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Pour chacune des structures suivantes, dire si c’est un groupe (commutatif ou non). Justifier en vérifiant les axiomes ou en exhibant un contre-exemple.
a. Non : la soustraction n’est pas associative (\((5-3)-2=0\neq 5-(3-2)=4\)). L’élément neutre serait 0 (\(a-0=a\)) mais \(0-a\neq a\). Ce n’est pas un groupe.
b. Oui, groupe commutatif. Loi interne sur \(\R^*\) (produit de non-nuls est non-nul), associativité héritée de \(\R\), neutre 1, inverse \(1/x\). Commutatif car \(xy=yx\).
c. Oui, sous-groupe de \((\R^*,\times)\) : \(\R_{>0}\) est stable (produit de positifs > 0), neutre \(1\in\R_{>0}\), inverse \(1/x>0\).
d. Non : toutes les matrices \(2\times2\) ne sont pas inversibles (ex. la matrice nulle). Ce n’est pas un groupe. En revanche \(GL_2(\R)\) (matrices inversibles) en est un.
e. Oui, groupe commutatif. Si \(|z|=|w|=1\), alors \(|zw|=1\) (stable) ; associativité et commutativité héritées de \(\C^*\) ; neutre \(1\) ; inverse \(\bar{z}/|z|^2=\bar{z}\) et \(|\bar{z}|=1\).
f. Oui, groupe commutatif d’ordre 4. Table : \([1]\) neutre, \([3]^2=[9]=[1]\), \([5]^2=[25]=[1]\), \([7]^2=[49]=[1]\). Chaque élément est son propre inverse. Isomorphe à \(\Z/2\Z \times \Z/2\Z\).
On considère le groupe \((\Z/6\Z, +)\).
a. Table d’addition modulo 6 :
| + | [0] | [1] | [2] | [3] | [4] | [5] |
|---|---|---|---|---|---|---|
| [0] | [0] | [1] | [2] | [3] | [4] | [5] |
| [1] | [1] | [2] | [3] | [4] | [5] | [0] |
| [2] | [2] | [3] | [4] | [5] | [0] | [1] |
| [3] | [3] | [4] | [5] | [0] | [1] | [2] |
| [4] | [4] | [5] | [0] | [1] | [2] | [3] |
| [5] | [5] | [0] | [1] | [2] | [3] | [4] |
b. \(\text{ord}([0])=1\) ; \(\text{ord}([1])=6\) ; \(\text{ord}([2])=3\) (car \(3\times[2]=[0]\)) ; \(\text{ord}([3])=2\) ; \(\text{ord}([4])=3\) ; \(\text{ord}([5])=6\).
c. Les générateurs sont les éléments d’ordre 6 : \([1]\) et \([5]\). On a \(\pgcd(1,6)=1\) et \(\pgcd(5,6)=1\). Les non-générateurs vérifient \(\pgcd(k,6)>1\).
d. Oui, cyclique : \([1]\) est un générateur (\(\Z/6\Z = \langle [1] \rangle\)).
On travaille dans \((\Z, +)\).
a. \(0=3\cdot0\in H\). Si \(a=3k, b=3l\in H\), alors \(a-b=3(k-l)\in H\). Critère du sous-groupe vérifié.
b. Même raisonnement avec 5.
c. \(H\cap K = \{n\in\Z \mid 3|n \text{ et } 5|n\} = \{n\mid 15|n\} = 15\Z\). (Car \(\pgcd(3,5)=1\), donc \(3|n\) et \(5|n\) implique \(15|n\).)
d. \(3\in H\subset H\cup K\) et \(5\in K\subset H\cup K\). Or \(3+5=8\), et \(8\notin 3\Z\) (car \(8=3\cdot2+2\)) et \(8\notin 5\Z\) (car \(8=5\cdot1+3\)). Donc \(8\notin H\cup K\). Pas stable par addition.
e. Le plus petit sous-groupe contenant \(H=3\Z\) et \(K=5\Z\) est le sous-groupe engendré par 3 et 5, soit \(\pgcd(3,5)\Z = 1\cdot\Z = \Z\). (Toute combinaison \(3u+5v\) génère \(\Z\) car \(\pgcd(3,5)=1\).)
On considère le groupe \((\Z/12\Z, +)\) d’ordre 12.
a et b.
| \(k\) | 0 | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| \(\pgcd(k,12)\) | 12 | 1 | 2 | 3 | 4 | 1 | 6 | 1 | 4 | 3 | 2 | 1 |
| \(\text{ord}([k])\) | 1 | 12 | 6 | 4 | 3 | 12 | 2 | 12 | 3 | 4 | 6 | 12 |
Tous ces ordres (1, 2, 3, 4, 6, 12) divisent 12. ✓
c. Générateurs (ordre 12) : \([1],[5],[7],[11]\). Ce sont les \([k]\) avec \(\pgcd(k,12)=1\), soit \(\varphi(12)=4\) générateurs.
d. Les diviseurs de 12 sont 1, 2, 3, 4, 6, 12. Les sous-groupes correspondants :
On rappelle que \((\Z/n\Z)^* = \{[k] \mid \pgcd(k,n)=1\}\) est le groupe des éléments inversibles de l’anneau \(\Z/n\Z\), muni de la multiplication.
a. \((\Z/10\Z)^* = \{[1],[3],[7],[9]\}\), ordre \(\varphi(10)=\varphi(2)\varphi(5)=1\times4=4\).
b. Multiplication modulo 10 :
| × | [1] | [3] | [7] | [9] |
|---|---|---|---|---|
| [1] | [1] | [3] | [7] | [9] |
| [3] | [3] | [9] | [1] | [7] |
| [7] | [7] | [1] | [9] | [3] |
| [9] | [9] | [7] | [3] | [1] |
c. \(\text{ord}([1])=1\), \(\text{ord}([9])=2\) (\([9]^2=[81]=[1]\)), \(\text{ord}([3])=4\), \(\text{ord}([7])=4\). Comme il existe un élément d’ordre 4 = ordre du groupe, il est cyclique.
d. \([3]^1=[3]\), \([3]^2=[9]\), \([3]^3=[27]=[7]\), \([3]^4=[81]=[1]\). Toutes les classes sont atteintes. \([3]\) est bien un générateur.
e. Pour chaque \(a\in\{1,3,7,9\}\) : \(1^4=1\equiv1\), \(3^4=81\equiv1\), \(7^4=2401\equiv1\), \(9^4=6561\equiv1\pmod{10}\). ✓
Un anneau est dit intègre s’il n’a pas de diviseurs de zéro non nuls, i.e. \(ab=0 \Rightarrow a=0\) ou \(b=0\).
a. Si \(ab=0\) dans \(\Z\), c’est le produit de deux entiers nuls. Par définition de \(\Z\) (domaine d’intégrité), l’un des deux est nul.
b. \([2]\times[3]=[6]=[0]\) dans \(\Z/6\Z\), avec \([2]\neq[0]\) et \([3]\neq[0]\). Donc \(\Z/6\Z\) n’est pas intègre.
c. Supposons \([a][b]=[0]\) dans \(\Z/7\Z\), i.e. \(7\mid ab\). Comme 7 est premier, par Gauss : \(7\mid a\) ou \(7\mid b\), i.e. \([a]=[0]\) ou \([b]=[0]\). Intègre.
d. \(A=\begin{pmatrix}1&0\\0&0\end{pmatrix}\), \(B=\begin{pmatrix}0&0\\1&0\end{pmatrix}\). \(AB=\begin{pmatrix}0&0\\0&0\end{pmatrix}=0\). Non intègre.
e. Soit \(K\) un corps, \(ab=0\) avec \(a\neq0\). Alors \(a\) est inversible : \(a^{-1}\) existe. On multiplie : \(a^{-1}(ab)=(a^{-1}a)b=b=a^{-1}\cdot0=0\). Donc \(b=0\). Corps ⇒ intègre.
Soit \(p\) un nombre premier.
a. \(\Z/p\Z\) hérite des lois de \(\Z\) : addition et multiplication sont internes (stables par réduction mod \(p\)), associatives, commutatives, distributives. Neutre pour + : \([0]\) ; pour × : \([1]\).
b. \([a]\neq[0]\) signifie \(p\nmid a\). Comme \(p\) est premier, ses seuls diviseurs sont 1 et \(p\). Donc \(\pgcd(a,p)=1\).
c. Par le théorème de Bézout : puisque \(\pgcd(a,p)=1\), il existe \(u,v\in\Z\) tels que \(au+pv=1\).
d. De \(au+pv=1\), on tire \(au\equiv1\pmod p\), i.e. \([a][u]=[1]\). Donc \([a]\) est inversible d’inverse \([u]\). Tout élément non nul étant inversible, \(\Z/p\Z\) est un corps.
e. \(\Z/7\Z\) : Euclide étendu \(7=2\cdot3+1\), donc \(1=7-2\cdot3\), soit \((-2)\cdot3\equiv1\pmod7\), donc \([3]^{-1}=[-2]=[5]\). Vérif : \(3\times5=15\equiv1\). ✓
\(\Z/11\Z\) : \(11=2\cdot4+3\), \(4=1\cdot3+1\), donc \(1=4-3=4-(11-2\cdot4)=3\cdot4-11\), so \([4]^{-1}=[3]\). Vérif : \(4\times3=12\equiv1\pmod{11}\). ✓
Pour chacune des applications suivantes, vérifier s’il s’agit d’un morphisme de groupes (préciser les groupes de départ et d’arrivée), déterminer le noyau et l’image.
a. \(f(m+n)=[m+n]=[m]+[n]=f(m)+f(n)\). ✓ Morphisme surjectif.
\(\ker f = \{n\mid [n]=[0]\} = 3\Z\). Image \(= \Z/3\Z\) (surjectif).
b. \(g(x+y)=e^{x+y}=e^xe^y=g(x)g(y)\). ✓ Morphisme de \((\R,+)\) dans \((\R^*,\times)\).
\(\ker g = \{x\mid e^x=1\} = \{0\}\) (injectif). Image \(= \R_{>0}^*\) (les exponentielles sont toujours > 0).
c. \(h(m+n)=2(m+n)=2m+2n=h(m)+h(n)\). ✓ Morphisme de \((\Z,+)\) dans \((\Z,+)\).
\(\ker h = \{0\}\) (injectif, car \(2n=0 \Rightarrow n=0\)). Image \(= 2\Z\) (entiers pairs). Non surjectif.
d. Bien définie : si \([n]=[n']\) dans \(\Z/6\Z\), alors \(6\mid n-n'\), donc \(3\mid n-n'\), donc \([n]=[n']\) dans \(\Z/3\Z\). ✓ Morphisme.
\(\varphi([n]+[m])=\varphi([n+m])=[n+m]=[n]+[m]=\varphi([n])+\varphi([m])\). ✓
\(\ker\varphi = \{[0],[3]\}\) (éléments congrus à 0 mod 3). Image \(= \Z/3\Z\) (surjectif).
Le chiffrement RSA repose sur les propriétés des groupes \((\Z/n\Z)^*\). On prend \(p=5, q=11\), donc \(n=pq=55\) et \(\varphi(n)=(p-1)(q-1)=40\).
a. \((\Z/n\Z)^*\) est l’ensemble des classes inversibles, stable par multiplication, et chaque élément est inversible par définition. Son ordre est \(\varphi(n)\) (nombre d’entiers entre 1 et \(n\) premiers avec \(n\)).
b. \(\pgcd(3,40)\) : \(40=13\times3+1\), donc \(\pgcd=1\). Bézout : \(1=40-13\times3\), donc \(3\times(-13)\equiv1\pmod{40}\), soit \(d\equiv-13\equiv27\pmod{40}\). Clé privée : \(d=27\).
c. \(c=2^3=8\pmod{55}\). Message chiffré : \(c=8\).
d. \(c^d=8^{27}\pmod{55}\). On calcule : \(8^2=64\equiv9\), \(8^4\equiv81\equiv26\), \(8^8\equiv676\equiv676-12\times55=676-660=16\), \(8^{16}\equiv256\equiv256-4\times55=256-220=36\), \(8^{27}=8^{16}\times8^8\times8^2\times8^1\equiv36\times16\times9\times8\pmod{55}\). Calcul : \(36\times16=576\equiv576-10\times55=26\) ; \(26\times9=234\equiv234-4\times55=14\) ; \(14\times8=112\equiv2\pmod{55}\). On retrouve \(m=2\). ✓
e. Par le corollaire de Lagrange (petit théorème de Fermat généralisé) : pour tout \(m\) avec \(\pgcd(m,n)=1\), \(m^{\varphi(n)}\equiv1\pmod n\). Or \(ed=1+k\varphi(n)\), donc \(m^{ed}=m\cdot(m^{\varphi(n)})^k\equiv m\cdot1^k=m\pmod n\).