géométrie Ch3 — Forme trigonométrique Ch4 — Équations polynomiales
➡️ Pour la suite
Ch. 2 — Complexes : géométrie — Tu vas représenter les nombres complexes dans le plan (affixe), découvrir la forme trigonométrique et la notation d’Euler.