Math@mine / Complémentaires / Ch1

Chapitre 1 — Suites numériques

📋 Prérequis & 🎯 Objectifs du chapitre déplier
📋 Prérequis
  • 1re Spé — suites arithmétiques, géométriques, monotonie
🎯 Objectifs — à la fin du chapitre, je saurai…
  • Initier le raisonnement par récurrence
  • Déterminer le sens de variation d'une suite
  • Calculer une limite (finie, infinie) et reconnaître un comportement asymptotique
  • Approfondir les suites géométriques et arithmétiques

Terminale — Programme officiel (BO 2019) · Math@mine

Sommaire
1. Rappels : suites arithmétiques et géométriques 2. Sens de variation d’une suite 3. Suites majorees, minorees, bornees 4. Limite d’une suite 5. Théorème de convergence monotone 6. Suites et applications (emprunts, placements) Bilan — Formules essentielles Pieges et contre-exemples

Un placement bancaire sur 20 ans

Vous placez 5 000 euros sur un livret rapportant 3 % d’interets annuels composes. Chaque annee, le capital est multiplie par 1,03. Quel sera le capital au bout de 20 ans ?

Le capital forme une suite géométrique : \(C_n = 5000 \times 1{,}03^n\). Peut-on prevoir vers quelle valeur il tend ? Combien d’annees pour doubler la mise ?
→ Solution en section 6.

La suite de Fibonacci et le nombre d’or

En 1202, le mathematicien italien Leonardo Fibonacci publie le Liber Abaci dans lequel il pose un celebre problème de reproduction de lapins. La suite obtenue — 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21… — porte desormais son nom.

Une propriété remarquable : le rapport \(\frac{u_{n+1}}{u_n}\) tend vers le nombre d’or \(\varphi = \frac{1+\sqrt{5}}{2} \approx 1{,}618\), omnipresent dans la nature (spirales de tournesol, coquillages) et dans l’art (proportions du Parthenon).

La fourmi sur l’elastique

Une fourmi avance de 1 cm par seconde sur un elastique de 1 m. A la fin de chaque seconde, l’elastique est etire de 1 m supplementaire. La fourmi atteindra-t-elle un jour le bout de l’elastique ?

La fraction de l’elastique parcourue apres \(n\) secondes forme une suite. Converge-t-elle ?

→ Solution complète en fin de chapitre

1. Rappels : suites arithmétiques et géométriques

Definition — Suite arithmétique
Une suite \((u_n)\) est arithmétique de raison \(r\) si, pour tout entier naturel \(n\) : \[ u_{n+1} = u_n + r \] Son terme général est : \(u_n = u_0 + n \cdot r\).
Definition — Suite géométrique
Une suite \((u_n)\) est géométrique de raison \(q\) (avec \(q \neq 0\)) si, pour tout entier naturel \(n\) : \[ u_{n+1} = q \cdot u_n \] Son terme général est : \(u_n = u_0 \times q^n\).
Propriete — Sommes partielles
  • Suite arithmétique : \(\displaystyle \sum_{k=0}^{n} u_k = (n+1) \times \frac{u_0 + u_n}{2}\)
  • Suite géométrique (avec \(q \neq 1\)) : \(\displaystyle \sum_{k=0}^{n} u_k = u_0 \times \frac{1 - q^{n+1}}{1 - q}\)
Justification

Somme arithmétique. On ecrit la somme dans les deux sens :
\(S = u_0 + u_1 + \cdots + u_n\) et \(S = u_n + u_{n-1} + \cdots + u_0\).

En additionnant terme a terme : chaque paire vaut \(u_k + u_{n-k} = (u_0 + kr) + (u_0 + (n-k)r) = 2u_0 + nr = u_0 + u_n\). Il y a \(n+1\) paires, donc \(2S = (n+1)(u_0 + u_n)\).

Somme géométrique. On pose \(S = u_0(1 + q + q^2 + \cdots + q^n)\) et on calcule \(qS - S\) :

\(qS = u_0(q + q^2 + \cdots + q^{n+1})\), donc \(qS - S = u_0(q^{n+1} - 1)\), soit \(S(q - 1) = u_0(q^{n+1} - 1)\).

Comme \(q \neq 1\), on divise : \(S = u_0 \times \frac{1 - q^{n+1}}{1 - q}\).

Exemple

Soit \((u_n)\) arithmétique avec \(u_0 = 3\) et \(r = 5\). Alors \(u_{10} = 3 + 10 \times 5 = 53\).

Somme des 11 premiers termes : \(S = 11 \times \frac{3 + 53}{2} = 11 \times 28 = 308\).

Exemple

Soit \((v_n)\) géométrique avec \(v_0 = 2\) et \(q = 3\). Alors \(v_5 = 2 \times 3^5 = 486\).

Somme : \(\displaystyle \sum_{k=0}^{5} v_k = 2 \times \frac{1 - 3^6}{1 - 3} = 2 \times \frac{1 - 729}{-2} = 728\).

2. Sens de variation d’une suite

Definition — Suite croissante, décroissante
Soit \((u_n)\) une suite définie pour tout \(n \geq n_0\).
  • \((u_n)\) est croissante si pour tout \(n \geq n_0\), \(u_{n+1} \geq u_n\).
  • \((u_n)\) est décroissante si pour tout \(n \geq n_0\), \(u_{n+1} \leq u_n\).
  • \((u_n)\) est monotone si elle est croissante ou décroissante.
Méthode — Etudier le sens de variation
Méthode 1 : On calcule \(u_{n+1} - u_n\) et on etudie son signe.
Méthode 2 : Si tous les termes sont strictement positifs, on calcule \(\dfrac{u_{n+1}}{u_n}\) et on le compare a 1.
Méthode 3 : Si \(u_n = f(n)\), on etudie les variations de la fonction \(f\).
Exemple

Soit \(u_n = n^2 - 4n\). Calculons \(u_{n+1} - u_n\) :



\(u_{n+1} - u_n = (n+1)^2 - 4(n+1) - (n^2 - 4n) = 2n + 1 - 4 = 2n - 3\).

Pour \(n \geq 2\), on a \(2n - 3 \geq 1 > 0\) : la suite est strictement croissante a partir du rang 2.

Remarque
Une suite arithmétique de raison \(r > 0\) est strictement croissante. Une suite géométrique de raison \(q > 1\) et de premier terme positif est strictement croissante.

3. Suites majorees, minorees, bornees

Definition — Majorant, minorant
  • \((u_n)\) est majoree s’il existe un réel \(M\) tel que pour tout \(n\), \(u_n \leq M\). On dit que \(M\) est un majorant.
  • \((u_n)\) est minoree s’il existe un réel \(m\) tel que pour tout \(n\), \(u_n \geq m\). On dit que \(m\) est un minorant.
  • \((u_n)\) est bornee si elle est a la fois majoree et minoree.
Exemple

La suite \(u_n = \dfrac{n}{n+1}\) est minoree par 0 (car \(u_n > 0\) pour tout \(n \geq 0\)) et majoree par 1 (car \(\frac{n}{n+1} < 1\)). Elle est donc bornee.

Exemple

La suite \(v_n = (-1)^n\) prend alternativement les valeurs 1 et \(-1\). Elle est bornee (minoree par \(-1\), majoree par 1) mais elle n’est pas monotone.

Remarque
Une suite convergente est necessairement bornee. Attention : la reciproque est fausse (voir l’exemple de \((-1)^n\) ci-dessus).

4. Limite d’une suite

Definition — Convergence
On dit que la suite \((u_n)\) converge vers le réel \(\ell\) si les termes \(u_n\) se rapprochent aussi pres que l’on veut de \(\ell\) lorsque \(n\) devient suffisamment grand. On ecrit : \[ \lim_{n \to +\infty} u_n = \ell \] Plus precisement : pour tout intervalle ouvert contenant \(\ell\), tous les termes de la suite finissent par appartenir a cet intervalle.
Definition — Divergence vers \(+\infty\)
La suite \((u_n)\) diverge vers \(+\infty\) si, pour tout réel \(A\) aussi grand soit-il, tous les termes \(u_n\) finissent par depasser \(A\). On ecrit : \[ \lim_{n \to +\infty} u_n = +\infty \]
Théorème — Limites de reference
  • \(\displaystyle \lim_{n \to +\infty} \frac{1}{n} = 0\) et \(\displaystyle \lim_{n \to +\infty} \frac{1}{n^2} = 0\)
  • \(\displaystyle \lim_{n \to +\infty} n^k = +\infty\) pour tout entier \(k \geq 1\)
  • \(\displaystyle \lim_{n \to +\infty} \sqrt{n} = +\infty\)
  • Si \(|q| < 1\), \(\displaystyle \lim_{n \to +\infty} q^n = 0\). Si \(q > 1\), \(\displaystyle \lim_{n \to +\infty} q^n = +\infty\).
Justification

Ces résultats sont admis (justification intuitive). Par exemple, si \(|q| < 1\), multiplier repetitivement par \(q\) fait tendre le produit vers 0 : \(0{,}5^n\) vaut successivement \(0{,}5\), \(0{,}25\), \(0{,}125\), etc. Si \(q > 1\), chaque multiplication fait grandir le produit sans borne.

Théorème — Operations sur les limites
Si \(\displaystyle \lim u_n = \ell\) et \(\displaystyle \lim v_n = \ell'\), alors :
  • \(\displaystyle \lim (u_n + v_n) = \ell + \ell'\)
  • \(\displaystyle \lim (u_n \times v_n) = \ell \times \ell'\)
  • Si \(\ell' \neq 0\), \(\displaystyle \lim \frac{u_n}{v_n} = \frac{\ell}{\ell'}\)
Ces règles s’etendent aux cas ou les limites sont infinies (tableau des operations).
Justification

Ce résultat est admis (justification intuitive). Si \(u_n\) est aussi proche de \(\ell\) que l’on veut et \(v_n\) aussi proche de \(\ell'\) que l’on veut, alors \(u_n + v_n\) est aussi proche de \(\ell + \ell'\) que l’on veut. Le meme raisonnement s’adapte au produit et au quotient.

Remarque — Formes indeterminees
Certaines combinaisons ne permettent pas de conclure directement : \(+\infty - \infty\), \(0 \times \infty\), \(\frac{\infty}{\infty}\), \(\frac{0}{0}\). Il faut alors transformer l’expression (factoriser, simplifier…).
Exemple

Calculons \(\displaystyle \lim_{n \to +\infty} \frac{3n^2 + 1}{2n^2 - n}\).



On factorise par \(n^2\) : \(\dfrac{3n^2 + 1}{2n^2 - n} = \dfrac{3 + \frac{1}{n^2}}{2 - \frac{1}{n}}\).

Or \(\frac{1}{n^2} \to 0\) et \(\frac{1}{n} \to 0\), donc \(\displaystyle \lim_{n \to +\infty} \frac{3n^2 + 1}{2n^2 - n} = \frac{3}{2}\).

Théorème — Théorème des gendarmes
Soient \((u_n)\), \((v_n)\) et \((w_n)\) trois suites telles que, a partir d’un certain rang : \[ v_n \leq u_n \leq w_n \] Si \(\displaystyle \lim v_n = \lim w_n = \ell\), alors \(\displaystyle \lim u_n = \ell\).
Justification intuitive

Ce résultat est admis dans sa demonstration rigoureuse. L’idee est simple : si \(v_n\) et \(w_n\) sont tous deux aussi proches de \(\ell\) que l’on veut a partir d’un certain rang, et que \(u_n\) est « coince » entre les deux, alors \(u_n\) est lui aussi aussi proche de \(\ell\) que l’on veut.

Exemple — Application du théorème des gendarmes

Soit \(u_n = \dfrac{\sin(n)}{n}\). On sait que \(-1 \leq \sin(n) \leq 1\), donc :



\(\dfrac{-1}{n} \leq \dfrac{\sin(n)}{n} \leq \dfrac{1}{n}\).

Comme \(\lim \frac{-1}{n} = \lim \frac{1}{n} = 0\), par le théorème des gendarmes : \(\lim u_n = 0\).

5. Théorème de convergence monotone

Théorème — Convergence monotone
  • Toute suite croissante et majoree converge.
  • Toute suite décroissante et minoree converge.
Justification

Ce résultat est admis (justification intuitive). Il repose sur la propriété de la borne superieure des nombres réels. Intuitivement, une suite croissante majoree « s’accumule » necessairement pres d’une valeur limite : elle ne peut pas croitre indefiniment (elle est majoree) et elle ne peut pas « osciller » (elle est croissante). Le raisonnement est analogue pour une suite décroissante minoree.

Remarque
Ce théorème garantit l'existence de la limite, mais ne donne pas sa valeur. Pour trouver la limite, on utilise en général l’équation de recurrence : si \(u_{n+1} = f(u_n)\) et si \((u_n)\) converge vers \(\ell\), alors \(\ell = f(\ell)\).
Méthode — Etudier une suite recurrente \(u_{n+1} = f(u_n)\)
  1. Conjecturer le comportement (calculer quelques termes).
  2. Montrer que la suite est monotone (etudier \(u_{n+1} - u_n\)).
  3. Montrer que la suite est bornee (par recurrence ou encadrement).
  4. Conclure avec le théorème de convergence monotone.
  5. Trouver la limite en resolvant \(\ell = f(\ell)\).
Exemple

Soit \(u_0 = 1\) et \(u_{n+1} = \sqrt{2 + u_n}\).



Monotonie : On verifie que \(u_1 = \sqrt{3} \approx 1{,}73 > 1 = u_0\). Par recurrence, on montre que la suite est croissante.

Majoration : On montre par recurrence que \(u_n \leq 2\) pour tout \(n\). En effet, si \(u_n \leq 2\), alors \(u_{n+1} = \sqrt{2 + u_n} \leq \sqrt{4} = 2\).

Conclusion : La suite est croissante et majoree, donc elle converge. Sa limite \(\ell\) verifie \(\ell = \sqrt{2 + \ell}\), soit \(\ell^2 = 2 + \ell\), d’ou \(\ell^2 - \ell - 2 = 0\). Les solutions sont \(\ell = 2\) ou \(\ell = -1\). Comme la suite est positive, \(\ell = 2\).

6. Suites et applications (emprunts, placements)

Placements a interets composes

Propriete — Capital a interets composes
Un capital \(C_0\) place a un taux annuel \(t\) (exprime en décimal) avec interets composes evolue selon la suite géométrique : \[ C_n = C_0 \times (1 + t)^n \] ou \(C_n\) est le capital au bout de \(n\) annees.
Justification

Chaque annee, le capital est multiplie par \((1+t)\) : \(C_{n+1} = C_n \times (1+t)\). C’est une suite géométrique de raison \(q = 1+t\) et de premier terme \(C_0\). Par la formule du terme général (section 1) : \(C_n = C_0 \times q^n = C_0 \times (1+t)^n\).

Exemple — Retour au problème d’ouverture

Avec \(C_0 = 5\,000\) euros et \(t = 0{,}03\) : \(C_{20} = 5\,000 \times 1{,}03^{20} \approx 5\,000 \times 1{,}8061 \approx 9\,030{,}56\) euros.

Pour doubler la mise, on resout \(1{,}03^n \geq 2\), soit \(n \geq \frac{\ln 2}{\ln 1{,}03} \approx 23{,}4\). Il faut donc 24 annees. (La fonction logarithme est définie au chapitre 4.)

Remboursement d’emprunt a annuites constantes

Propriete — Annuite constante
Pour un emprunt de montant \(V_0\), au taux périodique \(t\), rembourse en \(n\) annuites constantes \(a\), on a : \[ a = V_0 \times \frac{t}{1 - (1+t)^{-n}} \] Le capital restant du apres \(k\) echeances suit la relation de recurrence : \(V_{k+1} = V_k(1+t) - a\).
Justification

A chaque echeance, le capital restant du est augmente des interets puis diminue de l’annuite : \(V_{k+1} = V_k(1+t) - a\).

Le remboursement est termine quand \(V_n = 0\). En resolvant cette recurrence (suite arithmetico-géométrique), on montre que \(V_k = V_0(1+t)^k - a \cdot \frac{(1+t)^k - 1}{t}\).

La condition \(V_n = 0\) donne \(V_0(1+t)^n = a \cdot \frac{(1+t)^n - 1}{t}\), d’ou \(a = V_0 \times \frac{t}{1 - (1+t)^{-n}}\).

Exemple

Un emprunt de 10 000 euros sur 5 ans au taux annuel de 4 %.



Annuite constante : \(a = 10\,000 \times \frac{0{,}04}{1 - 1{,}04^{-5}} = 10\,000 \times \frac{0{,}04}{1 - 0{,}8219} \approx 10\,000 \times 0{,}2246 \approx 2\,246{,}27\) euros.

Le cout total du credit est \(5 \times 2\,246{,}27 - 10\,000 = 1\,231{,}35\) euros d’interets.

Méthode — Construire un tableau d’amortissement
Pour chaque echeance \(k\) :
  1. Interets payes : \(I_k = V_{k-1} \times t\)
  2. Capital rembourse : \(R_k = a - I_k\)
  3. Capital restant du : \(V_k = V_{k-1} - R_k\)
On observe que la part des interets diminue et la part du capital rembourse augmente au fil du temps.

Bilan — Formules essentielles

NotionFormule / Résultat
Suite arithmétique\(u_{n+1} = u_n + r\) ; \(u_n = u_0 + nr\)
Somme arithmétique\(S = (n+1)\frac{u_0 + u_n}{2}\)
Suite géométrique\(u_{n+1} = q \cdot u_n\) ; \(u_n = u_0 \cdot q^n\)
Somme géométrique\(S = u_0 \cdot \frac{1 - q^{n+1}}{1 - q}\)
Convergence monotoneCroissante + majoree ⟹ converge
Gendarmes\(v_n \leq u_n \leq w_n\) et \(\lim v_n = \lim w_n = \ell\) ⟹ \(\lim u_n = \ell\)
Interets composes\(C_n = C_0(1+t)^n\)
Annuite constante\(a = V_0 \cdot \frac{t}{1-(1+t)^{-n}}\)
Solution du problème d’ouverture — Le placement bancaire

Le capital forme une suite géométrique : \(C_n = 5000 \times 1{,}03^n\).

Au bout de 20 ans : \(C_{20} = 5000 \times 1{,}03^{20} \approx 5000 \times 1{,}8061 \approx 9030{,}56\) euros.

Pour doubler la mise, on cherche \(n\) tel que \(C_n \geq 10\,000\), soit \(1{,}03^n \geq 2\). En prenant le logarithme : \(n \geq \dfrac{\ln 2}{\ln 1{,}03} \approx 23{,}45\).

Il faut donc 24 ans pour doubler le capital initial.

Comme \(q = 1{,}03 > 1\), la suite diverge vers \(+\infty\) : le capital croit sans limite (en theorie).

Solution de l’énigme — La fourmi sur l’elastique

À la \(k\)-ième seconde, l'élastique mesure \(k\) mètres (= \(100k\) cm) et la fourmi avance d'1 cm, ce qui représente \(\dfrac{1}{100k}\) de la longueur totale. L'étirement uniforme préserve la fraction déjà parcourue, donc après \(n\) secondes :

\(S_n = \dfrac{1}{100} + \dfrac{1}{200} + \cdots + \dfrac{1}{100n} = \dfrac{1}{100}\!\left(1 + \dfrac{1}{2} + \cdots + \dfrac{1}{n}\right) = \dfrac{H_n}{100}\)

où \(H_n\) est la \(n\)-ième somme partielle de la série harmonique, qui diverge vers \(+\infty\). Donc il existe un rang \(n\) tel que \(S_n \geq 1\) : la fourmi atteint le bout !

(Comme \(H_n \sim \ln n\), il faut \(\ln n \geq 100\), soit \(n \geq e^{100} \approx 2{,}7 \times 10^{43}\) secondes — l'âge de l'univers est environ \(10^{17}\) s.)

Pieges et contre-exemples

Suites numériques : teste d’abord ton intuition.

Score : 0 / 6 pieges identifies
1 Raison et premier terme

« Si \(u_{n+1} - u_n = 3\) pour tout \(n\), alors \(u_n = 3n\). »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux. On a \(u_n = u_0 + 3n\), pas \(3n\). Il manque le premier terme ! Si \(u_0 = 5\), alors \(u_n = 5 + 3n\).

Suite arithmétique : \(u_n = u_0 + nr\). Ne jamais oublier \(u_0\).

Mini-test : si \(u_0 = 2\) et \(r = 3\), que vaut \(u_{10}\) ?

2 Somme géométrique

« \(1 + q + q^2 + \cdots + q^n = \dfrac{1 - q^n}{1 - q}\). »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux. La somme de \(n+1\) termes est \(\dfrac{1 - q^{n+1}}{1 - q}\), pas \(\dfrac{1 - q^n}{1 - q}\). Erreur classique d’exposant !

Il y a \(n+1\) termes de \(q^0\) a \(q^n\), donc l’exposant au numérateur est \(n+1\).

Mini-test : \(1 + 2 + 4 + 8 = ?\)

3 Convergence d’une suite croissante

« Toute suite croissante converge. »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux. La suite \(u_n = n\) est croissante mais diverge vers \(+\infty\). Pour converger, il faut en plus etre majoree (théorème de convergence monotone).

Croissante + majoree = converge. Croissante seule : pas suffisant.

Mini-test : \(u_n = \frac{n}{n+1}\) est croissante. Converge-t-elle ?

4 Suite géométrique et signe

« Si \(q > 0\), la suite géométrique \(u_n = u_0 \cdot q^n\) est toujours croissante. »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux. Si \(0 < q < 1\), la suite est décroissante (elle tend vers 0). Et si \(u_0 < 0\), la monotonie est inversee. Il faut regarder le signe de \(u_0\) et la position de \(q\) par rapport a 1.

Croissante si \(q > 1\) et \(u_0 > 0\), ou si \(0 < q < 1\) et \(u_0 < 0\).

Mini-test : \(u_n = 100 \times 0{,}5^n\) est :

5 Limite d’un quotient

« \(\lim_{n \to +\infty} \dfrac{n^2 + 1}{n} = +\infty\) car le numérateur tend vers \(+\infty\). »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux (raisonnement incomplet). Le résultat est correct (\(+\infty\)), mais la justification est fausse. Le numérateur et le dénominateur tendent vers \(+\infty\), c’est une forme indeterminee \(\frac{\infty}{\infty}\). On factorise : \(\frac{n^2+1}{n} = n + \frac{1}{n} \to +\infty\).

Toujours factoriser par le terme de plus haut degre, jamais conclure « le numérateur tend vers \(+\infty\) donc… »

Mini-test : \(\lim \frac{3n^2}{n^2+1} = ?\)

6 Limite d’une suite géométrique

« Si \(|q| < 1\), alors \(\lim_{n \to +\infty} q^n = 0\). »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

C’est vrai ! Si \(-1 < q < 1\), alors \(q^n \to 0\). C’est un résultat fondamental sur les suites géométriques.

\(|q| < 1 \Rightarrow q^n \to 0\). Si \(q > 1\), \(q^n \to +\infty\). Si \(q = -1\), la suite diverge sans tendre vers l’infini.

Mini-test : \((-0{,}5)^{100}\) est :

➡️ Pour la suite
Ch. 2 — Fonctions : limites et continuité — Tu étendras la notion de limite aux fonctions et introduiras la continuité.

📐 Applets GeoGebra — suites numériques

🎯 Applet interactif — Construction des 4 premiers termes d'une suite récurrente

Visualise \(u_{n+1} = f(u_n)\) en escalier ou spirale, et conjecture la convergence. · ↗ Ouvrir en plein écran

Pour approfondir, d'autres applets s'ouvrent en plein écran dans un nouvel onglet :

📐Suite arithmétiqueOuvrir ↗ 📐Somme des termes d'une suite arithmétiqueOuvrir ↗ 📐Chaîne-produit (4 premiers termes)Ouvrir ↗ 📐Exponentielle comme limite d'une suite de fonctionsOuvrir ↗

Banque complète (1245 applets) — voir le catalogue GeoGebra.