Math@mine / Terminale / Ch2

Chapitre 2 — Suites et récurrence

📋 Prérequis & 🎯 Objectifs du chapitre déplier
📋 Prérequis
  • 1re Spé — suites arithmétiques, géométriques, monotonie
🎯 Objectifs — à la fin du chapitre, je saurai…
  • Démontrer une propriété par récurrence
  • Étudier la monotonie d'une suite (récurrence, dérivée d'une fonction auxiliaire)
  • Calculer une limite finie ou infinie (y compris suites géométriques)
  • Appliquer les théorèmes de comparaison et d'encadrement (gendarmes)

Terminale — Programme officiel (BO 2019) · Math@mine

Sommaire
1. Raisonnement par récurrence 2. Rappels sur les suites arithmétiques et géométriques 3. Suites monotones et bornees 4. Limite d’une suite 5. Opérations sur les limites 6. Théorèmes de convergence Solution du problème d’ouverture Bilan — Formules essentielles

La croissance d’une population de bacteries

Une colonie de bacteries double toutes les heures. On démarre avec 100 bacteries. Au bout de combien d’heures la population depassera-t-elle un million ?

La suite \(u_n = 100 \times 2^n\) est-elle bornée ? Admet-elle une limite ?
→ Les notions de limite infinie et de croissance exponentielle repondent a ces questions.

→ Solution complete en fin de chapitre

La legende de l’echiquier de Sissa

Selon la legende, l’inventeur du jeu d’echecs demanda au roi un grain de ble sur la première case, deux sur la deuxieme, quatre sur la troisieme, et ainsi de suite en doublant à chaque case. Sur les 64 cases, cela donne \(2^{64} - 1 \approx 1{,}8 \times 10^{19}\) grains : la production mondiale de ble pendant environ 1500 ans. Cette anecdote illustre la puissance de la croissance géométrique.

Une suite qui converge

On pose \(u_0 = 1\) et \(u_{n+1} = \dfrac{u_n + 3}{2}\). Vers quel nombre la suite semble-t-elle converger ?

→ Solution complète en fin de chapitre

1. Raisonnement par récurrence

Définition — Principe de récurrence
Le principe de récurrence s’enonce ainsi : soit \(P(n)\) une Propriété dependant d’un entier \(n \geq n_0\). Pour demontrer que \(P(n)\) est vraie pour tout \(n \geq n_0\), on procede en deux etapes :
  1. Initialisation : on vérifie que \(P(n_0)\) est vraie.
  2. Heredite : on suppose que \(P(n)\) est vraie pour un certain \(n \geq n_0\) (hypothèse de récurrence), et on demontre que \(P(n+1)\) est alors vraie.
On conclut que \(P(n)\) est vraie pour tout entier \(n \geq n_0\).
Méthode — Rediger une récurrence

Demontrer que pour tout \(n \geq 0\), \(\displaystyle\sum_{k=0}^{n} k = \frac{n(n+1)}{2}\).

On note \(P(n)\) : « \(\sum_{k=0}^{n} k = \frac{n(n+1)}{2}\) ».

Initialisation : Pour \(n = 0\) : \(\sum_{k=0}^{0} k = 0\) et \(\frac{0 \times 1}{2} = 0\). Donc \(P(0)\) est vraie.

Heredite : Supposons \(P(n)\) vraie pour un certain \(n \geq 0\). Alors : \[\sum_{k=0}^{n+1} k = \left(\sum_{k=0}^{n} k\right) + (n+1) = \frac{n(n+1)}{2} + (n+1) = \frac{n(n+1) + 2(n+1)}{2} = \frac{(n+1)(n+2)}{2}\] Donc \(P(n+1)\) est vraie.

Conclusion : Par récurrence, \(P(n)\) est vraie pour tout \(n \geq 0\).

Remarque
La recurrence est un raisonnement tres frequent au baccalaureat. La redaction doit toujours comporter les trois parties : initialisation, heredite (avec hypothese clairement enoncee), conclusion.

2. Rappels sur les suites arithmétiques et géométriques

Propriété — Suite arithmétique
Une suite \((u_n)\) est arithmétique de raison \(r\) si pour tout \(n\) : \(u_{n+1} = u_n + r\).
Terme général : \(u_n = u_0 + nr\).
Somme des termes : \(\displaystyle\sum_{k=0}^{n} u_k = (n+1) \times \frac{u_0 + u_n}{2}\).
Démonstration du terme général (par récurrence)

On montre par récurrence que \(u_n = u_0 + nr\).

Initialisation : \(u_0 = u_0 + 0 \times r\). ✓

Heredite : si \(u_n = u_0 + nr\), alors \(u_{n+1} = u_n + r = u_0 + nr + r = u_0 + (n+1)r\). ✓

Démonstration de la somme

On ecrit la somme dans les deux sens et on ajoute terme a terme :

\(S = u_0 + u_1 + \cdots + u_n\)

\(S = u_n + u_{n-1} + \cdots + u_0\)

En additionnant : \(2S = (u_0 + u_n) + (u_1 + u_{n-1}) + \cdots + (u_n + u_0)\).

Or \(u_k + u_{n-k} = (u_0 + kr) + (u_0 + (n-k)r) = 2u_0 + nr = u_0 + u_n\) (constant).

Il y a \(n+1\) termes, donc \(2S = (n+1)(u_0 + u_n)\), soit \(S = (n+1) \times \dfrac{u_0 + u_n}{2}\). ∎

Propriété — Suite géométrique
Une suite \((u_n)\) est géométrique de raison \(q\) si pour tout \(n\) : \(u_{n+1} = q \cdot u_n\).
Terme général : \(u_n = u_0 \times q^n\).
Somme des termes (si \(q \neq 1\)) : \(\displaystyle\sum_{k=0}^{n} u_k = u_0 \times \frac{1 - q^{n+1}}{1 - q}\).
Démonstration du terme général (par récurrence)

On montre par récurrence que \(u_n = u_0 \times q^n\).

Initialisation : \(u_0 = u_0 \times q^0 = u_0\). ✓

Heredite : si \(u_n = u_0 q^n\), alors \(u_{n+1} = q \cdot u_n = q \cdot u_0 q^n = u_0 q^{n+1}\). ✓

Démonstration de la somme

Posons \(S = u_0 + u_0 q + u_0 q^2 + \cdots + u_0 q^n\). On factorise : \(S = u_0(1 + q + q^2 + \cdots + q^n)\).

Calculons \(T = 1 + q + q^2 + \cdots + q^n\). Multiplions par \(q\) :

\(qT = q + q^2 + \cdots + q^{n+1}\)

En soustrayant : \(T - qT = 1 - q^{n+1}\), soit \(T(1 - q) = 1 - q^{n+1}\).

Comme \(q \neq 1\) : \(T = \dfrac{1 - q^{n+1}}{1 - q}\), d’ou \(S = u_0 \times \dfrac{1 - q^{n+1}}{1 - q}\). ∎

Exemple

La suite définie par \(u_n = 3 \times 2^n\) est géométrique de premier terme \(u_0 = 3\) et de raison \(q = 2\).

\(u_0 = 3\), \(u_1 = 6\), \(u_2 = 12\), \(u_3 = 24\), …

3. Suites monotones et bornees

Définition — Monotonie
Soit \((u_n)\) une suite. A partir d’un certain rang :
  • \((u_n)\) est croissante si pour tout \(n\), \(u_{n+1} \geq u_n\).
  • \((u_n)\) est décroissante si pour tout \(n\), \(u_{n+1} \leq u_n\).
Méthode — Etudier la monotonie

Trois techniques possibles :

  1. Etudier le signe de \(u_{n+1} - u_n\).
  2. Si \(u_n > 0\) pour tout \(n\), comparer \(\dfrac{u_{n+1}}{u_n}\) a 1.
  3. Si \(u_n = f(n)\), etudier les variations de \(f\).
Définition — Suite bornée
La suite \((u_n)\) est majoree s’il existe un réel \(M\) tel que pour tout \(n\), \(u_n \leq M\).
Elle est minoree s’il existe un réel \(m\) tel que pour tout \(n\), \(u_n \geq m\).
Elle est bornée si elle est a la fois majoree et minoree.
Exemple

La suite \(u_n = \dfrac{n}{n+1}\) est croissante (on vérifie que \(u_{n+1} - u_n > 0\)), minoree par \(0\) et majoree par \(1\). Elle est bornée.

4. Limite d’une suite

Définition — Limite finie
La suite \((u_n)\) a pour limite le réel \(\ell\) si, pour tout \(\varepsilon > 0\), il existe un rang \(N\) tel que pour tout \(n \geq N\) : \[|u_n - \ell| < \varepsilon\] On ecrit \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} u_n = \ell\). La suite est dite convergente.
Définition — Limite infinie
La suite \((u_n)\) a pour limite infinie \(+\infty\) si, pour tout réel \(A > 0\), il existe un rang \(N\) tel que pour tout \(n \geq N\), \(u_n > A\).
On dit alors que la suite diverge vers \(+\infty\).
Propriété — Limites de reference
  • \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} \frac{1}{n} = 0\) et \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} \frac{1}{n^2} = 0\)
  • \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} n^k = +\infty\) pour \(k \geq 1\)
  • \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} q^n = 0\) si \(|q| < 1\) ; \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} q^n = +\infty\) si \(q > 1\)
  • \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} \sqrt{n} = +\infty\)
Démonstration de lim 1/n = 0

Soit \(\varepsilon > 0\). On cherche \(N\) tel que pour tout \(n \geq N\), \(\left|\dfrac{1}{n} - 0\right| < \varepsilon\), c’est-à-dire \(\dfrac{1}{n} < \varepsilon\).

Or \(\dfrac{1}{n} < \varepsilon \iff n > \dfrac{1}{\varepsilon}\). Il suffit de prendre \(N = \left\lfloor\dfrac{1}{\varepsilon}\right\rfloor + 1\). ∎

Démonstration de lim q^n = 0 si |q| < 1

Soit \(|q| < 1\). On ecrit \(|q| = \dfrac{1}{1+h}\) avec \(h > 0\) (car \(|q| < 1\)).

Par l’inégalité de Bernoulli (demontrée par récurrence) : \((1+h)^n \geq 1 + nh\).

Donc \(|q^n| = |q|^n = \dfrac{1}{(1+h)^n} \leq \dfrac{1}{1+nh} \leq \dfrac{1}{nh}\).

Or \(\lim \dfrac{1}{nh} = 0\). Par le théorème des gendarmes (avec \(0 \leq |q^n| \leq \dfrac{1}{nh}\)) : \(\lim q^n = 0\). ∎

5. Opérations sur les limites

Propriété — Somme de limites
Si \(\lim u_n = \ell\) et \(\lim v_n = \ell'\), alors \(\lim (u_n + v_n) = \ell + \ell'\).
Si \(\lim u_n = \ell\) et \(\lim v_n = +\infty\), alors \(\lim (u_n + v_n) = +\infty\).
Si \(\lim u_n = +\infty\) et \(\lim v_n = +\infty\), alors \(\lim (u_n + v_n) = +\infty\).
Démonstration (cas ℓ + ℓ')

Soit \(\varepsilon > 0\). Comme \(\lim u_n = \ell\), il existe \(N_1\) tel que pour \(n \geq N_1\), \(|u_n - \ell| < \frac{\varepsilon}{2}\).

Comme \(\lim v_n = \ell'\), il existe \(N_2\) tel que pour \(n \geq N_2\), \(|v_n - \ell'| < \frac{\varepsilon}{2}\).

Pour \(n \geq \max(N_1, N_2)\) :

\(|(u_n + v_n) - (\ell + \ell')| \leq |u_n - \ell| + |v_n - \ell'| < \frac{\varepsilon}{2} + \frac{\varepsilon}{2} = \varepsilon\)

(on a utilise l’inégalité triangulaire \(|a + b| \leq |a| + |b|\)). ∎

Remarque — Formes indeterminees
Les cas suivants sont des formes indeterminees : on ne peut pas conclure directement.
  • \((+\infty) + (-\infty)\)
  • \(0 \times (\pm\infty)\)
  • \(\dfrac{\infty}{\infty}\)
  • \(\dfrac{0}{0}\)
Il faut alors transformer l’expression (factoriser, simplifier, encadrer…) pour lever l’indetermination.
Méthode — Lever une forme indeterminee

Déterminer la limite de \(u_n = n^2 - 3n\).

Forme indeterminee \((+\infty) - (+\infty)\). On factorise par le terme dominant :

\(u_n = n^2\left(1 - \dfrac{3}{n}\right)\). Or \(\lim \dfrac{3}{n} = 0\), donc \(\lim\left(1 - \dfrac{3}{n}\right) = 1 > 0\).

Ainsi \(\lim u_n = +\infty\).

6. Théorèmes de convergence

Théorème — Suite croissante majoree
Toute suite croissante et majoree est convergente.
Toute suite décroissante et minoree est convergente.
Ce théorème est admis — justification intuitive

La démonstration rigoureuse repose sur la borne supérieure (propriété fondamentale de \(\mathbb{R}\), hors programme). L’idee intuitive est la suivante :

Une suite croissante et majoree « monte » mais est bloquee par un plafond. Elle ne peut pas diverger vers \(+\infty\) (elle est majoree) ni osciller (elle est croissante). Il ne reste qu’une possibilite : elle se tasse vers une valeur limite.

Plus precisement, l’ensemble des valeurs \(\{u_n\}\) est un ensemble de réels non vide et majore. Par l’axiome de la borne supérieure, il admet une borne supérieure \(\ell = \sup\{u_n\}\), et on montre que \(\lim u_n = \ell\).

Théorème des gendarmes (encadrement)
Si pour tout \(n \geq n_0\), \(v_n \leq u_n \leq w_n\), et si \(\lim v_n = \lim w_n = \ell\), alors \(\lim u_n = \ell\).
Démonstration

Soit \(\varepsilon > 0\). Comme \(\lim v_n = \ell\), il existe \(N_1\) tel que pour \(n \geq N_1\) : \(\ell - \varepsilon < v_n\).

Comme \(\lim w_n = \ell\), il existe \(N_2\) tel que pour \(n \geq N_2\) : \(w_n < \ell + \varepsilon\).

Pour \(n \geq \max(N_1, N_2, n_0)\) :

\(\ell - \varepsilon < v_n \leq u_n \leq w_n < \ell + \varepsilon\)

Donc \(|u_n - \ell| < \varepsilon\). Par définition, \(\lim u_n = \ell\). ∎

Exemple — Théorème des gendarmes

Montrer que \(\lim \dfrac{\sin(n)}{n} = 0\).

Pour tout \(n \geq 1\), \(-1 \leq \sin(n) \leq 1\), donc \(-\dfrac{1}{n} \leq \dfrac{\sin(n)}{n} \leq \dfrac{1}{n}\).

Or \(\lim \dfrac{-1}{n} = \lim \dfrac{1}{n} = 0\). Par le théorème des gendarmes, \(\lim \dfrac{\sin(n)}{n} = 0\).

Théorème de comparaison
Si \(u_n \leq v_n\) à partir d’un certain rang et si \(\lim u_n = +\infty\), alors \(\lim v_n = +\infty\).
Démonstration

Soit \(A > 0\). Comme \(\lim u_n = +\infty\), il existe \(N_1\) tel que pour \(n \geq N_1\) : \(u_n > A\).

De plus, \(u_n \leq v_n\) à partir d’un certain rang \(N_2\).

Pour \(n \geq \max(N_1, N_2)\) : \(v_n \geq u_n > A\).

Donc pour tout \(A > 0\), \(v_n > A\) à partir d’un certain rang. Par définition, \(\lim v_n = +\infty\). ∎

Méthode — Suites auxiliaires

Soit \(u_0 = 5\) et \(u_{n+1} = \dfrac{u_n + 3}{2}\). Déterminer la limite.

On pose \(v_n = u_n - 3\). Alors \(v_{n+1} = u_{n+1} - 3 = \dfrac{u_n + 3}{2} - 3 = \dfrac{u_n - 3}{2} = \dfrac{v_n}{2}\).

Donc \((v_n)\) est géométrique de raison \(\dfrac{1}{2}\) et de premier terme \(v_0 = 2\).

\(v_n = 2 \times \left(\dfrac{1}{2}\right)^n\), donc \(u_n = 3 + 2 \times \left(\dfrac{1}{2}\right)^n\).

Comme \(\left|\dfrac{1}{2}\right| < 1\), \(\lim v_n = 0\), d’ou \(\lim u_n = 3\).

Solution du problème d’ouverture — La croissance d’une population de bacteries

La suite \(u_n = 100 \times 2^n\) est une suite géométrique de raison \(q = 2 > 1\). Elle est strictement croissante et non bornée.

On cherche \(n\) tel que \(100 \times 2^n > 1\,000\,000\), soit \(2^n > 10\,000\). En passant au logarithme : \(n > \dfrac{\ln(10\,000)}{\ln(2)} \approx \dfrac{9{,}21}{0{,}693} \approx 13{,}3\).

Donc à partir de \(n = 14\) heures, la population depasse un million de bacteries (\(u_{14} = 100 \times 2^{14} = 1\,638\,400\)).

La suite \((u_n)\) admet pour limite \(+\infty\) : c’est un exemple de croissance exponentielle.

Solution de l’énigme — Une suite qui converge

Calculons : \(u_0 = 1\), \(u_1 = 2\), \(u_2 = 2{,}5\), \(u_3 = 2{,}75\), \(u_4 = 2{,}875\), …

La suite semble converger vers 3. Si \(\ell\) est la limite, alors \(\ell = \dfrac{\ell + 3}{2}\), d’ou \(2\ell = \ell + 3\), soit \(\ell = 3\). ✓

📐 Applets GeoGebra — suites et récurrence

🎯 Applet interactif — Construction des 4 premiers termes d'une suite récurrente

Visualise la suite \(u_{n+1} = f(u_n)\). Manipule \(u_0\) et observe la convergence (ou divergence). · ↗ Ouvrir en plein écran

Pour approfondir, d'autres applets s'ouvrent en plein écran dans un nouvel onglet :

Banque complète (1245 applets) — voir le catalogue GeoGebra.

Bilan — Formules essentielles

NotionFormule / Résultat
Suite arithmétique\(u_n = u_0 + nr\), somme \(= (n+1)\dfrac{u_0 + u_n}{2}\)
Suite géométrique\(u_n = u_0 q^n\), somme \(= u_0\dfrac{1-q^{n+1}}{1-q}\)
Limite de \(q^n\)\(0\) si \(|q| < 1\), \(+\infty\) si \(q > 1\)
Croissante majoreeConvergente
Théorème des gendarmes\(v_n \leq u_n \leq w_n\) et \(\lim v_n = \lim w_n = \ell \Rightarrow \lim u_n = \ell\)
RécurrenceInitialisation + Heredite + Conclusion

Pieges et contre-exemples

Suites et récurrence : teste d’abord ton intuition.

Score : 0 / 6 pieges identifies
1 Récurrence et rang initial

« Le raisonnement par récurrence prouve une propriété pour tout \(n \geq 0\). »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux. La récurrence prouve la propriété à partir du rang d’initialisation, qui n’est pas forcement 0. Si on initialise a \(n = 2\), on prouve pour tout \(n \geq 2\), pas pour \(n = 0\) ou \(n = 1\).

Toujours preciser « pour tout \(n \geq n_0\) » ou \(n_0\) est le rang d’initialisation.

Mini-test : si l’initialisation est faite a \(n = 3\), pour quels \(n\) la propriété est-elle prouvee ?

2 Limite positive

« Si \(u_n > 0\) pour tout \(n\), alors \(\lim u_n > 0\). »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux. La limite peut être nulle. Exemple : \(u_n = \frac{1}{n}\). On a \(u_n > 0\) pour tout \(n \geq 1\), mais \(\lim u_n = 0\). L’inégalité stricte ne se conserve pas au passage à la limite (elle devient large).

Retenir : \(u_n > 0 \Rightarrow \lim u_n \geq 0\) (inégalité large). Le passage à la limite « desserre » les inégalités strictes.

Mini-test : \(u_n = \frac{1}{n^2}\). Quelle est la limite ?

3 Heredite seule

« Si l’heredite est verifiee, la propriété est vraie pour tout \(n\). L’initialisation est une formalite. »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux. Sans initialisation, l’heredite ne prouve rien ! Exemple : « \(n > n+1\) pour tout \(n\) ». L’heredite « si \(n > n+1\) alors \(n+1 > n+2\) » est trivialement vraie (ajout de 1 aux deux membres), mais la propriété est fausse car l’initialisation echoue.

L’analogie des dominos : l’heredite dit « si un domino tombe, le suivant tombe aussi ». Mais sans pousser le premier (initialisation), rien ne tombe.

Mini-test : les trois étapes de la récurrence sont :

4 Suite géométrique et décroissance

« Une suite géométrique de raison \(|q| < 1\) est toujours décroissante (et converge vers 0). »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux. Elle converge bien vers 0 quand \(|q| < 1\), mais n’est pas forcément décroissante. Si \(q < 0\) (avec \(|q| < 1\)), la suite change de signe à chaque terme : elle oscille en s’amortissant. Exemple : \(u_n = (-0{,}5)^n\) donne \(1, -0{,}5, 0{,}25, -0{,}125, \ldots\) — ni croissante ni décroissante, mais bien \(\lim u_n = 0\).

Distinguer convergence vers 0 (toujours vraie si \(|q| < 1\)) et monotonie (seulement si \(q \in [0, 1[\)). Si \(q < 0\), la convergence est oscillante.

Mini-test : \(u_n = 3 \times (-0{,}5)^n\). Les premiers termes sont :

5 Suite auxiliaire

« Si \(u_{n+1} = 2u_n + 3\), alors \((u_n)\) est une suite géométrique de raison 2. »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux. La relation \(u_{n+1} = 2u_n + 3\) n’est pas de la forme \(u_{n+1} = q \cdot u_n\) a cause du \(+ 3\). On dit que \((u_n)\) est arithmetico-géométrique. Il faut poser une suite auxiliaire \(v_n = u_n + 3\) pour obtenir \(v_{n+1} = 2v_n\), qui est géométrique.

Relation \(u_{n+1} = au_n + b\) avec \(b \neq 0\) : jamais géométrique directement. Chercher le point fixe \(\ell = a\ell + b\).

Mini-test : le point fixe de \(u_{n+1} = 2u_n + 3\) est :

6 Suite croissante majoree

« Toute suite croissante et majoree converge. »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

C’est vrai ! C’est le théorème de convergence monotone : toute suite croissante et majoree converge (vers une limite finie). De même, toute suite décroissante et minoree converge.

Théorème fondamental a connaitre. Attention : croissante seule ne suffit pas (\(u_n = n\) diverge).

Mini-test : \(u_n = 1 - \frac{1}{n}\) est croissante et majoree par 1. Sa limite est :

➡️ Pour la suite
Ch. 3 — Limites de fonctions — Tu étendras la notion de limite aux fonctions numériques, socle de toute l'analyse de Terminale.