Math@mine / Terminale / Ch4

Chapitre 4 — Continuité

📋 Prérequis & 🎯 Objectifs du chapitre déplier
📋 Prérequis
  • Ch. 3 — limites de fonctions
🎯 Objectifs — à la fin du chapitre, je saurai…
  • Définir la continuité d'une fonction en un point et sur un intervalle
  • Appliquer les théorèmes d'opérations et de composition
  • Appliquer le théorème des valeurs intermédiaires (TVI)
  • Utiliser le TVI pour prouver l'existence d'une solution unique d'équation

Terminale — Programme officiel (BO 2019) · Math@mine

Sommaire
1. Définition de la continuité 2. Fonctions continues usuelles 3. Théorème des valeurs intermédiaires 4. Corollaire pour les fonctions monotones 5. Méthode de dichotomie 6. Image d’un intervalle par une fonction continue Solution du problème d’ouverture Bilan — Formules essentielles

La temperature au cours de la journee

A 6 h du matin il fait 8 °C, et a 14 h il fait 22 °C. Peut-on affirmer qu’a un moment de la matinee la temperature etait exactement 15 °C ?

La temperature varie de facon continue : elle ne « saute » pas d’une valeur à une autre. Le Théorème des valeurs intermediaires formalise cette intuition.

→ Solution complete en fin de chapitre

Bolzano et le TVI

Le mathematicien tcheque Bernard Bolzano a demontre en 1817 une version du théorème des valeurs intermédiaires, bien avant que la notion de continuité soit rigoureusement définie. Son travail, longtemps meconnu, a anticipe les formalisations de Cauchy et Weierstrass. Le théorème est aussi appele théorème de Bolzano dans certains pays.

Un zéro mysterieux

Soit \(f(x) = x^3 + x - 1\). Montrer que l’équation \(f(x) = 0\) admet une solution dans \([0; 1]\), puis donner un encadrement de cette solution a \(0{,}1\) pres.

→ Solution complète en fin de chapitre

1. Définition de la continuité

Définition — Continuité en un point
Soit \(f\) une fonction définie sur un intervalle \(I\) contenant \(a\). On dit que \(f\) est continue en \(a\) si : \[\lim_{x \to a} f(x) = f(a)\] Autrement dit, la limite de \(f\) en \(a\) existe et est egale à la valeur de \(f\) en \(a\).
Définition — Continuité sur un intervalle
On dit que \(f\) est continue sur l’intervalle \(I\) si elle est continue en tout point de \(I\).
Remarque — Interprétation graphique
Une fonction est continue sur un intervalle si sa courbe representative peut etre tracee d’un seul trait de crayon, sans lever le stylo. Un « saut » dans la courbe correspond à une discontinuite.
Exemple de discontinuite

La fonction partie entière \(E(x)\) n’est pas continue en les entiers. Par exemple, \(\lim_{x \to 2^-} E(x) = 1\) alors que \(E(2) = 2\).

2. Fonctions continues usuelles

Propriété — Fonctions continues de reference
Les fonctions suivantes sont continues sur leur ensemble de définition :
  • Les fonctions polynomiales (sur \(\mathbb{R}\))
  • Les fonctions rationnelles (sur leur domaine de définition)
  • La fonction racine carrée (sur \([0; +\infty[\))
  • La fonction exponentielle (sur \(\mathbb{R}\))
  • Les fonctions sinus et cosinus (sur \(\mathbb{R}\))
  • La fonction valeur absolue (sur \(\mathbb{R}\))
Ce résultat est admis — justification

La continuité de ces fonctions decoule de la définition (\(\lim_{x \to a} f(x) = f(a)\)) et des propriétés des limites (ch. 3). Par exemple, un polynôme est une somme de produits de la fonction identité \(x \mapsto x\) (continue) et de constantes (continues), donc continu par les règles sur les opérations.

La continuité de \(e^x\), \(\sin x\), \(\cos x\) et \(\sqrt{x}\) est admise (elle se demontre avec la définition en \(\varepsilon\), hors programme).

Propriété — Opérations sur les fonctions continues
Si \(f\) et \(g\) sont continues sur un intervalle \(I\), alors \(f + g\), \(f \cdot g\), \(\lambda f\) (pour tout réel \(\lambda\)) sont continues sur \(I\).
Si de plus \(g\) ne s’annule pas sur \(I\), alors \(\dfrac{f}{g}\) est continue sur \(I\).
Démonstration (somme de fonctions continues)

Si \(f\) et \(g\) sont continues en \(a\), alors \(\lim_{x \to a} f(x) = f(a)\) et \(\lim_{x \to a} g(x) = g(a)\).

Par la règle de la somme des limites (ch. 3) : \(\lim_{x \to a} (f+g)(x) = f(a) + g(a) = (f+g)(a)\).

Donc \(f + g\) est continue en \(a\). Le même argument s’applique au produit et au quotient. ∎

Propriété — Composee de fonctions continues
Si \(f\) est continue sur \(I\) et \(g\) est continue sur \(f(I)\), alors \(g \circ f\) est continue sur \(I\).
Démonstration

Soit \(a \in I\). On veut montrer que \(\lim_{x \to a} g(f(x)) = g(f(a))\).

Comme \(f\) est continue en \(a\) : quand \(x \to a\), \(f(x) \to f(a)\).

Comme \(g\) est continue en \(f(a)\) : quand \(f(x) \to f(a)\), \(g(f(x)) \to g(f(a))\).

Par composition des limites : \(\lim_{x \to a} g(f(x)) = g(f(a))\). Donc \(g \circ f\) est continue en \(a\). ∎

Exemple

La fonction \(f(x) = \sqrt{x^2 + 1}\) est continue sur \(\mathbb{R}\) comme composée de \(x \mapsto x^2 + 1\) (polynôme, continu) et de \(x \mapsto \sqrt{x}\) (continue sur \([0; +\infty[\)). Comme \(x^2 + 1 > 0\) pour tout \(x\), la composée est bien définie et continue sur \(\mathbb{R}\).

3. Théorème des valeurs intermédiaires

Théorème des valeurs intermédiaires (TVI)
Soit \(f\) une fonction continue sur un intervalle \([a; b]\). Pour tout réel \(k\) compris entre \(f(a)\) et \(f(b)\), il existe au moins un réel \(c \in [a; b]\) tel que \(f(c) = k\).
Ce théorème est admis — justification intuitive

La démonstration rigoureuse utilise la propriété de la borne supérieure de \(\mathbb{R}\) (hors programme). L’idee intuitive :

Si la courbe de \(f\) passe de \(f(a)\) a \(f(b)\) sans lever le stylo (continuité), elle doit nécessairement traverser toute valeur intermédiaire \(k\). C’est l’analogue pour les fonctions du fait qu’un voyageur qui va de Paris à Lyon passe nécessairement par toutes les villes intermédiaires — à condition de ne pas se téléporter.

La dichotomie (section 5) fournit une méthode constructive pour approcher le \(c\) dont le TVI garantit l’existence.

Remarque
Le TVI affirme l’existence d’au moins une solution, mais ne dit rien sur son unicite. Il peut y en avoir plusieurs.
Exemple

Soit \(f(x) = x^2\) sur \([0; 3]\). On a \(f(0) = 0\) et \(f(3) = 9\). Comme \(f\) est continue et \(0 \leq 2 \leq 9\), le TVI garantit qu’il existe \(c \in [0; 3]\) tel que \(f(c) = 2\). Ce \(c\) est \(\sqrt{2}\).

Propriété — Cas particulier (corollaire de Bolzano)
Si \(f\) est continue sur \([a; b]\) et si \(f(a)\) et \(f(b)\) sont de signes contraires, alors l’équation \(f(x) = 0\) admet au moins une solution dans \(]a; b[\).
Démonstration à partir du TVI

Si \(f(a)\) et \(f(b)\) sont de signes contraires, alors \(0\) est compris entre \(f(a)\) et \(f(b)\).

Par le TVI, il existe \(c \in [a; b]\) tel que \(f(c) = 0\). De plus \(c \neq a\) et \(c \neq b\) car \(f(a) \neq 0\) et \(f(b) \neq 0\). Donc \(c \in \,]a; b[\). ∎

4. Corollaire pour les fonctions monotones

Théorème — Bijection (TVI + monotonie)
Si \(f\) est continue et strictement monotone sur \([a; b]\), alors pour tout \(k\) compris entre \(f(a)\) et \(f(b)\), l’équation \(f(x) = k\) admet une unique solution dans \([a; b]\).
Démonstration

Existence : c’est exactement le TVI (section 3). Comme \(f\) est continue sur \([a;b]\) et \(k\) est entre \(f(a)\) et \(f(b)\), il existe \(c \in [a;b]\) tel que \(f(c) = k\).

Unicite : supposons qu’il existe \(c_1 < c_2\) dans \([a;b]\) avec \(f(c_1) = f(c_2) = k\).

Si \(f\) est strictement croissante : \(c_1 < c_2 \Rightarrow f(c_1) < f(c_2)\), ce qui contredit \(f(c_1) = f(c_2)\).

Si \(f\) est strictement décroissante : \(c_1 < c_2 \Rightarrow f(c_1) > f(c_2)\), même contradiction.

Donc il ne peut y avoir qu’une seule solution. ∎

Méthode — Montrer l’existence et l’unicite d’une solution

Montrer que \(x^3 + 2x - 5 = 0\) admet une unique solution sur \(\mathbb{R}\).

Soit \(f(x) = x^3 + 2x - 5\). On a \(f'(x) = 3x^2 + 2 > 0\) pour tout \(x\), donc \(f\) est strictement croissante sur \(\mathbb{R}\).

\(f\) est continue, \(\lim_{x \to -\infty} f(x) = -\infty\) et \(\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty\).

Par le corollaire du TVI, l’équation \(f(x) = 0\) admet une unique solution \(\alpha\) sur \(\mathbb{R}\).

Comme \(f(1) = -2 < 0\) et \(f(2) = 7 > 0\), on a \(\alpha \in ]1; 2[\).

5. Méthode de dichotomie

Définition — Dichotomie
La dichotomie est une méthode algorithmique qui permet d’approcher une solution de \(f(x) = 0\) avec une precision choisie. On coupe l’intervalle en deux à chaque etape et on conserve la moitie ou le signe de \(f\) change.
Méthode — Algorithme de dichotomie

On part d’un intervalle \([a; b]\) tel que \(f(a) \cdot f(b) < 0\). A chaque etape :

  1. On calcule \(m = \dfrac{a + b}{2}\).
  2. Si \(f(a) \cdot f(m) < 0\), la solution est dans \([a; m]\) : on pose \(b \leftarrow m\).
  3. Sinon, la solution est dans \([m; b]\) : on pose \(a \leftarrow m\).
  4. On repete jusqu’à ce que \(b - a\) soit inférieur à la precision voulue.
Exemple — Encadrer \(\sqrt{2}\) par dichotomie

On resout \(x^2 - 2 = 0\) sur \([1; 2]\). On a \(f(1) = -1 < 0\) et \(f(2) = 2 > 0\).

  • \(m = 1{,}5\), \(f(1{,}5) = 0{,}25 > 0\) → \([1; 1{,}5]\)
  • \(m = 1{,}25\), \(f(1{,}25) = -0{,}4375 < 0\) → \([1{,}25; 1{,}5]\)
  • \(m = 1{,}375\), \(f(1{,}375) \approx -0{,}11 < 0\) → \([1{,}375; 1{,}5]\)
  • \(m = 1{,}4375\), \(f(1{,}4375) \approx 0{,}07 > 0\) → \([1{,}375; 1{,}4375]\)

Apres 4 étapes : \(\sqrt{2} \in [1{,}375; 1{,}4375]\), soit un encadrement a \(0{,}063\) pres.

Remarque
Apres \(n\) etapes de dichotomie, la largeur de l’intervalle est \(\dfrac{b - a}{2^n}\). Pour obtenir une precision de \(10^{-p}\), il faut environ \(\dfrac{p}{\log_{10}(2)} \approx 3{,}3p\) etapes.
★ Exercice guide — Demontrer le Théorème des valeurs intermediaires (cliquer pour deplier)

Cet exercice construit pas à pas la démonstration du TVI en utilisant uniquement les outils de Terminale : la dichotomie (section 5), le théorème de convergence monotone (ch. 2, section 6) et la continuité (section 1).

Énoncé. Soit \(f\) une fonction continue sur \([a; b]\) avec \(f(a) < 0\) et \(f(b) > 0\). On veut montrer qu’il existe \(c \in ]a; b[\) tel que \(f(c) = 0\).

Partie A — Construction des suites par dichotomie

On definit deux suites \((a_n)\) et \((b_n)\) par \(a_0 = a\), \(b_0 = b\), et pour chaque \(n\) :

  • On pose \(m_n = \dfrac{a_n + b_n}{2}\).
  • Si \(f(m_n) \leq 0\) : on pose \(a_{n+1} = m_n\), \(b_{n+1} = b_n\).
  • Si \(f(m_n) > 0\) : on pose \(a_{n+1} = a_n\), \(b_{n+1} = m_n\).

1. Montrer que pour tout \(n\) : \(f(a_n) \leq 0\) et \(f(b_n) > 0\).

Voir l’indication

Par récurrence. A l’étape 0 : \(f(a_0) = f(a) < 0 \leq 0\) ✓ et \(f(b_0) = f(b) > 0\) ✓.

Si \(f(a_n) \leq 0\) et \(f(b_n) > 0\) : dans le premier cas, \(a_{n+1} = m_n\) et \(f(a_{n+1}) = f(m_n) \leq 0\) (par construction) ; dans le second, \(a_{n+1} = a_n\) et \(f(a_{n+1}) = f(a_n) \leq 0\). Même raisonnement pour \(b_{n+1}\). ∎

2. Montrer que \((a_n)\) est croissante et \((b_n)\) est décroissante.

Voir l’indication

Dans les deux cas : \(a_{n+1} \geq a_n\) (on remplace \(a_n\) par \(m_n \geq a_n\) ou on le garde) et \(b_{n+1} \leq b_n\) (on remplace \(b_n\) par \(m_n \leq b_n\) ou on le garde).

3. Montrer que pour tout \(n\) : \(b_n - a_n = \dfrac{b - a}{2^n}\).

Voir l’indication

Par récurrence. \(b_0 - a_0 = b - a\). A chaque étape, on coupe l’intervalle en deux : l’un des deux points (\(a_n\) ou \(b_n\)) est remplace par \(m_n = \frac{a_n+b_n}{2}\), donc \(b_{n+1} - a_{n+1} = \frac{b_n - a_n}{2} = \frac{b-a}{2^{n+1}}\). ∎

Partie B — Convergence

4. Montrer que \((a_n)\) est majoree et \((b_n)\) est minoree. En déduire que les deux suites convergent.

Voir l’indication

\((a_n)\) est croissante et majoree par \(b\) (car \(a_n \leq b_n \leq b\)). Par le théorème de convergence monotone (ch. 2, section 6), elle converge.

De même, \((b_n)\) est décroissante et minoree par \(a\), donc convergente.

5. Montrer que \(\lim a_n = \lim b_n\). On note \(c\) cette limite commune.

Voir l’indication

On a \(b_n - a_n = \frac{b-a}{2^n} \to 0\). Donc si \(\lim a_n = \ell\), alors \(\lim b_n = \lim (a_n + (b_n - a_n)) = \ell + 0 = \ell\). ∎

Partie C — Conclusion

6. Montrer que \(f(c) = 0\).

Voir la solution complete

Comme \(f\) est continue et \(\lim a_n = c\) :

\(f(c) = \lim_{n \to +\infty} f(a_n) \leq 0\)

(car \(f(a_n) \leq 0\) pour tout \(n\), et la limite d’une suite négative est négative ou nulle).

De même, comme \(\lim b_n = c\) :

\(f(c) = \lim_{n \to +\infty} f(b_n) \geq 0\)

(car \(f(b_n) > 0\) pour tout \(n\)).

Donc \(f(c) \leq 0\) et \(f(c) \geq 0\), ce qui impose \(\boxed{f(c) = 0}\). ∎

Bilan : on a demontre le corollaire de Bolzano (cas \(f(a) < 0 < f(b)\)). Le TVI général (\(k\) quelconque entre \(f(a)\) et \(f(b)\)) s’en déduit en appliquant ce résultat à la fonction \(g(x) = f(x) - k\), qui est continue et vérifie \(g(a) < 0 < g(b)\) (ou inversement).

Ce qui est admis : le théorème de convergence monotone (toute suite croissante majoree converge). Ce théorème repose sur l'axiome de la borne supérieure — une propriété fondamentale de \(\mathbb{R}\) qui ne se demontre pas (c’est un axiome, pas un théorème). C’est cet axiome qui distingue \(\mathbb{R}\) de \(\mathbb{Q}\) : dans \(\mathbb{Q}\), la suite des approximations de \(\sqrt{2}\) par dichotomie est croissante et majoree, mais ne converge pas dans \(\mathbb{Q}\) car \(\sqrt{2} \notin \mathbb{Q}\).

6. Image d’un intervalle par une fonction continue

Théorème — Image d’un segment
L’image d’un intervalle ferme borne \([a; b]\) par une fonction continue est un intervalle ferme borne \([m; M]\), ou \(m\) et \(M\) sont respectivement le minimum et le maximum de \(f\) sur \([a; b]\).
Ce théorème est admis — justification

Ce théorème repose sur deux résultats hors programme :

  1. Théorème de Weierstrass : toute fonction continue sur un segment \([a;b]\) atteint son minimum \(m\) et son maximum \(M\). (Admis — utilise la compacite de \([a;b]\).)
  2. TVI : comme \(f\) est continue et prend les valeurs \(m\) et \(M\), elle prend toute valeur intermédiaire \(k \in [m; M]\).

Donc \(f([a;b]) = [m; M]\). ∎

Propriété — Image d’un intervalle quelconque
L’image d’un intervalle par une fonction continue est un intervalle. L’intervalle image n’est pas necessairement du même type (ouvert, ferme…).
Justification intuitive (admis)

Une fonction continue ne « saute » pas de valeur. Comme l’ensemble de depart est un intervalle (pas de trou) et que la fonction ne cree pas de trou (continuité), l’image est aussi un intervalle. La démonstration rigoureuse repose sur la connexite de \(\mathbb{R}\) (hors programme).

Exemple

La fonction \(f(x) = x^2\) est continue sur \([-1; 2]\). Le minimum de \(f\) est \(f(0) = 0\) et le maximum est \(f(2) = 4\). Donc \(f([-1; 2]) = [0; 4]\).

Méthode — Déterminer l’image d’un intervalle
  1. Etudier la continuité de \(f\) sur l’intervalle.
  2. Déterminer les variations de \(f\) (tableau de variation).
  3. En déduire le minimum et le maximum atteints.
  4. Conclure que l’image est l’intervalle \([m; M]\).
Solution du problème d’ouverture — La temperature au cours de la journee

Soit \(T(t)\) la temperature à l’instant \(t\) (en heures). On sait que \(T(6) = 8\) et \(T(14) = 22\).

La temperature varie de facon continue : la fonction \(T\) est continue sur \([6; 14]\).

Or \(15\) est compris entre \(T(6) = 8\) et \(T(14) = 22\). Par le théorème des valeurs intermédiaires, il existe au moins un instant \(c \in [6; 14]\) tel que \(T(c) = 15\).

Conclusion : oui, on peut affirmer qu’a un moment de la matinee la temperature etait exactement 15 °C. Le TVI garantit l’existence de cet instant, même si l’on ne connait pas sa valeur exacte.

Solution de l’énigme — Un zéro mysterieux

\(f(0) = -1 < 0\) et \(f(1) = 1 > 0\). Comme \(f\) est continue et change de signe, par le TVI, il existe \(c \in ]0; 1[\) tel que \(f(c) = 0\).

Par dichotomie : \(f(0{,}5) = -0{,}375 < 0\), \(f(0{,}75) \approx 0{,}17 > 0\), \(f(0{,}6) \approx -0{,}184 < 0\), \(f(0{,}7) \approx 0{,}043 > 0\). Donc \(c \in [0{,}6; 0{,}7]\).

📐 Applets GeoGebra — continuité et TVI

🎯 Applet interactif — Illustration dynamique du TVI

Déplace les points \(a\) et \(b\) ; pour toute valeur \(k\) entre \(f(a)\) et \(f(b)\), il existe \(c \in [a;b]\) tel que \(f(c) = k\). · ↗ Ouvrir en plein écran

Pour approfondir, d'autres applets s'ouvrent en plein écran dans un nouvel onglet :

Banque complète (1245 applets) — voir le catalogue GeoGebra.

Bilan — Formules essentielles

NotionRésultat cle
Continuité en \(a\)\(\lim_{x \to a} f(x) = f(a)\)
TVI\(f\) continue sur \([a;b]\), \(k\) entre \(f(a)\) et \(f(b)\) → \(\exists\, c\), \(f(c) = k\)
TVI + monotonieSolution unique si \(f\) strictement monotone
DichotomiePrecision \(\dfrac{b-a}{2^n}\) apres \(n\) étapes
Image d’un segment\(f([a;b]) = [m; M]\) avec \(m = \min f\), \(M = \max f\)

Pieges et contre-exemples

Continuité et TVI : teste d’abord ton intuition.

Score : 0 / 6 pieges identifies
1 Unicite de la solution (TVI)

« Si \(f\) est continue sur \([a;b]\) et \(f(a) \cdot f(b) < 0\), alors l’équation \(f(x) = 0\) a une unique solution sur \([a;b]\). »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux. Le TVI garantit l'existence d’au moins une solution, pas l’unicite. Par exemple, \(f(x) = \sin(x)\) sur \([0; 4\pi]\) : \(f(0) = 0\) et \(f(4\pi) = 0\), mais il y a de nombreux zéros entre les deux. Pour l’unicite, il faut en plus que \(f\) soit strictement monotone.

TVI seul = existence. TVI + monotonie stricte = existence ET unicite.

Mini-test : pour garantir l’unicite de la solution de \(f(x) = 0\) sur \([a;b]\), il faut ajouter :

2 TVI et valeur exacte

« Le théorème des valeurs intermédiaires permet de calculer la valeur exacte de la solution. »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux. Le TVI est un théorème d’existence : il dit qu’une solution existe, mais ne donne pas sa valeur. Pour approcher la solution, on utilise la dichotomie (méthode algorithmique), qui donne un encadrement de plus en plus precis.

Le TVI dit « il existe », la dichotomie dit « c’est entre… ». Ni l’un ni l’autre ne donne la valeur exacte en général.

Mini-test : apres 10 étapes de dichotomie sur \([0;1]\), la precision est :

3 Continue = pas de saut

« Une fonction est continue si et seulement si son graphe n’a pas de « saut ». »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux (trop vague). Cette description intuitive est insuffisante. La définition rigoureuse est : \(f\) est continue en \(a\) si \(\lim_{x \to a} f(x) = f(a)\). Cela suppose que la limite existe, que \(f(a)\) est défini, et qu’ils sont egaux. Un « trou recollé » (valeur redéfinie isolement) n’est pas un « saut » visuellement, mais brise la continuité.

Toujours utiliser la définition avec la limite, pas l’intuition graphique « on trace sans lever le crayon ».

Mini-test : \(f(x) = \frac{\sin x}{x}\) pour \(x \neq 0\), \(f(0) = 2\). Continue en 0 ?

4 Polynôme de degré impair

« Un polynôme de degré impair n’a pas forcement de racine réelle. »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux. Un polynôme de degré impair a toujours au moins une racine réelle. En effet, ses limites en \(-\infty\) et \(+\infty\) sont de signes opposes (car le terme dominant est de degré impair), donc par le TVI, il s’annule au moins une fois.

Degré impair = toujours au moins une racine réelle (consequence du TVI). Degré pair : pas forcement (ex. \(x^2 + 1\)).

Mini-test : \(x^3 + x + 1 = 0\) a-t-elle une solution réelle ?

5 Image d’un intervalle ouvert

« L’image d’un intervalle ouvert par une fonction continue est toujours un intervalle ouvert. »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux. L’image d’un intervalle par une fonction continue est bien un intervalle (TVI), mais pas forcement ouvert. Exemple : \(f(x) = x^2\) sur \(]-1; 2[\). L’image est \([0; 4[\), qui n’est ni ouvert ni ferme. En revanche, l’image d’un segment \([a;b]\) est toujours un segment.

Continue : image d’un intervalle = intervalle. Image d’un segment = segment. Mais la nature (ouvert/ferme) peut changer.

Mini-test : l’image de \([0;1]\) par \(f(x) = x^2\) est :

6 Dérivable implique continue

« Toute fonction dérivable en un point est continue en ce point. »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

C’est vrai ! La dérivabilité est plus forte que la continuité : si \(f\) est dérivable en \(a\), alors \(f\) est automatiquement continue en \(a\). Attention, la réciproque est fausse : \(f(x) = |x|\) est continue en 0 mais pas dérivable (point anguleux).

Dérivable \(\Rightarrow\) Continue, mais Continue \(\not\Rightarrow\) Dérivable. La valeur absolue en 0 est le contre-exemple classique.

Mini-test : \(f(x) = |x|\) est continue en 0 mais pas dérivable. Pourquoi ?

➡️ Pour la suite
Ch. 5 — Compléments de dérivation — Tu enrichiras les règles de dérivation avec la composition et de nouvelles fonctions.