Math@mine / Terminale / Ch9

Chapitre 9 — Géométrie dans l’espace

📋 Prérequis & 🎯 Objectifs du chapitre déplier
📋 Prérequis
  • 1re Spé — produit scalaire, géométrie repérée (plan)
🎯 Objectifs — à la fin du chapitre, je saurai…
  • Manipuler vecteurs, combinaisons linéaires, bases dans l'espace
  • Calculer un produit scalaire dans l'espace
  • Déterminer équations paramétriques d'une droite et équation cartésienne d'un plan
  • Étudier orthogonalité (droite-plan, plan-plan)

Terminale — Programme officiel (BO 2019) · Math@mine

Sommaire
1. Vecteurs de l’espace 2. Repère de l’espace et coordonnées 3. Produit scalaire dans l’espace 4. Équation cartesienne d’un plan 5. Représentation parametrique d’une droite 6. Positions relatives et distances Solution du problème d’ouverture Bilan — Formules essentielles

La trajectoire d’un drone

Un drone se déplace dans l’espace selon la trajectoire parametree \(\begin{cases} x = 2 + t \\ y = 1 - t \\ z = 3 + 2t \end{cases}\). A quel moment passe-t-il au-dessus du point \((4; -1)\) du sol ? A quelle altitude ?

Les representations parametriques permettent de decrire des trajectoires en 3D et de repondre à ces questions.

→ Solution complete en fin de chapitre

Descartes et la géométrie analytique

En 1637, Rene Descartes a eu l’idee revolutionnaire de représenter les points de l’espace par des coordonnées numériques. Cette fusion de l’algèbre et de la géométrie, etendue a trois dimensions, permet de transformer les problèmes géométriques en calculs sur des coordonnées. La géométrie analytique de l’espace est aujourd’hui fondamentale en informatique graphique, en physique et en ingenierie.

Intersection plan-droite

La droite \(\mathcal{D}\) de représentation parametrique \(\begin{cases} x = 1 + 2t \\ y = -1 + t \\ z = 3 - t \end{cases}\) coupe-t-elle le plan \(\mathcal{P}\) : \(x + y + z = 5\) ? Si oui, en quel point ?

→ Solution complète en fin de chapitre

1. Vecteurs de l’espace

Définition — Vecteur de l’espace
Un vecteur de l’espace est défini par sa direction, son sens et sa norme. Il se note \(\vec{u}\) ou \(\overrightarrow{AB}\). On etend a l’espace les opérations connues dans le plan : addition de vecteurs, multiplication par un scalaire.
Définition — Coplanarité
Trois vecteurs \(\vec{u}\), \(\vec{v}\), \(\vec{w}\) sont coplanaires s’il existe deux réels \(\alpha\) et \(\beta\) tels que \(\vec{w} = \alpha\vec{u} + \beta\vec{v}\), c’est-à-dire si l’un peut s’exprimer comme combinaison lineaire des deux autres.
Propriété — Base de l’espace
Trois vecteurs non coplanaires forment une base de l’espace : tout vecteur de l’espace s’ecrit de maniere unique comme combinaison lineaire de ces trois vecteurs.
Ce résultat est admis — justification

C’est l’analogue dans l’espace du résultat du plan (deux vecteurs non colineaires forment une base). La démonstration rigoureuse utilise la notion de dimension d’un espace vectoriel (hors programme). L’idee : trois vecteurs non coplanaires « pointent dans trois directions indépendantes », et suffisent donc a atteindre tout point de l’espace.

Remarque
Dans le plan, il faut deux vecteurs non colineaires pour former une base. Dans l’espace, il en faut trois non coplanaires.

2. Repère de l’espace et coordonnées

Définition — Repère de l’espace
Un repère de l’espace est la donnée d’un point \(O\) (origine) et d’une base \((\vec{i}, \vec{j}, \vec{k})\). Un point \(M\) a pour coordonnées \((x; y; z)\) si \(\overrightarrow{OM} = x\vec{i} + y\vec{j} + z\vec{k}\).
Définition — Repère orthonorme
Le repère est orthonorme si les vecteurs \(\vec{i}\), \(\vec{j}\), \(\vec{k}\) sont unitaires et deux a deux orthogonaux.
Propriété — Coordonnées d’un vecteur
Si \(A(x_A; y_A; z_A)\) et \(B(x_B; y_B; z_B)\), alors : \[\overrightarrow{AB} = \begin{pmatrix} x_B - x_A \\ y_B - y_A \\ z_B - z_A \end{pmatrix}\]
Démonstration

\(\overrightarrow{AB} = \overrightarrow{AO} + \overrightarrow{OB} = \overrightarrow{OB} - \overrightarrow{OA}\).

Or \(\overrightarrow{OA} = x_A\vec{i} + y_A\vec{j} + z_A\vec{k}\) et \(\overrightarrow{OB} = x_B\vec{i} + y_B\vec{j} + z_B\vec{k}\).

Donc \(\overrightarrow{AB} = (x_B - x_A)\vec{i} + (y_B - y_A)\vec{j} + (z_B - z_A)\vec{k}\). ∎

Propriété — Milieu et distance
Le milieu \(I\) de \([AB]\) a pour coordonnées \(\left(\dfrac{x_A+x_B}{2}; \dfrac{y_A+y_B}{2}; \dfrac{z_A+z_B}{2}\right)\).
Dans un repère orthonorme : \(AB = \sqrt{(x_B-x_A)^2 + (y_B-y_A)^2 + (z_B-z_A)^2}\).
Démonstration

Milieu : \(I\) est le milieu de \([AB]\) si \(\overrightarrow{OI} = \dfrac{\overrightarrow{OA} + \overrightarrow{OB}}{2}\). Coordonnee par coordonnee : \(x_I = \dfrac{x_A + x_B}{2}\), etc. ✓

Distance : \(AB = \|\overrightarrow{AB}\|\). Dans un repère orthonorme, \(\|\vec{u}\|^2 = \vec{u} \cdot \vec{u} = x^2 + y^2 + z^2\) (Pythagore generalise). Donc \(AB = \sqrt{(x_B-x_A)^2 + (y_B-y_A)^2 + (z_B-z_A)^2}\). ∎

🎯 Applet interactif — Lire les coordonnées d'un point de l'espace

Déplace le point rouge dans le repère orthonormé 3D et lis ses coordonnées. · ↗ Ouvrir en plein écran

3. Produit scalaire dans l’espace

Définition — Produit scalaire
Dans un repère orthonorme, le produit scalaire de \(\vec{u}(x; y; z)\) et \(\vec{v}(x'; y'; z')\) est : \[\vec{u} \cdot \vec{v} = xx' + yy' + zz'\]
Propriété — Norme
\(\|\vec{u}\| = \sqrt{\vec{u} \cdot \vec{u}} = \sqrt{x^2 + y^2 + z^2}\)
Démonstration

Par définition, \(\vec{u} \cdot \vec{u} = x \cdot x + y \cdot y + z \cdot z = x^2 + y^2 + z^2\). Or \(\|\vec{u}\|^2 = x^2 + y^2 + z^2\) (Pythagore dans l’espace). Donc \(\|\vec{u}\| = \sqrt{\vec{u} \cdot \vec{u}}\). ∎

Propriété — Orthogonalite
Deux vecteurs \(\vec{u}\) et \(\vec{v}\) sont orthogonaux si et seulement si \(\vec{u} \cdot \vec{v} = 0\).
Justification

C’est la définition de l’orthogonalite en termes de produit scalaire (extension a l’espace de la définition du plan, Première ch. 7). On peut aussi la retrouver par le théorème de Pythagore generalise : \(\vec{u} \perp \vec{v} \iff \|\vec{u}+\vec{v}\|^2 = \|\vec{u}\|^2 + \|\vec{v}\|^2 \iff 2\vec{u}\cdot\vec{v} = 0\). ∎

Exemple

Soient \(\vec{u}(1; 2; -1)\) et \(\vec{v}(3; 0; 3)\). Calculer \(\vec{u} \cdot \vec{v}\).



\(\vec{u} \cdot \vec{v} = 1 \times 3 + 2 \times 0 + (-1) \times 3 = 3 + 0 - 3 = 0\).

Les vecteurs sont orthogonaux.

Propriété — Expression angulaire du produit scalaire
Pour tous vecteurs non nuls \(\vec{u}\) et \(\vec{v}\) de l’espace, en notant \(\theta = \widehat{(\vec{u}, \vec{v})}\) l’angle géométrique entre les deux vecteurs (\(0 \le \theta \le \pi\)) : \[\boxed{\vec{u}\cdot\vec{v} = \|\vec{u}\|\,\|\vec{v}\|\,\cos(\theta)}\] Donc \(\cos(\theta) = \dfrac{\vec{u}\cdot\vec{v}}{\|\vec{u}\|\,\|\vec{v}\|}\).
Exemple — Calcul d'un angle

Soient \(\vec{u}(1\,;\,1\,;\,0)\) et \(\vec{v}(1\,;\,0\,;\,1)\). Alors \(\vec{u}\cdot\vec{v} = 1\), \(\|\vec{u}\| = \|\vec{v}\| = \sqrt 2\). Donc \(\cos(\theta) = \dfrac{1}{2}\), soit \(\theta = \dfrac{\pi}{3}\) (60°).

Définition — Vecteur normal a un plan
Un vecteur \(\vec{n}\) est normal a un plan \(\mathcal{P}\) s’il est orthogonal a tout vecteur de \(\mathcal{P}\).

4. Équation cartesienne d’un plan

Théorème — Équation cartesienne
Dans un repère orthonorme, tout plan \(\mathcal{P}\) admet une équation de la forme : \[ax + by + cz + d = 0\] ou \(\vec{n}(a; b; c)\) est un vecteur normal a \(\mathcal{P}\). Reciproquement, toute équation de cette forme definit un plan.
Démonstration

Soit \(\mathcal{P}\) un plan passant par \(A(x_0; y_0; z_0)\) de vecteur normal \(\vec{n}(a; b; c)\).

Un point \(M(x;y;z)\) est dans \(\mathcal{P}\) si et seulement si \(\overrightarrow{AM} \perp \vec{n}\), c’est-à-dire \(\vec{n} \cdot \overrightarrow{AM} = 0\).

\(a(x-x_0) + b(y-y_0) + c(z-z_0) = 0\)

En developpant : \(ax + by + cz + d = 0\) avec \(d = -ax_0 - by_0 - cz_0\). ✓

Réciproque : si \(ax + by + cz + d = 0\) avec \((a,b,c) \neq (0,0,0)\), on prend un point \(A\) verifiant l’équation. Alors pour tout \(M\) dans l’ensemble : \(\vec{n} \cdot \overrightarrow{AM} = 0\), donc tous les \(\overrightarrow{AM}\) sont orthogonaux a \(\vec{n}\) — c’est un plan. ∎

Méthode — Trouver l’équation d’un plan

Trouver l’équation du plan passant par \(A(1; 0; 2)\) de vecteur normal \(\vec{n}(2; -1; 3)\).

L’équation est \(2(x-1) + (-1)(y-0) + 3(z-2) = 0\), soit \(2x - y + 3z - 8 = 0\).

Exemple — Plans particuliers
  • Le plan \((xOy)\) a pour équation \(z = 0\), de vecteur normal \(\vec{k}(0;0;1)\).
  • Le plan \((xOz)\) a pour équation \(y = 0\).
  • Le plan \((yOz)\) a pour équation \(x = 0\).
Propriété — Plans paralleles et perpendiculaires
  • Deux plans sont paralleles si et seulement si leurs vecteurs normaux sont colineaires.
  • Deux plans sont perpendiculaires si et seulement si leurs vecteurs normaux sont orthogonaux.
Démonstration

Parallelisme : Deux plans \(\mathcal{P}_1 : a_1x+b_1y+c_1z+d_1=0\) et \(\mathcal{P}_2 : a_2x+b_2y+c_2z+d_2=0\) ont pour normales \(\vec{n}_1(a_1;b_1;c_1)\) et \(\vec{n}_2(a_2;b_2;c_2)\).

Ils sont paralleles si tout vecteur de \(\mathcal{P}_1\) est aussi orthogonal a \(\vec{n}_2\). Cela equivaut a \(\vec{n}_1\) et \(\vec{n}_2\) colineaires (même direction normale). ✓

Perpendicularite : Deux plans sont perpendiculaires si l’un contient une direction orthogonale a l’autre. Cela equivaut a \(\vec{n}_1 \cdot \vec{n}_2 = 0\), c’est-à-dire \(a_1a_2 + b_1b_2 + c_1c_2 = 0\). ∎

5. Représentation parametrique d’une droite

Définition — Représentation parametrique
Une droite \(\mathcal{D}\) passant par le point \(A(x_A; y_A; z_A)\) et de vecteur directeur \(\vec{u}(a; b; c)\) admet la représentation parametrique : \[\begin{cases} x = x_A + at \\ y = y_A + bt \\ z = z_A + ct \end{cases} \quad t \in \mathbb{R}\]
Exemple

La droite passant par \(A(1; 2; -1)\) de vecteur directeur \(\vec{u}(3; -1; 2)\) :

\(\begin{cases} x = 1 + 3t \\ y = 2 - t \\ z = -1 + 2t \end{cases}\), \(t \in \mathbb{R}\).

Pour \(t = 0\), on retrouve le point \(A\). Pour \(t = 1\), on obtient le point \((4; 1; 1)\).

Méthode — Intersection droite-plan

Trouver l’intersection de la droite \(\begin{cases} x = 2 + t \\ y = 1 - 2t \\ z = 3t \end{cases}\) avec le plan \(x + y + z = 5\).

On substitue : \((2+t) + (1-2t) + 3t = 5\), soit \(3 + 2t = 5\), d’ou \(t = 1\).

Point d’intersection : \((3; -1; 3)\).

Propriété — Droite orthogonale a un plan
Si la droite \(\mathcal{D}\) a pour vecteur directeur \(\vec{u}\) et le plan \(\mathcal{P}\) a pour vecteur normal \(\vec{n}\), alors \(\mathcal{D}\) est perpendiculaire a \(\mathcal{P}\) si et seulement si \(\vec{u}\) et \(\vec{n}\) sont colineaires.
Démonstration

\(\mathcal{D} \perp \mathcal{P}\) signifie que \(\vec{u}\) est orthogonal a tout vecteur du plan. Or \(\vec{n}\) a exactement cette propriété (c’est la définition du vecteur normal). Donc \(\vec{u}\) et \(\vec{n}\) ont la même direction, c’est-à-dire sont colineaires. ∎

6. Positions relatives, angles et distances

Propriété — Positions relatives de deux droites
Dans l’espace, deux droites \(\mathcal{D}\) et \(\mathcal{D}'\) de vecteurs directeurs respectifs \(\vec{u}\) et \(\vec{u}'\) peuvent être :
  • coplanaires (dans un même plan) :
    • parallèles si \(\vec{u}\) et \(\vec{u}'\) sont colinéaires (confondues ou strictement parallèles) ;
    • sécantes en un unique point sinon.
  • non coplanaires (gauches) : \(\vec{u}\) et \(\vec{u}'\) ne sont pas colinéaires et les droites n’ont aucun point commun.
Exemple — Étudier la position relative

\(\mathcal{D}_1 : \begin{cases} x = 1 + t \\ y = 2 - t \\ z = t \end{cases}\) et \(\mathcal{D}_2 : \begin{cases} x = 2 + 2s \\ y = 1 - 2s \\ z = 1 + 2s \end{cases}\).

Vecteurs directeurs : \(\vec{u}(1\,;\,-1\,;\,1)\) et \(\vec{u}'(2\,;\,-2\,;\,2) = 2\vec{u}\). Les droites sont parallèles. Pour savoir si elles sont confondues ou strictement parallèles, on teste si un point de \(\mathcal{D}_1\) appartient à \(\mathcal{D}_2\). Le point \((1\,;\,2\,;\,0)\) de \(\mathcal{D}_1\) : on cherche \(s\) tel que \(2+2s=1\), soit \(s=-1/2\) ; alors \(y = 1+1 = 2\) ✓ et \(z = 1-1 = 0\) ✓. Donc \(\mathcal{D}_1 = \mathcal{D}_2\) (confondues).

Propriété — Angle entre deux droites
L’angle géométrique entre deux droites \(\mathcal{D}\) et \(\mathcal{D}'\) (de vecteurs directeurs \(\vec{u}\) et \(\vec{u}'\)) est l’angle aigu \(\alpha \in [0\,;\,\pi/2]\) défini par : \[\cos(\alpha) = \dfrac{|\vec{u}\cdot\vec{u}'|}{\|\vec{u}\|\,\|\vec{u}'\|}\]

La valeur absolue garantit \(\cos(\alpha) \ge 0\) et donc \(0 \le \alpha \le \pi/2\) (les droites n’ont pas de sens, contrairement aux vecteurs).

Propriété — Angle entre une droite et un plan
L’angle entre une droite \(\mathcal{D}\) (de vecteur directeur \(\vec{u}\)) et un plan \(\mathcal{P}\) (de vecteur normal \(\vec{n}\)) est l’angle complémentaire de celui entre \(\vec{u}\) et \(\vec{n}\) : \[\sin(\beta) = \dfrac{|\vec{u}\cdot\vec{n}|}{\|\vec{u}\|\,\|\vec{n}\|}\]

avec \(\beta \in [0\,;\,\pi/2]\) l’angle entre la droite et sa projection orthogonale sur le plan.

Propriété — Positions relatives de deux plans
Deux plans sont soit paralleles (confondus ou distincts), soit secants (selon une droite).
Justification

Si les normales \(\vec{n}_1\) et \(\vec{n}_2\) sont colineaires : les plans sont paralleles. Sinon, le système \(\begin{cases} a_1x+b_1y+c_1z = -d_1 \\ a_2x+b_2y+c_2z = -d_2 \end{cases}\) a deux équations indépendantes pour trois inconnues : l’ensemble des solutions est une droite. ∎

Propriété — Position d’une droite et d’un plan
Une droite et un plan sont soit paralleles (la droite est incluse ou disjointe du plan), soit secants en un unique point.
Justification

La droite \(\begin{cases} x = x_0+at \\ y = y_0+bt \\ z = z_0+ct \end{cases}\) et le plan \(\alpha x + \beta y + \gamma z + \delta = 0\). En substituant :

\(\alpha(x_0+at) + \beta(y_0+bt) + \gamma(z_0+ct) + \delta = 0\)

Soit \((\alpha a + \beta b + \gamma c)t = -(\alpha x_0 + \beta y_0 + \gamma z_0 + \delta)\).

  • Si \(\alpha a + \beta b + \gamma c \neq 0\) (c’est-à-dire \(\vec{u} \cdot \vec{n} \neq 0\)) : une unique solution \(t\) → intersection en un point.
  • Si \(\vec{u} \cdot \vec{n} = 0\) : la droite est parallele au plan (incluse si le second membre est nul, disjointe sinon). ∎
Théorème — Distance d’un point a un plan
La distance du point \(M_0(x_0; y_0; z_0)\) au plan \(ax + by + cz + d = 0\) est : \[d(M_0, \mathcal{P}) = \frac{|ax_0 + by_0 + cz_0 + d|}{\sqrt{a^2 + b^2 + c^2}}\]
Démonstration

Soit \(H\) le projete orthogonal de \(M_0\) sur \(\mathcal{P}\). Le vecteur \(\overrightarrow{HM_0}\) est colineaire a \(\vec{n}(a;b;c)\). La distance \(d(M_0, \mathcal{P}) = \|\overrightarrow{HM_0}\|\).

Soit \(A(x_A;y_A;z_A)\) un point quelconque du plan (verifiant \(ax_A+by_A+cz_A+d=0\)).

On projette \(\overrightarrow{AM_0}\) sur \(\vec{n}\) :

\(d = \left|\dfrac{\overrightarrow{AM_0} \cdot \vec{n}}{\|\vec{n}\|}\right| = \dfrac{|a(x_0-x_A)+b(y_0-y_A)+c(z_0-z_A)|}{\sqrt{a^2+b^2+c^2}}\)

Or \(ax_A+by_A+cz_A = -d\), donc le numérateur vaut \(|ax_0+by_0+cz_0+d|\). ∎

Exemple

Calculer la distance du point \(A(1; 2; 3)\) au plan \(2x - y + 2z - 1 = 0\).



\(d = \dfrac{|2(1) - 2 + 2(3) - 1|}{\sqrt{4 + 1 + 4}} = \dfrac{|2 - 2 + 6 - 1|}{3} = \dfrac{5}{3}\).

Méthode — Projete orthogonal sur un plan

Pour trouver le projete orthogonal \(H\) de \(A\) sur le plan \(\mathcal{P}\), on trace la droite passant par \(A\) et perpendiculaire a \(\mathcal{P}\) (de vecteur directeur \(\vec{n}\)), puis on calcule l’intersection de cette droite avec \(\mathcal{P}\).

Solution du problème d’ouverture — La trajectoire d’un drone

La trajectoire est \(\begin{cases} x = 2 + t \\ y = 1 - t \\ z = 3 + 2t \end{cases}\). Le drone passe au-dessus du point \((4; -1)\) du sol quand \(x = 4\) et \(y = -1\).

De \(x = 2 + t = 4\), on tire \(t = 2\). Verification : \(y = 1 - 2 = -1\). ✓

L’altitude a cet instant est \(z = 3 + 2 \times 2 = 7\).

Conclusion : le drone passe au-dessus du point \((4; -1)\) à l’instant \(t = 2\), a une altitude de 7 unites.

Solution de l’énigme — Intersection plan-droite

On substitue dans l’équation du plan : \((1+2t) + (-1+t) + (3-t) = 5\), soit \(3 + 2t = 5\), d’ou \(t = 1\).

Le point d’intersection est \((3; 0; 2)\).

📐 Applets GeoGebra — 3D interactif

15 situations à explorer en plein écran. Clique sur une vignette pour ouvrir l'applet GeoGebra dans un nouvel onglet (chargement à la demande).

Pour explorer les 1245 applets de la banque, voir le catalogue complet.

Bilan — Formules essentielles

NotionFormule
Produit scalaire\(\vec{u} \cdot \vec{v} = xx' + yy' + zz'\)
Norme\(\|\vec{u}\| = \sqrt{x^2+y^2+z^2}\)
Eq. plan\(ax + by + cz + d = 0\), \(\vec{n}(a;b;c)\)
Eq. droite\(\begin{cases} x=x_A+at \\ y=y_A+bt \\ z=z_A+ct \end{cases}\)
Distance point-plan\(\dfrac{|ax_0+by_0+cz_0+d|}{\sqrt{a^2+b^2+c^2}}\)
Plans paralleles\(\vec{n}_1\) et \(\vec{n}_2\) colineaires

Pieges et contre-exemples

Géométrie dans l’espace : teste d’abord ton intuition.

Score : 0 / 6 pieges identifies
1 Deux droites non paralleles

« Dans l’espace, deux droites non paralleles se coupent forcement. »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux. Dans l’espace (contrairement au plan), deux droites non paralleles peuvent être non coplanaires : elles ne se coupent pas et ne sont pas paralleles. Par exemple, deux arêtes non adjacentes d’un cube.

Dans l’espace : secantes, paralleles ou non coplanaires. La troisieme possibilite n’existe pas dans le plan.

Mini-test : deux arêtes opposees d’un cube sont :

2 Vecteur normal et vecteur directeur

« Le vecteur normal a un plan est un vecteur directeur de ce plan. »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux. Le vecteur normal \(\vec{n}\) est perpendiculaire au plan, il ne lui appartient pas. Les vecteurs directeurs du plan sont ceux qui sont dans le plan. Le vecteur normal est par contre un vecteur directeur de toute droite perpendiculaire au plan.

Normal = perpendiculaire au plan. Directeur du plan = contenu dans le plan. Ce sont des notions orthogonales !

Mini-test : le plan \(2x + 3y - z + 1 = 0\) admet :

3 Définition d’un plan par 2 points

« Un plan est entierement défini par deux points. »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux. Deux points definissent une droite, pas un plan. Il faut trois points non alignes pour definir un plan de maniere unique. Par deux points passent une infinite de plans (tous ceux contenant la droite passant par ces deux points).

2 points = 1 droite. 3 points non alignes = 1 plan. Ne pas confondre !

Mini-test : combien de plans passent par 3 points alignes ?

4 Orthogonal vs perpendiculaire

« Deux droites orthogonales sont toujours perpendiculaires. »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux. Deux droites sont orthogonales si leurs vecteurs directeurs sont orthogonaux (produit scalaire nul). Elles sont perpendiculaires si, en plus, elles sont coplanaires (secantes ou confondues). Deux droites non coplanaires peuvent être orthogonales sans être perpendiculaires.

Perpendiculaire = orthogonal + coplanaire. Dans l’espace, orthogonal ne suffit pas !

Mini-test : deux arêtes d’un cube formant un angle droit mais non coplanaires sont :

5 Intersection de deux plans

« Deux plans non paralleles se coupent en un point. »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux. L’intersection de deux plans non paralleles est une droite, pas un point. Deux plans dans l’espace sont soit paralleles (intersection vide ou confondus), soit secants le long d’une droite.

Deux plans secants = une droite d’intersection. Un point d’intersection, c’est pour trois plans.

Mini-test : l’intersection des plans \(z = 0\) et \(x = 0\) est :

6 Distance d’un point a un plan

« La distance du point \(M(x_0;y_0;z_0)\) au plan \(ax+by+cz+d=0\) est \(\dfrac{|ax_0+by_0+cz_0+d|}{\sqrt{a^2+b^2+c^2}}\). »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

C’est vrai ! La formule de distance d’un point a un plan utilise bien la valeur absolue au numérateur et la norme du vecteur normal au dénominateur. La valeur absolue est essentielle car la distance est toujours positive.

Ne pas oublier la valeur absolue au numérateur ni la racine au dénominateur.

Mini-test : distance de \(O(0;0;0)\) au plan \(x + y + z - 3 = 0\) :

➡️ Pour la suite
Ch. 10 — Probabilités conditionnelles et indépendance — Tu approfondiras les outils vus en 1re et introduiras les épreuves de Bernoulli répétées.