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Chapitre 6 — Matrices

📋 Prérequis & 🎯 Objectifs du chapitre déplier
📋 Prérequis
  • Tle Spé — systèmes linéaires, calcul algébrique
🎯 Objectifs — à la fin du chapitre, je saurai…
  • Additionner et multiplier des matrices (2×2 et 3×3)
  • Calculer le déterminant et l’inverse d’une matrice 2×2
  • Calculer des puissances \(A^n\) (récurrence, diagonalisation)
  • Résoudre un système linéaire par matrice inverse

Maths Expertes · Math@mine

Sommaire
6.1.  Définitions et notations 6.2.  Opérations sur les matrices 6.3.  Matrice inverse 6.4.  Systèmes linéaires et écriture matricielle 6.5.  Transformations du plan en écriture matricielle 6.6.  Hors programme — Valeurs propres et diagonalisation 6.7.  Activités Python 📋 Bilan — Formules essentielles ⚠️ Pièges et contre-exemples

Production industrielle et matrices

Deux usines A et B produisent des vis (V) et des écrous (E) : A produit 200 V et 150 E par jour, B produit 300 V et 100 E par jour. On peut encoder ces données dans une matrice de production.

En 5 jours d’activité pour A et 3 jours pour B, quelle est la production totale de vis et d’écrous ? Comment le produit matriciel capture-t-il cette situation ?

Du Jiuzhang Suanshu à Cayley

Le Jiuzhang Suanshu (« Neuf chapitres sur l’art mathématique », Ier siècle av. J.-C., Chine) utilise des tableaux rectangulaires de nombres pour résoudre des systèmes d’équations linéaires par une méthode équivalente au pivot de Gauss — mille ans avant Gauss. Al-Karaji (Xe siècle) développe l’arithmétique des polynômes sous forme tabulaire.

Arthur Cayley (XIXe siècle) fonde la théorie formelle des matrices, définit le produit matriciel et démontre les premières propriétés algébriques (associativité, non-commutativité).

📜 Euler et Markov : des ponts aux matrices de transition → 📜 Al-Karaji et Fibonacci : la Suite du Monde →

Puissances d’une matrice et non-commutativité

Soit \(A = \begin{pmatrix} 1 & 1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}\) et \(B = \begin{pmatrix} 0 & 1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}\).

Calculer \(A^2\), \(A^3\), puis \(AB\) et \(BA\). Que constatez-vous ? Peut-on développer \((A+B)^2 = A^2 + 2AB + B^2\) comme avec les nombres ?

→ Solution complète en fin de chapitre

6.1.  Définitions et notations

Définition — Matrice

Une matrice \(A\) de taille \(n \times p\) (ou \(n\) lignes et \(p\) colonnes) est un tableau rectangulaire de nombres réels (ou complexes) :

\[A = \begin{pmatrix} a_{11} & a_{12} & \cdots & a_{1p} \\ a_{21} & a_{22} & \cdots & a_{2p} \\ \vdots & \vdots & \ddots & \vdots \\ a_{n1} & a_{n2} & \cdots & a_{np} \end{pmatrix}\]

Le coefficient \(a_{ij}\) est l’entrée à la ligne \(i\) et colonne \(j\). On note \(A = (a_{ij})\).

Cas particuliers importants
  • Matrice carrée d’ordre \(n\) : \(n\) lignes et \(n\) colonnes.
  • Matrice nulle \(O\) : tous les coefficients sont nuls.
  • Matrice identité \(I_n\) : matrice carrée d’ordre \(n\) avec \(1\) sur la diagonale, \(0\) ailleurs.
  • Matrice colonne (\(n \times 1\)) et matrice ligne (\(1 \times p\)).
  • Matrice diagonale : nulle en dehors de la diagonale principale.
Exemples

\(A = \begin{pmatrix}1 & 2 & 3\\4 & 5 & 6\end{pmatrix}\) est de taille \(2\times 3\). \(\quad I_2 = \begin{pmatrix}1&0\\0&1\end{pmatrix}\). \(\quad O_2 = \begin{pmatrix}0&0\\0&0\end{pmatrix}\).

6.2.  Opérations sur les matrices

Addition et multiplication par un scalaire

Addition et multiplication scalaire

Pour deux matrices \(A\) et \(B\) de même taille \(n\times p\), et \(\lambda \in \mathbb{R}\), on définit l'addition et la multiplication par un scalaire :

\[(A+B)_{ij} = a_{ij}+b_{ij} \qquad (\lambda A)_{ij} = \lambda a_{ij}\]

Produit matriciel

Produit de matrices

Si \(A\) est de taille \(n\times p\) et \(B\) de taille \(p\times q\), alors le produit matriciel \(AB\) est de taille \(n\times q\) :

\[(AB)_{ij} = \sum_{k=1}^{p} a_{ik}\,b_{kj}\]

C’est le produit «ligne par colonne» : la case \((i,j)\) est le produit scalaire de la \(i\)-ème ligne de \(A\) avec la \(j\)-ème colonne de \(B\).

Non-commutativité

En général \(AB \neq BA\) — même si les deux produits sont définis. C’est la différence fondamentale avec la multiplication des nombres.

Exemple de produit 2×2

\(\begin{pmatrix}1&2\\3&4\end{pmatrix}\begin{pmatrix}5&6\\7&8\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}1\cdot5+2\cdot7 & 1\cdot6+2\cdot8\\3\cdot5+4\cdot7 & 3\cdot6+4\cdot8\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}19&22\\43&50\end{pmatrix}\)

Propriétés du produit
  • Associativité : \((AB)C = A(BC)\)
  • Distributivité : \(A(B+C) = AB + AC\)
  • Matrice identité : \(AI_p = A\) et \(I_n A = A\)
  • Non-commutativité : en général \(AB \neq BA\)
  • \(AB = O\) n’implique pas \(A=O\) ou \(B=O\) !
Démonstration (ou contre-exemples)

Associativité et distributivité. Elles s’obtiennent en écrivant chaque coefficient comme une somme : pour des matrices \(A \in \mathcal{M}_{n,p}\), \(B \in \mathcal{M}_{p,q}\), \(C \in \mathcal{M}_{q,r}\), le coefficient de ligne \(i\), colonne \(\ell\) du produit \((AB)C\) vaut :

\(\displaystyle \sum_{k=1}^{q}\left(\sum_{j=1}^{p} a_{ij}b_{jk}\right)c_{k\ell} = \sum_{j,k} a_{ij}b_{jk}c_{k\ell}\)

Le même calcul effectué pour \(A(BC)\) donne la même double somme (on peut intervertir l’ordre des deux sommes finies). D’où \((AB)C = A(BC)\). La distributivité se démontre de façon analogue (on admet ces deux résultats par la suite).

Matrice identité. Le coefficient \((i,j)\) de \(AI_p\) vaut \(\sum_{k} a_{ik}\delta_{kj} = a_{ij}\) (où \(\delta_{kj} = 1\) si \(k=j\), \(0\) sinon), donc \(AI_p = A\).

Non-commutativité — contre-exemple. Prenons \(A = \begin{pmatrix}0&1\\0&0\end{pmatrix}\) et \(B = \begin{pmatrix}0&0\\1&0\end{pmatrix}\). Alors :

\(AB = \begin{pmatrix}1&0\\0&0\end{pmatrix} \quad\text{et}\quad BA = \begin{pmatrix}0&0\\0&1\end{pmatrix}\)

Donc \(AB \neq BA\). La multiplication matricielle n’est pas commutative en général.

Diviseurs de zéro — contre-exemple. Avec les deux mêmes matrices \(A\) et \(B\) non nulles, on peut aussi construire \(A^2 = \begin{pmatrix}0&1\\0&0\end{pmatrix}\begin{pmatrix}0&1\\0&0\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}0&0\\0&0\end{pmatrix} = O\) : une matrice non nulle peut avoir un carré nul. En particulier \(AB = O\) ne force ni \(A = O\) ni \(B = O\). ∎

Puissances d’une matrice carrée

Puissances

La puissance d’une matrice carrée \(A\) pour \(n \in \mathbb{N}\) est définie par : \(A^0 = I\), \(A^1 = A\), \(A^n = A^{n-1} \cdot A\).

On peut aussi définir \(A^{-n} = (A^{-1})^n\) si \(A\) est inversible.

Calcul de \(A^n\) pour une matrice diagonale

Si \(D = \begin{pmatrix}\lambda_1&0\\0&\lambda_2\end{pmatrix}\), alors \(D^n = \begin{pmatrix}\lambda_1^n&0\\0&\lambda_2^n\end{pmatrix}\). Les puissances de matrices diagonales sont immédiates.

6.3.  Matrice inverse

Définition — Matrice inversible

Une matrice carrée \(A\) est inversible s’il existe une matrice \(A^{-1}\) telle que :

\[A \cdot A^{-1} = A^{-1} \cdot A = I\]

Inverse d’une matrice 2×2

Pour \(A = \begin{pmatrix}a&b\\c&d\end{pmatrix}\), on définit le déterminant \(\det(A) = ad - bc\).

Si \(\det(A) \neq 0\), alors \(A\) est inversible et :

\[A^{-1} = \frac{1}{ad-bc}\begin{pmatrix}d&-b\\-c&a\end{pmatrix}\]

Si \(\det(A) = 0\), \(A\) n’est pas inversible.

Démonstration

Si \(\det(A) = ad - bc \neq 0\), posons \(B = \dfrac{1}{ad-bc}\begin{pmatrix}d&-b\\-c&a\end{pmatrix}\). On calcule :

\(AB = \dfrac{1}{ad-bc}\begin{pmatrix}a&b\\c&d\end{pmatrix}\begin{pmatrix}d&-b\\-c&a\end{pmatrix} = \dfrac{1}{ad-bc}\begin{pmatrix}ad-bc&0\\0&ad-bc\end{pmatrix} = I\)

Un calcul analogue donne \(BA = I\). Donc \(A\) est inversible et \(A^{-1} = B\).

Si \(\det(A) = 0\), supposons par l’absurde que \(A\) est inversible, d’inverse \(A^{-1}\). Considérons le vecteur \(X = \begin{pmatrix}-b\\a\end{pmatrix}\) (ou \(\begin{pmatrix}d\\-c\end{pmatrix}\) si \(a=b=0\)). Alors :

\(AX = \begin{pmatrix}a&b\\c&d\end{pmatrix}\begin{pmatrix}-b\\a\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}-ab+ab\\-bc+ad\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}0\\ad-bc\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}0\\0\end{pmatrix}\)

Or \(X \neq 0\) (sinon \(a=b=0\) et on traite l’autre cas). Multiplier par \(A^{-1}\) donnerait \(X = A^{-1}\cdot 0 = 0\), contradiction. Donc \(A\) n’est pas inversible. ∎

Exemple

\(A = \begin{pmatrix}2&3\\1&2\end{pmatrix}\) : \(\det(A) = 4-3 = 1\). Donc \(A^{-1} = \begin{pmatrix}2&-3\\-1&2\end{pmatrix}\).

Vérification : \(\begin{pmatrix}2&3\\1&2\end{pmatrix}\begin{pmatrix}2&-3\\-1&2\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}1&0\\0&1\end{pmatrix}\) ✓

Propriété — Déterminant d’un produit

Pour toutes matrices \(A, B \in \mathcal{M}_2(\mathbb{R})\) :

\[\det(AB) = \det(A) \cdot \det(B)\]

En conséquence : si \(A\) est inversible, \(\det(A^{-1}) = 1/\det(A)\) (en prenant \(B = A^{-1}\) et \(\det(I) = 1\)).

Démonstration (cas 2×2)

Posons \(A = \begin{pmatrix}a&b\\c&d\end{pmatrix}\) et \(B = \begin{pmatrix}e&f\\g&h\end{pmatrix}\). Alors :

\(AB = \begin{pmatrix}ae+bg & af+bh \\ ce+dg & cf+dh\end{pmatrix}\)

On calcule \(\det(AB) = (ae+bg)(cf+dh) - (af+bh)(ce+dg)\).

En développant : \(= aecf + aedh + bgcf + bgdh - afce - afdg - bhce - bhdg\).

Les termes \(aecf\) et \(afce\) s’annulent, de même \(bgdh\) et \(bhdg\). Il reste :

\(aedh + bgcf - afdg - bhce = (ad-bc)(eh-fg) = \det(A)\cdot\det(B)\). ∎

Matrices \(3 \times 3\) et au-delà

Pour une matrice \(3 \times 3\), on utilise la méthode du pivot de Gauss (résoudre \(AX = I\) colonne par colonne) ou on ramène l’inversion à la résolution d’un système linéaire \(AX = B\). Cette démarche est utilisée en §6.4 sur les systèmes linéaires.

Le déterminant d’une matrice \(3 \times 3\) se calcule par la règle de Sarrus ou un développement par ligne/colonne ; son expression explicite et les formules générales d’inversion (via la comatrice) ne sont pas exigibles au programme de Maths Expertes, mais la caractérisation « \(A\) inversible \(\iff\) le système \(AX = 0\) admet pour seule solution \(X = 0\) » reste valide.

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6.4.  Systèmes linéaires et écriture matricielle

Écriture matricielle d’un système

Le système \(\begin{cases}ax+by=e\\cx+dy=f\end{cases}\) s’écrit \(AX = B\) avec :

\[A = \begin{pmatrix}a&b\\c&d\end{pmatrix}, \quad X = \begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}, \quad B = \begin{pmatrix}e\\f\end{pmatrix}\]

Si \(A\) est inversible : \(X = A^{-1}B\).

Démonstration

Équivalence système ↔ équation matricielle. Calculons le produit \(AX\) :

\(AX = \begin{pmatrix}a&b\\c&d\end{pmatrix}\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}ax+by\\cx+dy\end{pmatrix}.\)

L’égalité \(AX = B\) se traduit coefficient par coefficient : \(ax+by = e\) et \(cx+dy = f\) — exactement le système de départ.

Résolution lorsque \(A\) est inversible. On multiplie \(AX = B\) à gauche par \(A^{-1}\) :

\(A^{-1}(AX) = A^{-1}B \Rightarrow (A^{-1}A)X = A^{-1}B \Rightarrow IX = A^{-1}B \Rightarrow X = A^{-1}B.\)

Le système admet alors une unique solution : \(\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix} = A^{-1}B\). ∎

Exemple — Résolution par matrice inverse

Résoudre \(\begin{cases}2x+3y=7\\x+2y=4\end{cases}\).



\(A = \begin{pmatrix}2&3\\1&2\end{pmatrix}\), \(A^{-1} = \begin{pmatrix}2&-3\\-1&2\end{pmatrix}\), \(B = \begin{pmatrix}7\\4\end{pmatrix}\).

\(X = A^{-1}B = \begin{pmatrix}2&-3\\-1&2\end{pmatrix}\begin{pmatrix}7\\4\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}14-12\\-7+8\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}2\\1\end{pmatrix}\).

Solution : \(x=2\), \(y=1\).

6.5.  Transformations du plan en écriture matricielle

Les transformations linéaires du plan (rotations, homothéties, symétries) s’expriment comme des multiplications matricielles. Si \(M\) a pour coordonnées \((x, y)\), son image \(M'\) de coordonnées \((x', y')\) vérifie :

\[\begin{pmatrix}x'\\y'\end{pmatrix} = A\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}\]

Matrices des transformations usuelles
  • Rotation d’angle \(\theta\) (centre O) : \(R_\theta = \begin{pmatrix}\cos\theta&-\sin\theta\\\sin\theta&\cos\theta\end{pmatrix}\)
  • Homothétie de rapport \(k\) (centre O) : \(H_k = \begin{pmatrix}k&0\\0&k\end{pmatrix} = kI\)
  • Symétrie par rapport à l’axe \(x\) : \(S_x = \begin{pmatrix}1&0\\0&-1\end{pmatrix}\)
  • Symétrie par rapport à l’axe \(y\) : \(S_y = \begin{pmatrix}-1&0\\0&1\end{pmatrix}\)
  • Symétrie par rapport à \(y=x\) : \(S_{d} = \begin{pmatrix}0&1\\1&0\end{pmatrix}\)
  • Projection orthogonale sur \(Ox\) : \(P_x = \begin{pmatrix}1&0\\0&0\end{pmatrix}\)
Démonstration — origines de chaque matrice

Méthode générale. Une transformation linéaire \(f\) du plan est entièrement déterminée par les images des deux vecteurs de base \(\vec{i} = \begin{pmatrix}1\\0\end{pmatrix}\) et \(\vec{j} = \begin{pmatrix}0\\1\end{pmatrix}\). Si \(f(\vec{i}) = \begin{pmatrix}a\\c\end{pmatrix}\) et \(f(\vec{j}) = \begin{pmatrix}b\\d\end{pmatrix}\), alors la matrice de \(f\) est \(\begin{pmatrix}a&b\\c&d\end{pmatrix}\).

Rotation \(R_\theta\). Par définition du cosinus et du sinus sur le cercle trigonométrique :

\(R_\theta(\vec{i}) = \begin{pmatrix}\cos\theta\\\sin\theta\end{pmatrix},\qquad R_\theta(\vec{j}) = \begin{pmatrix}\cos(\theta+\pi/2)\\\sin(\theta+\pi/2)\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}-\sin\theta\\\cos\theta\end{pmatrix}\)

D’où \(R_\theta = \begin{pmatrix}\cos\theta&-\sin\theta\\\sin\theta&\cos\theta\end{pmatrix}\).

Homothétie \(H_k\). \(H_k(\vec{i}) = k\vec{i} = \begin{pmatrix}k\\0\end{pmatrix}\) et \(H_k(\vec{j}) = k\vec{j} = \begin{pmatrix}0\\k\end{pmatrix}\). D’où \(H_k = kI\).

Symétrie \(S_x\) (axe \(Ox\)). \(S_x(\vec{i}) = \vec{i}\) (point sur l’axe, fixe), \(S_x(\vec{j}) = -\vec{j}\). D’où la matrice \(\begin{pmatrix}1&0\\0&-1\end{pmatrix}\). Analogue pour \(S_y\).

Symétrie \(S_d\) (droite \(y=x\)). La symétrie échange les coordonnées : \(S_d(\vec{i}) = \vec{j}\), \(S_d(\vec{j}) = \vec{i}\). D’où \(\begin{pmatrix}0&1\\1&0\end{pmatrix}\).

Projection \(P_x\) sur \(Ox\). \(P_x(\vec{i}) = \vec{i}\), \(P_x(\vec{j}) = \vec{0}\). D’où \(\begin{pmatrix}1&0\\0&0\end{pmatrix}\). ∎

Lien avec les complexes (Ch5)

La multiplication par \(e^{i\theta} = \cos\theta + i\sin\theta\) dans \(\mathbb{C}\) correspond exactement à la multiplication par \(R_\theta\) dans \(\mathbb{R}^2\) :

\[(x+iy) \times e^{i\theta} \longleftrightarrow R_\theta\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}\]

Les deux formalismes — complexes et matrices — décrivent les mêmes rotations du plan.

Exemple — Rotation de π/2

\(R_{\pi/2} = \begin{pmatrix}0&-1\\1&0\end{pmatrix}\). Image de \(A(3, 1)\) :

\(\begin{pmatrix}0&-1\\1&0\end{pmatrix}\begin{pmatrix}3\\1\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}-1\\3\end{pmatrix}\). Donc \(A'(-1, 3)\).

Vérification complexe : \(i(3+i) = 3i+i^2 = -1+3i\) — même résultat ✓

Composée de transformations

La composée de la transformation de matrice \(A\) suivie de celle de matrice \(B\) a pour matrice \(BA\) (attention à l’ordre !).

\(R_\alpha \circ R_\beta = R_{\alpha+\beta}\) se traduit par \(R_\alpha \cdot R_\beta = R_{\alpha+\beta}\) — on peut le vérifier par le calcul matriciel et les formules d’addition.

Démonstration

Composée = produit de matrices. Soient \(f\) et \(g\) deux transformations linéaires du plan, de matrices respectives \(A\) et \(B\). Pour tout vecteur \(X \in \mathbb{R}^2\) :

\((g \circ f)(X) = g(f(X)) = g(AX) = B(AX) = (BA)X\)

où l’avant-dernière égalité utilise l’associativité du produit matriciel. Donc la composée \(g \circ f\) a pour matrice \(BA\) — et non \(AB\) : la matrice de la première transformation apparaît à droite.

Composée de deux rotations. Calculons directement \(R_\alpha \cdot R_\beta\) :

\(R_\alpha R_\beta = \begin{pmatrix}\cos\alpha&-\sin\alpha\\\sin\alpha&\cos\alpha\end{pmatrix}\begin{pmatrix}\cos\beta&-\sin\beta\\\sin\beta&\cos\beta\end{pmatrix}\)

Coefficient \((1,1)\) : \(\cos\alpha\cos\beta - \sin\alpha\sin\beta = \cos(\alpha+\beta)\).

Coefficient \((1,2)\) : \(-\cos\alpha\sin\beta - \sin\alpha\cos\beta = -(\sin\alpha\cos\beta + \cos\alpha\sin\beta) = -\sin(\alpha+\beta)\).

Coefficient \((2,1)\) : \(\sin\alpha\cos\beta + \cos\alpha\sin\beta = \sin(\alpha+\beta)\).

Coefficient \((2,2)\) : \(-\sin\alpha\sin\beta + \cos\alpha\cos\beta = \cos(\alpha+\beta)\).

D’où :

\(R_\alpha R_\beta = \begin{pmatrix}\cos(\alpha+\beta)&-\sin(\alpha+\beta)\\\sin(\alpha+\beta)&\cos(\alpha+\beta)\end{pmatrix} = R_{\alpha+\beta}\)

On retrouve l’intuition géométrique : composer deux rotations de centre \(O\) donne une rotation d’angle la somme. ∎

6.6.  Hors programme — Valeurs propres et diagonalisation

Cette section n’est pas au programme obligatoire. Elle prépare aux classes préparatoires.

Afficher — Valeurs propres, diagonalisation et Fibonacci

La diagonalisation est une des techniques les plus puissantes de l’algèbre linéaire. Elle permet de calculer facilement les puissances d’une matrice — avec des applications en suites, en chaînes de Markov (Ch7), et bien au-delà.

Valeurs propres et vecteurs propres

Définition

Soit \(A\) une matrice carrée d’ordre \(n\). Un scalaire \(\lambda\) est une valeur propre de \(A\) s’il existe un vecteur non nul \(X\) tel que :

\[AX = \lambda X\]

Le vecteur \(X\) est alors appelé vecteur propre associé à \(\lambda\).

Méthode — Trouver les valeurs propres d’une matrice 2×2
  1. Former le polynôme caractéristique : \(\chi_A(\lambda) = \det(A - \lambda I)\)
  2. Pour \(A = \begin{pmatrix}a&b\\c&d\end{pmatrix}\) : \(\chi_A(\lambda) = (a-\lambda)(d-\lambda)-bc = \lambda^2-(a+d)\lambda+(ad-bc)\)
  3. Résoudre \(\chi_A(\lambda) = 0\) dans \(\mathbb{R}\) (ou \(\mathbb{C}\)).
  4. Pour chaque valeur propre \(\lambda_i\), résoudre \((A-\lambda_i I)X = 0\) pour trouver les vecteurs propres.
Exemple — Diagonalisation de \(A = \begin{pmatrix}3&1\\1&3\end{pmatrix}\)

Polynôme caractéristique :

\(\chi_A(\lambda) = (3-\lambda)^2 - 1 = \lambda^2 - 6\lambda + 8 = (\lambda-2)(\lambda-4)\)

Valeurs propres : \(\lambda_1 = 2\) et \(\lambda_2 = 4\).

Vecteurs propres pour \(\lambda_1 = 2\) :

\((A-2I)X = \begin{pmatrix}1&1\\1&1\end{pmatrix}\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix} = 0 \Rightarrow x+y=0\). Vecteur propre : \(V_1 = \begin{pmatrix}1\\-1\end{pmatrix}\).

Vecteurs propres pour \(\lambda_2 = 4\) :

\((A-4I)X = \begin{pmatrix}-1&1\\1&-1\end{pmatrix}\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix} = 0 \Rightarrow y=x\). Vecteur propre : \(V_2 = \begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix}\).

Matrice de passage et diagonalisation :

On forme \(P = \begin{pmatrix}1&1\\-1&1\end{pmatrix}\) (colonnes = vecteurs propres) et \(D = \begin{pmatrix}2&0\\0&4\end{pmatrix}\).

Alors \(A = PDP^{-1}\), d’où \(A^n = PD^nP^{-1} = P\begin{pmatrix}2^n&0\\0&4^n\end{pmatrix}P^{-1}\).

Méthode — Calculer \(A^n\) par diagonalisation
  1. Diagonaliser \(A = PDP^{-1}\).
  2. Calculer \(P^{-1}\) (formule de l’inverse 2×2).
  3. \(A^n = P D^n P^{-1}\) où \(D^n = \begin{pmatrix}\lambda_1^n&0\\0&\lambda_2^n\end{pmatrix}\).
  4. Multiplier les trois matrices pour obtenir la formule explicite.

Application — Suite de Fibonacci par les matrices

La suite de Fibonacci est définie par \(F_0=0\), \(F_1=1\) et \(F_{n+2}=F_{n+1}+F_n\). On peut l’exprimer matriciellement :

\[\begin{pmatrix}F_{n+1}\\F_n\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}1&1\\1&0\end{pmatrix}^n \begin{pmatrix}1\\0\end{pmatrix}\]

La matrice \(M = \begin{pmatrix}1&1\\1&0\end{pmatrix}\) s’appelle matrice de Fibonacci. Ses valeurs propres sont \(\varphi = \frac{1+\sqrt{5}}{2}\) (nombre d’or) et \(\hat{\varphi} = \frac{1-\sqrt{5}}{2}\).

En diagonalisant \(M\), on obtient la formule de Binet :

\[\boxed{F_n = \frac{\varphi^n - \hat{\varphi}^n}{\sqrt{5}} = \frac{1}{\sqrt{5}}\left[\left(\frac{1+\sqrt{5}}{2}\right)^n - \left(\frac{1-\sqrt{5}}{2}\right)^n\right]}\]

Remarquable : une formule explicite pour \(F_n\), faisant intervenir des irrationnels, qui donne toujours un entier !

6.7.  Activités Python

Chargement de Python (Pyodide)…

Activité 1 — Opérations matricielles en Python pur

On représente les matrices par des listes de listes. Programmer les fonctions suivantes :

  1. mat_add(A, B) : renvoie la somme \(A + B\)
  2. mat_scale(c, A) : renvoie le produit scalaire \(cA\)
  3. mat_mul(A, B) : renvoie le produit matriciel \(AB\)

Tester avec \(A = \begin{pmatrix} 1 & 2 \\ 3 & 4 \end{pmatrix}\) et \(B = \begin{pmatrix} 5 & 6 \\ 7 & 8 \end{pmatrix}\). Vérifier que \(AB \neq BA\).

Rappel Python : [[A[i][j] for j in range(m)] for i in range(n)] crée une matrice par compréhension. sum(...) fait la somme d’un itérable.

Voir la solution
Activité 2 — Inverse et résolution de système

Résoudre le système \(\begin{cases} 2x + 3y = 7 \\ x + 2y = 4 \end{cases}\) par la méthode \(X = A^{-1}B\). Programmer :

  1. det2(A) : renvoie le déterminant \(ad - bc\) d’une matrice \(2 \times 2\)
  2. inv2(A) : renvoie l’inverse \(\dfrac{1}{\det(A)}\begin{pmatrix} d & -b \\ -c & a \end{pmatrix}\)
  3. Calculer \(X = A^{-1}B\) et vérifier que \(AX = B\)

Rappel : une matrice \(2 \times 2\) est inversible si et seulement si son déterminant est non nul. Le vecteur colonne \(B\) se représente [[7], [4]].

Voir la solution
Activité 3 — Matrices de rotation et transformations

Écrire une fonction rotation_matrix(theta) qui renvoie la matrice \(R(\theta) = \begin{pmatrix} \cos\theta & -\sin\theta \\ \sin\theta & \cos\theta \end{pmatrix}\), puis :

  1. Appliquer la rotation de \(60°\) au point \(A(3, 1)\) par le produit \(R \cdot \begin{pmatrix}3\\1\end{pmatrix}\)
  2. Vérifier le résultat en utilisant la multiplication complexe : \(e^{i\pi/3} \times (3+i)\)
  3. Vérifier que \(R(\pi/6) \times R(\pi/3) = R(\pi/2)\) (composée de rotations)

Rappel Python : math.cos(theta), math.sin(theta) pour les fonctions trigonométriques. cmath.exp(1j*theta) pour \(e^{i\theta}\).

Voir la solution
Activité 4 — Valeurs propres et diagonalisation

On considère \(A = \begin{pmatrix} 3 & 1 \\ 1 & 3 \end{pmatrix}\). Écrire une fonction eigen2(A) qui calcule les valeurs propres et vecteurs propres d’une matrice \(2 \times 2\), puis :

  1. Trouver les valeurs propres \(\lambda_1, \lambda_2\) via le polynôme caractéristique \(\lambda^2 - \text{tr}(A)\lambda + \det(A) = 0\)
  2. Déterminer un vecteur propre pour chaque valeur propre en résolvant \((A - \lambda I)v = 0\)
  3. Construire \(P\) (matrice de passage) et \(D = \text{diag}(\lambda_1, \lambda_2)\), puis vérifier que \(A = PDP^{-1}\)
  4. En déduire \(A^{10}\) par la formule \(A^n = PD^nP^{-1}\)

Rappel : le discriminant du polynôme caractéristique est \(\Delta = \text{tr}(A)^2 - 4\det(A)\). Les colonnes de \(P\) sont les vecteurs propres.

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Activité 5 — Suite de Fibonacci par les matrices et formule de Binet

Calculer le \(n\)-ième nombre de Fibonacci \(F_n\) de trois manières différentes et comparer les résultats :

  1. fib_recursif(n) : par la récurrence \(F_0=0\), \(F_1=1\), \(F_{n+1}=F_n+F_{n-1}\) (boucle for)
  2. fib_matrice(n) : en utilisant \(\begin{pmatrix}1&1\\1&0\end{pmatrix}^n\) dont le coefficient \((0,1)\) donne \(F_n\)
  3. fib_binet(n) : par la formule de Binet \(F_n = \dfrac{\varphi^n - \hat\varphi^n}{\sqrt{5}}\) avec \(\varphi = \dfrac{1+\sqrt{5}}{2}\)

Afficher les trois valeurs pour \(n = 0, \ldots, 14\) et vérifier qu’elles coincident.

Rappel Python : math.sqrt(5) pour \(\sqrt{5}\). round(x) arrondit au plus proche (utile pour Binet car les flottants introduisent de petites erreurs).

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Visualisation pas a pas : suite de Fibonacci

Observe le calcul iteratif de F8 par la recurrence a, b = b, a+b.

Bilan — Formules essentielles

NotionDéfinition / FormulePiège à éviter
Matrice \(2 \times 2\)\(A = \begin{pmatrix} a & b \\ c & d \end{pmatrix}\)Ligne puis colonne : \(a_{ij}\) = ligne \(i\), colonne \(j\)
Produit\((AB)_{ij} = \displaystyle\sum_k a_{ik} b_{kj}\)\(AB \neq BA\) en général
Déterminant\(\det(A) = ad - bc\)Attention à l’ordre : \(ad - bc\), pas \(ac - bd\)
Inverse\(A^{-1} = \dfrac{1}{\det(A)} \begin{pmatrix} d & -b \\ -c & a \end{pmatrix}\)Existe ssi \(\det(A) \neq 0\)
PuissancesDiagonalisation ou récurrenceNe pas confondre \(A^n\) et \((a_{ij})^n\)
Solution de l’énigme — Puissances d’une matrice et non-commutativité

\(A^2 = \begin{pmatrix}1&2\\0&1\end{pmatrix}\), \(A^3 = \begin{pmatrix}1&3\\0&1\end{pmatrix}\) — on devine \(A^n = \begin{pmatrix}1&n\\0&1\end{pmatrix}\).

\(AB = \begin{pmatrix}1&1\\1&0\end{pmatrix}\) mais \(BA = \begin{pmatrix}0&1\\1&1\end{pmatrix}\). Donc \(AB \neq BA\) : le produit matriciel n’est pas commutatif.

Conséquence : \((A+B)^2 = A^2 + AB + BA + B^2 \neq A^2 + 2AB + B^2\) car \(AB \neq BA\). Les identités remarquables ne fonctionnent pas avec les matrices !

Pièges et contre-exemples

Matrices : teste d’abord ton intuition, puis lis l’explication.

Score : 0 / 6 pièges identifiés
1 Produit terme à terme

« Le produit de deux matrices se calcule en multipliant les coefficients qui sont à la même position. »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Le produit matriciel se calcule ligne par colonne : \((AB)_{ij} = \sum_k a_{ik} b_{kj}\). Ce n’est PAS le produit terme à terme (qui s’appelle produit de Hadamard et n’est presque jamais utilisé en maths).

Ligne de A × Colonne de B, puis on somme. C’est la règle fondamentale.

Mini-test : \(\begin{pmatrix}1&2\\3&4\end{pmatrix}\begin{pmatrix}0&1\\1&0\end{pmatrix}\) donne :

Voir section 2 — Produit matriciel

2 AB = BA

« Le produit matriciel est commutatif : \(AB = BA\) pour toutes matrices \(A\) et \(B\). »

Cette affirmation est-elle vraie ?

Explication

En général, \(AB \neq BA\). C’est une différence fondamentale avec les nombres réels.

Contre-exemple : \(A = \begin{pmatrix}1&1\\0&1\end{pmatrix}\), \(B = \begin{pmatrix}0&1\\1&0\end{pmatrix}\). \(AB = \begin{pmatrix}1&1\\1&0\end{pmatrix}\) mais \(BA = \begin{pmatrix}0&1\\1&1\end{pmatrix}\).

Conséquence : \((A+B)^2 \neq A^2 + 2AB + B^2\) en général !

Les identités remarquables ne fonctionnent PAS avec les matrices.

Mini-test : peut-on simplifier \((A-B)(A+B)\) en \(A^2 - B^2\) ?

Voir section 2 — Remarque sur la commutativité

3 AB = O implique A = O ou B = O

« Si \(AB = O\) (matrice nulle), alors \(A = O\) ou \(B = O\). »

Cette affirmation est-elle vraie ?

Explication

Contrairement aux nombres réels, le produit de deux matrices non nulles peut donner la matrice nulle.

Contre-exemple : \(\begin{pmatrix}1&0\\0&0\end{pmatrix}\begin{pmatrix}0&0\\0&1\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}0&0\\0&0\end{pmatrix}\).

L’anneau des matrices n’est pas intègre : il a des « diviseurs de zéro ».

Mini-test : si \(A^2 = O\), peut-on conclure que \(A = O\) ?

4 Toute matrice est inversible

« Toute matrice carrée admet un inverse. »

Cette affirmation est-elle vraie ?

Explication

Une matrice carrée est inversible si et seulement si son déterminant est non nul : \(\det(A) \neq 0\).

Exemple : \(A = \begin{pmatrix}1&2\\2&4\end{pmatrix}\) a \(\det(A) = 4-4 = 0\) → non inversible.

Toujours vérifier \(\det(A) \neq 0\) avant de calculer \(A^{-1}\).

Mini-test : \(A = \begin{pmatrix}3&6\\1&2\end{pmatrix}\). Est-elle inversible ?

Voir section 3 — Matrice inverse

5 Simplification par A

« Si \(AB = AC\), alors \(B = C\). »

Peut-on toujours « simplifier par A » ?

Explication

On ne peut simplifier que si \(A\) est inversible. Si \(\det(A) = 0\), on ne peut pas conclure \(B = C\).

\(AB = AC \Rightarrow A(B-C) = O\). Si \(A\) n’est pas inversible, \(B-C\) peut être non nul (diviseur de zéro).

On ne « divise » jamais par une matrice. On multiplie par l’inverse — s’il existe.

Mini-test : \(A\) inversible et \(AB = AC\). Alors :

6 Produit matriciel associatif

« Le produit matriciel est associatif : \((AB)C = A(BC)\). »

Cette propriété est-elle vraie ?

Explication

C’est vrai ! Le produit matriciel est associatif mais pas commutatif. Ce sont deux propriétés indépendantes.

Associatif : \((AB)C = A(BC)\) — on peut grouper comme on veut. Utile pour \(A^n = A \cdot A \cdots A\).

Ne pas confondre avec la commutativité (\(AB = BA\)) qui, elle, est fausse en général.

Associatif = OUI. Commutatif = NON. Ce sont deux choses différentes !

Mini-test : pour calculer \(A^4\), on peut faire :

← Chapitre 5 ✏️ Exercices Chapitre 7 — Graphes →
➡️ Pour la suite
Ch. 7 — Graphes et chaînes de Markov — Application phare : les puissances de matrices comptent les chemins dans un graphe et modélisent l’évolution des chaînes de Markov.

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