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Chapitre 10 — Géométrie dans le plan et dans l’espace

📋 Prérequis & 🎯 Objectifs du chapitre déplier
📋 Prérequis
  • 1re Spé — produit scalaire, géométrie repérée
🎯 Objectifs — à la fin du chapitre, je saurai…
  • Utiliser vecteurs et équations cartésiennes
  • Exploiter le produit scalaire et l'orthogonalité
  • Reconnaître droites et plans de l'espace
  • Calculer une projection orthogonale

Maths Complementaires — Terminale · Math@mine

Sommaire
1. Rappels vecteurs et coordonnées 2. Produit scalaire dans le plan 3. Applications du produit scalaire 4. Équations de droites 5. Géométrie reperee (distances, milieux) 6. Lieux géométriques
Géométrie dans l’espace
7. Reperage et vecteurs de l’espace 8. Produit scalaire dans l’espace 9. Droites de l’espace (representation parametrique) 10. Plans de l’espace (équation cartesienne) 11. Positions relatives et distances Bilan — Formules essentielles Pieges et contre-exemples

Le GPS et la triangulation

Un téléphone reçoit les signaux de trois antennes situées aux points \(A(0 ; 0)\), \(B(6 ; 0)\) et \(C(3 ; 5)\) (distances en km). D’après les temps de propagation, le téléphone se trouve à 5 km de \(A\), à 5 km de \(B\) et à 1 km de \(C\).

Ou se situe exactement le telephone ?

Comment utiliser les équations de cercles et les coordonnées pour localiser un point a partir de distances connues ?
→ Solution en fin de chapitre.

Descartes et la naissance de la géométrie analytique

En 1637, Rene Descartes publie La Géométrie, annexe de son celebre Discours de la méthode. L’idee revolutionnaire est de representer chaque point du plan par un couple de nombres (ses coordonnées) et chaque courbe par une équation algébrique.

Cette fusion entre algebre et géométrie permet de resoudre des problèmes géométriques par le calcul et, inversement, de visualiser des équations. Pierre de Fermat, travaillant independamment a la meme epoque, est arrive a des conclusions similaires. Ensemble, ils ont pose les fondations de ce qu’on appelle aujourd’hui la géométrie analytique.

Cette approche est a la base de toutes les technologies modernes de positionnement, de cartographie numérique et de conception assistee par ordinateur (CAO).

Le tresor cache

Sur une carte quadrillee, un tresor est enterre a un point \(T\) qui verifie simultanement les trois conditions suivantes :

  • \(T\) est a egale distance des points \(A(1 ; 2)\) et \(B(5 ; 4)\).
  • \(T\) est sur la droite d’équation \(y = x + 1\).
Quelles sont les coordonnées de \(T\) ?

→ Solution complète en fin de chapitre

Organisation du chapitre
Les sections 1 a 6 traitent la géométrie dans le plan (rappels et complements). Les sections 7 a 11 presentent la géométrie dans l’espace, au programme officiel de Maths Complementaires. Les outils de l’espace generalisent ceux du plan : chaque notion vue en dimension 2 admet un analogue en dimension 3.

1. Rappels vecteurs et coordonnées

Definition — Vecteur
Un vecteur \(\vec{u}\) est défini par une direction, un sens et une longueur (norme). Dans un repere \((O ; \vec{i}, \vec{j})\), le vecteur \(\vec{u}\) est represente par ses coordonnées \(\vec{u}\begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix}\).
Propriete — Coordonnées d’un vecteur a partir de deux points
Si \(A(x_A ; y_A)\) et \(B(x_B ; y_B)\), alors : \[\overrightarrow{AB} \begin{pmatrix} x_B - x_A \\ y_B - y_A \end{pmatrix}\]
Démonstration

Par définition des coordonnées d’un point : \(A = O + x_A \vec{i} + y_A \vec{j}\) et \(B = O + x_B \vec{i} + y_B \vec{j}\), où \(O\) est l’origine du repère.

Alors :

\(\overrightarrow{AB} = \overrightarrow{OB} - \overrightarrow{OA} = (x_B \vec{i} + y_B \vec{j}) - (x_A \vec{i} + y_A \vec{j}) = (x_B - x_A)\vec{i} + (y_B - y_A)\vec{j}.\)

Les coordonnées de \(\overrightarrow{AB}\) dans la base \((\vec{i}, \vec{j})\) sont donc \((x_B - x_A\,;\,y_B - y_A)\). ∎

Propriete — Operations sur les vecteurs
Soient \(\vec{u}\begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix}\) et \(\vec{v}\begin{pmatrix} x' \\ y' \end{pmatrix}\) et \(k \in \mathbb{R}\). Alors :
  • \(\vec{u} + \vec{v} = \begin{pmatrix} x + x' \\ y + y' \end{pmatrix}\)
  • \(k\vec{u} = \begin{pmatrix} kx \\ ky \end{pmatrix}\)
Démonstration

On écrit les vecteurs dans la base \((\vec{i}, \vec{j})\) : \(\vec{u} = x\vec{i} + y\vec{j}\) et \(\vec{v} = x'\vec{i} + y'\vec{j}\).

Somme. Par associativité et commutativité de l’addition vectorielle :

\(\vec{u} + \vec{v} = (x\vec{i} + y\vec{j}) + (x'\vec{i} + y'\vec{j}) = (x + x')\vec{i} + (y + y')\vec{j}.\)

Les coordonnées de \(\vec{u} + \vec{v}\) sont \((x + x'\,;\,y + y')\).

Produit par un réel. Par distributivité du produit externe :

\(k\vec{u} = k(x\vec{i} + y\vec{j}) = (kx)\vec{i} + (ky)\vec{j}.\)

Les coordonnées de \(k\vec{u}\) sont \((kx\,;\,ky)\). ∎

Definition — Colinearite
Deux vecteurs \(\vec{u}\begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix}\) et \(\vec{v}\begin{pmatrix} x' \\ y' \end{pmatrix}\) sont colineaires si et seulement si leur determinant est nul : \[\det(\vec{u}, \vec{v}) = xy' - x'y = 0\]
Exemple

Les vecteurs \(\vec{u}\begin{pmatrix} 3 \\ -2 \end{pmatrix}\) et \(\vec{v}\begin{pmatrix} -6 \\ 4 \end{pmatrix}\) sont colineaires car \(\det(\vec{u}, \vec{v}) = 3 \times 4 - (-2) \times (-6) = 12 - 12 = 0\). On a \(\vec{v} = -2\vec{u}\).

Propriete — Norme d’un vecteur
La norme du vecteur \(\vec{u}\begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix}\) est : \[\|\vec{u}\| = \sqrt{x^2 + y^2}\]
Justification

C’est une consequence directe du théorème de Pythagore. Le vecteur \(\vec{u}\begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix}\) est l’hypotenuse d’un triangle rectangle de cotes \(|x|\) et \(|y|\), d’ou \(\|\vec{u}\| = \sqrt{x^2 + y^2}\).

2. Produit scalaire dans le plan

2.1 Definitions equivalentes

Definition — Produit scalaire (avec l’angle)
Soient \(\vec{u}\) et \(\vec{v}\) deux vecteurs non nuls et \(\theta\) l’angle forme entre eux. Le produit scalaire de \(\vec{u}\) et \(\vec{v}\) est le nombre réel : \[\vec{u} \cdot \vec{v} = \|\vec{u}\| \times \|\vec{v}\| \times \cos\theta\] Si l’un des vecteurs est nul, on pose \(\vec{u} \cdot \vec{v} = 0\).
Propriete — Expression analytique
Si \(\vec{u}\begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix}\) et \(\vec{v}\begin{pmatrix} x' \\ y' \end{pmatrix}\), alors : \[\vec{u} \cdot \vec{v} = xx' + yy'\]
Justification

On développé \(\|\vec{u} + \vec{v}\|^2 = (x+x')^2 + (y+y')^2 = x^2 + 2xx' + x'^2 + y^2 + 2yy' + y'^2\).

Or \(\|\vec{u} + \vec{v}\|^2 = \|\vec{u}\|^2 + 2\,\vec{u} \cdot \vec{v} + \|\vec{v}\|^2\) (identité remarquable vectorielle).

En identifiant : \(2\,\vec{u} \cdot \vec{v} = 2xx' + 2yy'\), d’ou \(\vec{u} \cdot \vec{v} = xx' + yy'\).

Propriete — Formule avec la projection orthogonale
Si \(H\) est le projete orthogonal de \(C\) sur la droite \((AB)\), alors : \[\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = \overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AH}\] avec le signe selon que \(H\) est du meme cote que \(B\) ou non par rapport a \(A\).
Démonstration

Décomposons \(\overrightarrow{AC} = \overrightarrow{AH} + \overrightarrow{HC}\) où \(H\) est le projeté orthogonal de \(C\) sur \((AB)\). Par bilinéarité du produit scalaire :

\(\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = \overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AH} + \overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{HC}.\)

Or \(\overrightarrow{HC}\) est orthogonal à \((AB)\) (définition du projeté orthogonal), donc \(\overrightarrow{HC} \perp \overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{HC} = 0\).

D’où \(\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = \overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AH}\).

Signe. Si \(H\) est du même côté que \(B\) par rapport à \(A\), alors \(\overrightarrow{AH}\) et \(\overrightarrow{AB}\) sont dans le même sens, donc \(\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AH} = AB \cdot AH > 0\). Sinon, ils sont de sens opposés, donc \(\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AH} = -AB \cdot AH < 0\). ∎

Propriete — Formule de polarisation
\[\vec{u} \cdot \vec{v} = \frac{1}{2}\left(\|\vec{u}+\vec{v}\|^2 - \|\vec{u}\|^2 - \|\vec{v}\|^2\right) = \frac{1}{2}\left(\|\vec{u}\|^2 + \|\vec{v}\|^2 - \|\vec{u}-\vec{v}\|^2\right)\]
Démonstration

Première formule. On développe \(\|\vec{u} + \vec{v}\|^2\) à l’aide de \(\|\vec{w}\|^2 = \vec{w}\cdot\vec{w}\) et de la bilinéarité :

\(\|\vec{u} + \vec{v}\|^2 = (\vec{u}+\vec{v})\cdot(\vec{u}+\vec{v}) = \vec{u}\cdot\vec{u} + 2\,\vec{u}\cdot\vec{v} + \vec{v}\cdot\vec{v} = \|\vec{u}\|^2 + 2\,\vec{u}\cdot\vec{v} + \|\vec{v}\|^2.\)

En isolant le produit scalaire :

\(\vec{u}\cdot\vec{v} = \dfrac{1}{2}\bigl(\|\vec{u}+\vec{v}\|^2 - \|\vec{u}\|^2 - \|\vec{v}\|^2\bigr).\)

Seconde formule. De même avec \(\vec{u} - \vec{v}\) :

\(\|\vec{u} - \vec{v}\|^2 = \|\vec{u}\|^2 - 2\,\vec{u}\cdot\vec{v} + \|\vec{v}\|^2.\)

D’où \(\vec{u}\cdot\vec{v} = \dfrac{1}{2}\bigl(\|\vec{u}\|^2 + \|\vec{v}\|^2 - \|\vec{u}-\vec{v}\|^2\bigr)\). ∎

2.2 Proprietes du produit scalaire

Propriete — Règles de calcul
Pour tous vecteurs \(\vec{u}\), \(\vec{v}\), \(\vec{w}\) et tout réel \(k\) :
  • Symétrie : \(\vec{u} \cdot \vec{v} = \vec{v} \cdot \vec{u}\)
  • Bilinearite : \(\vec{u} \cdot (\vec{v} + \vec{w}) = \vec{u} \cdot \vec{v} + \vec{u} \cdot \vec{w}\) et \((k\vec{u}) \cdot \vec{v} = k(\vec{u} \cdot \vec{v})\)
  • Carré scalaire : \(\vec{u} \cdot \vec{u} = \|\vec{u}\|^2\)
Démonstration (via l’expression analytique)

On utilise l’expression \(\vec{u}\cdot\vec{v} = xx' + yy'\) pour \(\vec{u}(x\,;\,y)\) et \(\vec{v}(x'\,;\,y')\).

Symétrie. \(\vec{u}\cdot\vec{v} = xx' + yy' = x'x + y'y = \vec{v}\cdot\vec{u}\).

Bilinéarité — distributivité. Soit \(\vec{w}(x''\,;\,y'')\). Alors \(\vec{v} + \vec{w}\) a pour coordonnées \((x' + x''\,;\,y' + y'')\), donc :

\(\vec{u}\cdot(\vec{v}+\vec{w}) = x(x' + x'') + y(y' + y'') = (xx' + yy') + (xx'' + yy'') = \vec{u}\cdot\vec{v} + \vec{u}\cdot\vec{w}.\)

Bilinéarité — produit par un scalaire. \(k\vec{u}\) a pour coordonnées \((kx\,;\,ky)\), donc :

\((k\vec{u})\cdot\vec{v} = (kx)x' + (ky)y' = k(xx' + yy') = k(\vec{u}\cdot\vec{v}).\)

Carré scalaire. \(\vec{u}\cdot\vec{u} = x^2 + y^2 = \|\vec{u}\|^2\) (d’après la formule de la norme). ∎

Théorème — Orthogonalite
Deux vecteurs \(\vec{u}\) et \(\vec{v}\) sont orthogonaux si et seulement si \(\vec{u} \cdot \vec{v} = 0\).
Justification

Par definition, \(\vec{u} \cdot \vec{v} = \|\vec{u}\| \times \|\vec{v}\| \times \cos\theta\). Si les vecteurs sont non nuls, \(\vec{u} \cdot \vec{v} = 0\) equivaut a \(\cos\theta = 0\), soit \(\theta = 90°\) : les vecteurs sont orthogonaux. Le cas ou l’un est nul est traite par convention (\(\vec{0}\) est orthogonal a tout vecteur).

Exemple

Soient \(\vec{u}\begin{pmatrix} 3 \\ 4 \end{pmatrix}\) et \(\vec{v}\begin{pmatrix} -8 \\ 6 \end{pmatrix}\). On calcule : \(\vec{u} \cdot \vec{v} = 3 \times (-8) + 4 \times 6 = -24 + 24 = 0\).

Les vecteurs \(\vec{u}\) et \(\vec{v}\) sont orthogonaux.

3. Applications du produit scalaire

3.1 Calcul d’un angle

Méthode — Déterminer un angle entre deux vecteurs
On utilise la formule : \[\cos\theta = \frac{\vec{u} \cdot \vec{v}}{\|\vec{u}\| \times \|\vec{v}\|}\] Puis on détermine \(\theta\) a l’aide de la touche \(\cos^{-1}\) de la calculatrice.
Exemple

Soient \(A(1;2)\), \(B(4;6)\), \(C(5;1)\). Calculons l’angle \(\widehat{BAC}\).



\(\overrightarrow{AB}\begin{pmatrix} 3 \\ 4 \end{pmatrix}\), \(\overrightarrow{AC}\begin{pmatrix} 4 \\ -1 \end{pmatrix}\).

\(\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = 3 \times 4 + 4 \times (-1) = 12 - 4 = 8\).

\(\|\overrightarrow{AB}\| = \sqrt{9+16} = 5\) et \(\|\overrightarrow{AC}\| = \sqrt{16+1} = \sqrt{17}\).

\(\cos(\widehat{BAC}) = \frac{8}{5\sqrt{17}} \approx 0{,}388\), d’ou \(\widehat{BAC} \approx 67{,}1°\).

3.2 Théorème d’Al-Kashi

Théorème — Al-Kashi (generalisation de Pythagore)
Dans un triangle \(ABC\), en notant \(a = BC\), \(b = AC\), \(c = AB\) : \[a^2 = b^2 + c^2 - 2bc\cos(\widehat{A})\] Lorsque \(\widehat{A} = 90°\), on retrouve le théorème de Pythagore : \(a^2 = b^2 + c^2\).
Justification

On calcule \(a^2 = BC^2 = \|\overrightarrow{BC}\|^2 = \|\overrightarrow{AC} - \overrightarrow{AB}\|^2\).

En developpant avec le carré scalaire : \(a^2 = \|\overrightarrow{AC}\|^2 - 2\,\overrightarrow{AC} \cdot \overrightarrow{AB} + \|\overrightarrow{AB}\|^2 = b^2 + c^2 - 2\,\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC}\).

Or \(\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = bc\cos(\widehat{A})\), d’ou \(a^2 = b^2 + c^2 - 2bc\cos(\widehat{A})\).

Exemple

Dans un triangle ou \(b = 7\), \(c = 5\) et \(\widehat{A} = 60°\) :



\(a^2 = 49 + 25 - 2 \times 7 \times 5 \times \cos(60°) = 74 - 70 \times 0{,}5 = 74 - 35 = 39\)

Donc \(a = \sqrt{39} \approx 6{,}24\).

3.3 Formules utiles

Propriete — Identites remarquables vectorielles
  • \((\vec{u} + \vec{v})^2 = \|\vec{u}\|^2 + 2\,\vec{u} \cdot \vec{v} + \|\vec{v}\|^2\)
  • \((\vec{u} - \vec{v})^2 = \|\vec{u}\|^2 - 2\,\vec{u} \cdot \vec{v} + \|\vec{v}\|^2\)
  • \((\vec{u} + \vec{v}) \cdot (\vec{u} - \vec{v}) = \|\vec{u}\|^2 - \|\vec{v}\|^2\)
Justification

On développé par bilinearite du produit scalaire :

\((\vec{u} + \vec{v})^2 = (\vec{u} + \vec{v}) \cdot (\vec{u} + \vec{v}) = \vec{u} \cdot \vec{u} + 2\,\vec{u} \cdot \vec{v} + \vec{v} \cdot \vec{v} = \|\vec{u}\|^2 + 2\,\vec{u} \cdot \vec{v} + \|\vec{v}\|^2\).

Les deux autres formules se demontrent de maniere analogue.

4. Équations de droites

4.1 Équation cartesienne

Definition — Équation cartesienne d’une droite
Toute droite du plan admet une équation de la forme : \[ax + by + c = 0 \quad \text{avec } (a, b) \neq (0, 0)\] Le vecteur \(\vec{n}\begin{pmatrix} a \\ b \end{pmatrix}\) est un vecteur normal a la droite et \(\vec{u}\begin{pmatrix} -b \\ a \end{pmatrix}\) est un vecteur directeur.
Exemple

La droite \(d : 3x - 2y + 7 = 0\) a pour vecteur normal \(\vec{n}\begin{pmatrix} 3 \\ -2 \end{pmatrix}\) et pour vecteur directeur \(\vec{u}\begin{pmatrix} 2 \\ 3 \end{pmatrix}\).

4.2 Équation reduite

Definition — Équation reduite
Si la droite n’est pas verticale, elle admet une équation reduite de la forme : \[y = mx + p\] ou \(m\) est le coefficient directeur (pente) et \(p\) l'ordonnee a l’origine.
Méthode — Déterminer l’équation d’une droite passant par deux points
Soient \(A(x_A ; y_A)\) et \(B(x_B ; y_B)\) avec \(x_A \neq x_B\).
  1. Coefficient directeur : \(m = \frac{y_B - y_A}{x_B - x_A}\)
  2. Ordonnee a l’origine : \(p = y_A - m x_A\)
Si \(x_A = x_B\), la droite est verticale d’équation \(x = x_A\).
Exemple

Droite passant par \(A(1 ; 3)\) et \(B(4 ; -1)\) :



\(m = \frac{-1 - 3}{4 - 1} = \frac{-4}{3}\) et \(p = 3 - \left(-\frac{4}{3}\right) \times 1 = 3 + \frac{4}{3} = \frac{13}{3}\).

L’équation reduite est \(y = -\frac{4}{3}x + \frac{13}{3}\).

4.3 Parallelisme et perpendicularite

Propriete — Droites paralleles
Deux droites \(d_1 : a_1 x + b_1 y + c_1 = 0\) et \(d_2 : a_2 x + b_2 y + c_2 = 0\) sont paralleles si et seulement si leurs vecteurs directeurs sont colineaires, c’est-a-dire : \[a_1 b_2 - a_2 b_1 = 0\] Avec les équations reduites : \(d_1 \parallel d_2 \iff m_1 = m_2\).
Justification

Les vecteurs directeurs sont \(\vec{u}_1(-b_1 ; a_1)\) et \(\vec{u}_2(-b_2 ; a_2)\). Ils sont colineaires si \(\det(\vec{u}_1, \vec{u}_2) = -b_1 a_2 - a_1 \times (-b_2) = a_1 b_2 - a_2 b_1 = 0\).

Propriete — Droites perpendiculaires
Deux droites sont perpendiculaires si et seulement si leurs vecteurs normaux (ou directeurs) sont orthogonaux : \[a_1 a_2 + b_1 b_2 = 0\] Avec les équations reduites : \(d_1 \perp d_2 \iff m_1 \times m_2 = -1\).
Justification

Les vecteurs normaux sont \(\vec{n}_1(a_1 ; b_1)\) et \(\vec{n}_2(a_2 ; b_2)\). Ils sont orthogonaux si \(\vec{n}_1 \cdot \vec{n}_2 = a_1 a_2 + b_1 b_2 = 0\). Pour les équations reduites \(y = m_1 x + p_1\) et \(y = m_2 x + p_2\), les vecteurs directeurs sont \((1 ; m_1)\) et \((1 ; m_2)\). Orthogonalite : \(1 \times 1 + m_1 m_2 = 0\), soit \(m_1 m_2 = -1\).

Exemple

Les droites \(d_1 : y = 2x + 1\) et \(d_2 : y = -\frac{1}{2}x + 5\) sont perpendiculaires car \(m_1 \times m_2 = 2 \times \left(-\frac{1}{2}\right) = -1\).

5. Géométrie reperee (distances, milieux)

5.1 Distance entre deux points

Propriete — Formule de la distance
La distance entre deux points \(A(x_A ; y_A)\) et \(B(x_B ; y_B)\) est : \[AB = \sqrt{(x_B - x_A)^2 + (y_B - y_A)^2}\]
Justification

\(AB = \|\overrightarrow{AB}\|\) et \(\overrightarrow{AB} = (x_B - x_A ; y_B - y_A)\). Par Pythagore (propriété de la norme, section 1) : \(AB = \sqrt{(x_B - x_A)^2 + (y_B - y_A)^2}\).

Exemple

Distance entre \(A(-1 ; 3)\) et \(B(2 ; 7)\) : \(AB = \sqrt{(2-(-1))^2 + (7-3)^2} = \sqrt{9 + 16} = \sqrt{25} = 5\).

5.2 Coordonnées du milieu

Propriete — Milieu d’un segment
Le milieu \(M\) du segment \([AB]\) a pour coordonnées : \[M\left(\frac{x_A + x_B}{2} \;;\; \frac{y_A + y_B}{2}\right)\]
Démonstration

Par définition, \(M\) est le milieu de \([AB]\) si et seulement si \(\overrightarrow{AM} = \overrightarrow{MB}\).

Notons \(M(x_M\,;\,y_M)\). Alors \(\overrightarrow{AM}(x_M - x_A\,;\,y_M - y_A)\) et \(\overrightarrow{MB}(x_B - x_M\,;\,y_B - y_M)\). L’égalité des deux vecteurs donne, par coordonnées :

\(x_M - x_A = x_B - x_M \Rightarrow 2x_M = x_A + x_B \Rightarrow x_M = \dfrac{x_A + x_B}{2}.\)

De même \(y_M = \dfrac{y_A + y_B}{2}.\) ∎

5.3 Distance d’un point a une droite

Théorème — Distance d’un point a une droite
La distance du point \(P(x_0 ; y_0)\) a la droite \(d : ax + by + c = 0\) est : \[d(P, d) = \frac{|ax_0 + by_0 + c|}{\sqrt{a^2 + b^2}}\]
Justification

Soit \(H\) le projete orthogonal de \(P\) sur \(d\). Le vecteur \(\overrightarrow{PH}\) est colineaire au vecteur normal \(\vec{n}(a ; b)\). On ecrit \(\overrightarrow{PH} = t\,\vec{n}\) pour un certain réel \(t\), d’ou \(H(x_0 + ta ; y_0 + tb)\).

Comme \(H \in d\) : \(a(x_0 + ta) + b(y_0 + tb) + c = 0\), soit \(t(a^2 + b^2) = -(ax_0 + by_0 + c)\), d’ou \(t = \frac{-(ax_0 + by_0 + c)}{a^2 + b^2}\).

La distance est \(PH = |t| \cdot \|\vec{n}\| = \frac{|ax_0 + by_0 + c|}{a^2 + b^2} \times \sqrt{a^2 + b^2} = \frac{|ax_0 + by_0 + c|}{\sqrt{a^2 + b^2}}\).

Exemple

Distance du point \(P(2 ; 3)\) a la droite \(d : 3x + 4y - 1 = 0\) :



\(d(P, d) = \frac{|3 \times 2 + 4 \times 3 - 1|}{\sqrt{9 + 16}} = \frac{|6 + 12 - 1|}{5} = \frac{17}{5} = 3{,}4\).

5.4 Équation d’un cercle

Definition — Équation d’un cercle
Le cercle de centre \(\Omega(a ; b)\) et de rayon \(r\) a pour équation d’un cercle : \[(x - a)^2 + (y - b)^2 = r^2\]
Méthode — Reconnaitre un cercle a partir d’une équation développée
L’équation \(x^2 + y^2 + Dx + Ey + F = 0\) represente un cercle si et seulement si \(\frac{D^2}{4} + \frac{E^2}{4} - F > 0\). Le centre est \(\left(-\frac{D}{2} ; -\frac{E}{2}\right)\) et le rayon est \(r = \sqrt{\frac{D^2}{4} + \frac{E^2}{4} - F}\).
Exemple

\(x^2 + y^2 - 6x + 2y - 6 = 0\). On a \(D = -6\), \(E = 2\), \(F = -6\).



Centre : \(\left(3 ; -1\right)\). Rayon : \(r = \sqrt{9 + 1 + 6} = \sqrt{16} = 4\).

6. Lieux géométriques

Definition — Lieu géométrique
Un lieu géométrique est l’ensemble de tous les points du plan verifiant une condition donnee. Déterminer un lieu géométrique consiste a traduire cette condition par une équation ou un système d’équations.

6.1 Mediatrice d’un segment

Théorème — Mediatrice
La mediatrice du segment \([AB]\) est l’ensemble des points \(M\) equidistants de \(A\) et de \(B\) : \[MA = MB \iff \overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{M'M} = 0 \quad \text{ou } M' \text{ est le milieu de } [AB]\] C’est la droite perpendiculaire a \((AB)\) passant par le milieu de \([AB]\).
Justification

Soit \(M'\) le milieu de \([AB]\). Montrons que \(MA = MB \iff \overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{M'M} = 0\).

\(MA^2 - MB^2 = \|\overrightarrow{MA}\|^2 - \|\overrightarrow{MB}\|^2 = (\overrightarrow{MA} + \overrightarrow{MB}) \cdot (\overrightarrow{MA} - \overrightarrow{MB})\) (identité remarquable \(a^2 - b^2 = (a+b)(a-b)\) vectorielle).

Or \(\overrightarrow{MA} + \overrightarrow{MB} = 2\overrightarrow{MM'}\) (M' milieu) et \(\overrightarrow{MA} - \overrightarrow{MB} = \overrightarrow{BA}\). Donc \(MA^2 - MB^2 = 2\overrightarrow{MM'} \cdot \overrightarrow{BA}\).

\(MA = MB \iff MA^2 = MB^2 \iff \overrightarrow{MM'} \cdot \overrightarrow{BA} = 0 \iff \overrightarrow{M'M} \perp \overrightarrow{AB}\).

Méthode — Équation de la mediatrice
Pour trouver l’équation de la mediatrice de \([AB]\) avec \(A(x_A ; y_A)\) et \(B(x_B ; y_B)\) :
  1. On ecrit \(MA^2 = MB^2\).
  2. On développé : \((x - x_A)^2 + (y - y_A)^2 = (x - x_B)^2 + (y - y_B)^2\).
  3. On simplifie pour obtenir une équation de droite.
Exemple

Mediatrice de \([AB]\) avec \(A(1 ; 3)\) et \(B(5 ; 1)\).



\(MA^2 = MB^2\) donne \((x-1)^2 + (y-3)^2 = (x-5)^2 + (y-1)^2\).

En developpant : \(x^2 - 2x + 1 + y^2 - 6y + 9 = x^2 - 10x + 25 + y^2 - 2y + 1\).

On simplifie : \(8x - 4y - 16 = 0\), soit \(2x - y - 4 = 0\), c’est-a-dire \(y = 2x - 4\).

6.2 Cercle comme lieu géométrique

Propriete — Cercle défini par une condition de distance
L’ensemble des points \(M\) tels que \(MA = r\) (distance constante a un point fixe \(A\)) est le cercle de centre \(A\) et de rayon \(r\).
Démonstration

C’est la définition même du cercle : le cercle de centre \(A\) et de rayon \(r > 0\) est l’ensemble des points du plan situés à la distance \(r\) de \(A\).

Équation cartésienne. Avec \(A(a\,;\,b)\) et \(M(x\,;\,y)\) :

\(MA = r \iff MA^2 = r^2 \iff (x - a)^2 + (y - b)^2 = r^2.\)

On retrouve l’équation classique du cercle : à chaque point \(M\) du cercle correspond exactement une solution de cette équation, et réciproquement. ∎

Propriete — Cercle de diamètre donne
L’ensemble des points \(M\) tels que \(\overrightarrow{MA} \cdot \overrightarrow{MB} = 0\) est le cercle de diamètre \([AB]\) (prive de \(A\) et \(B\) eux-memes si l’on exige un angle strict).
Justification

Soit \(\Omega\) le milieu de \([AB]\). On ecrit \(\overrightarrow{MA} = \overrightarrow{M\Omega} + \overrightarrow{\Omega A}\) et \(\overrightarrow{MB} = \overrightarrow{M\Omega} + \overrightarrow{\Omega B}\).

Comme \(\overrightarrow{\Omega B} = -\overrightarrow{\Omega A}\), on a : \(\overrightarrow{MA} \cdot \overrightarrow{MB} = (\overrightarrow{M\Omega} + \overrightarrow{\Omega A}) \cdot (\overrightarrow{M\Omega} - \overrightarrow{\Omega A}) = \|\overrightarrow{M\Omega}\|^2 - \|\overrightarrow{\Omega A}\|^2\).

Donc \(\overrightarrow{MA} \cdot \overrightarrow{MB} = 0 \iff M\Omega^2 = \Omega A^2 \iff M\Omega = \Omega A = \frac{AB}{2}\) : c’est le cercle de centre \(\Omega\) et de rayon \(\frac{AB}{2}\).

Exemple

Trouvons le lieu des points \(M(x ; y)\) tels que \(\overrightarrow{MA} \cdot \overrightarrow{MB} = 0\) avec \(A(0 ; 0)\) et \(B(4 ; 2)\).



\(\overrightarrow{MA}\begin{pmatrix} -x \\ -y \end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{MB}\begin{pmatrix} 4 - x \\ 2 - y \end{pmatrix}\).

\(\overrightarrow{MA} \cdot \overrightarrow{MB} = -x(4-x) + (-y)(2-y) = -4x + x^2 - 2y + y^2 = 0\).

Soit \(x^2 + y^2 - 4x - 2y = 0\), c’est-a-dire \((x - 2)^2 + (y - 1)^2 = 5\).

C’est le cercle de centre \((2 ; 1)\) (milieu de \([AB]\)) et de rayon \(\sqrt{5}\).

6.3 Intersection de lieux géométriques

Méthode — Trouver un point par intersection de lieux
Pour localiser un point verifiant plusieurs conditions, on détermine l’équation de chaque lieu géométrique puis on resout le système d’équations correspondant. Les solutions sont les points d’intersection.
Remarque — Nombre de solutions
L’intersection de deux droites donne en général un point (sauf si elles sont paralleles). L’intersection d’une droite et d’un cercle donne 0, 1 ou 2 points. L’intersection de deux cercles donne 0, 1 ou 2 points.

7. Reperage et vecteurs de l’espace

7.1 Repere orthonorme de l’espace

Definition — Repere de l’espace
Un repere de l’espace est la donnee d’un point \(O\) (l’origine) et de trois vecteurs \(\vec{i}\), \(\vec{j}\), \(\vec{k}\) non coplanaires. On le note \((O ; \vec{i}, \vec{j}, \vec{k})\). Il est orthonorme si les trois vecteurs sont deux a deux orthogonaux et de norme 1.

Tout point \(M\) de l’espace admet alors un unique triplet de coordonnées \((x ; y ; z)\) tel que : \[\overrightarrow{OM} = x\,\vec{i} + y\,\vec{j} + z\,\vec{k}\]
Remarque — Analogie avec le plan
Tout ce qui suit generalise la section 1 : on ajoute simplement une troisieme coordonnee \(z\). Les formules se lisent comme celles du plan, avec un terme supplementaire.

7.2 Vecteurs de l’espace

Propriete — Coordonnées d’un vecteur a partir de deux points
Si \(A(x_A ; y_A ; z_A)\) et \(B(x_B ; y_B ; z_B)\), alors : \[\overrightarrow{AB}\begin{pmatrix} x_B - x_A \\ y_B - y_A \\ z_B - z_A \end{pmatrix}\]
Démonstration

Par définition : \(\overrightarrow{OA} = x_A\vec{i} + y_A\vec{j} + z_A\vec{k}\) et \(\overrightarrow{OB} = x_B\vec{i} + y_B\vec{j} + z_B\vec{k}\). Alors :

\(\overrightarrow{AB} = \overrightarrow{OB} - \overrightarrow{OA} = (x_B - x_A)\vec{i} + (y_B - y_A)\vec{j} + (z_B - z_A)\vec{k}.\)

Les coordonnées de \(\overrightarrow{AB}\) dans la base \((\vec{i}, \vec{j}, \vec{k})\) sont donc \((x_B - x_A\,;\,y_B - y_A\,;\,z_B - z_A)\) — même formule que dans le plan, avec la troisième coordonnée en plus. ∎

Propriete — Operations sur les vecteurs de l’espace
Soient \(\vec{u}\begin{pmatrix} x \\ y \\ z \end{pmatrix}\), \(\vec{v}\begin{pmatrix} x' \\ y' \\ z' \end{pmatrix}\) et \(k \in \mathbb{R}\). Alors :
  • \(\vec{u} + \vec{v} = \begin{pmatrix} x + x' \\ y + y' \\ z + z' \end{pmatrix}\)
  • \(k\vec{u} = \begin{pmatrix} kx \\ ky \\ kz \end{pmatrix}\)
  • \(\vec{u} = \vec{v}\) si et seulement si \(x = x'\), \(y = y'\) et \(z = z'\).
Démonstration

La démonstration est identique à celle du plan (section 1) — on ajoute simplement la composante \(\vec{k}\).

Écrivons \(\vec{u} = x\vec{i} + y\vec{j} + z\vec{k}\) et \(\vec{v} = x'\vec{i} + y'\vec{j} + z'\vec{k}\).

Somme. Par associativité et commutativité :

\(\vec{u} + \vec{v} = (x + x')\vec{i} + (y + y')\vec{j} + (z + z')\vec{k}.\)

Produit par un réel. Par distributivité :

\(k\vec{u} = (kx)\vec{i} + (ky)\vec{j} + (kz)\vec{k}.\)

Égalité. Deux vecteurs sont égaux si et seulement si ils ont les mêmes coordonnées dans la base. Cette propriété résulte de l’unicité de la décomposition d’un vecteur dans la base \((\vec{i}, \vec{j}, \vec{k})\) (car celle-ci est formée de vecteurs linéairement indépendants). ∎

Definition — Colinearite dans l’espace
Deux vecteurs \(\vec{u}\) et \(\vec{v}\) sont colineaires s’il existe un réel \(k\) tel que \(\vec{v} = k\,\vec{u}\) (ou si l’un des deux est nul). En coordonnées, il suffit de verifier que les trois rapports \(\dfrac{x'}{x}\), \(\dfrac{y'}{y}\), \(\dfrac{z'}{z}\) (pour les valeurs non nulles) sont egaux.
Exemple

Soient \(A(1 ; 2 ; -1)\), \(B(3 ; 5 ; 2)\), \(C(-1 ; -1 ; -4)\). Les points \(A\), \(B\), \(C\) sont-ils alignes ?



\(\overrightarrow{AB}\begin{pmatrix} 2 \\ 3 \\ 3 \end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{AC}\begin{pmatrix} -2 \\ -3 \\ -3 \end{pmatrix}\).

On constate que \(\overrightarrow{AC} = -\overrightarrow{AB}\), donc les vecteurs sont colineaires : les trois points sont alignes.

7.3 Norme et distance dans l’espace

Propriete — Norme d’un vecteur de l’espace
La norme du vecteur \(\vec{u}\begin{pmatrix} x \\ y \\ z \end{pmatrix}\) est : \[\|\vec{u}\| = \sqrt{x^2 + y^2 + z^2}\]
Démonstration (Pythagore double)

Soit \(M\) le point de coordonnées \((x\,;\,y\,;\,z)\) tel que \(\overrightarrow{OM} = \vec{u}\). On projette \(M\) orthogonalement sur le plan \((Oxy)\) pour obtenir \(M'(x\,;\,y\,;\,0)\).

1ère application de Pythagore (dans le plan \((Oxy)\)) : le triangle \(OAM'\) avec \(A(x\,;\,0\,;\,0)\) est rectangle en \(A\), donc \(OM'^2 = x^2 + y^2\).

2ème application de Pythagore (dans le plan vertical \((OM'M)\)) : le triangle \(OM'M\) est rectangle en \(M'\) (car \(\overrightarrow{M'M}\) est vertical, donc orthogonal au plan \((Oxy)\)), donc :

\(OM^2 = OM'^2 + M'M^2 = (x^2 + y^2) + z^2.\)

D’où \(\|\vec{u}\| = OM = \sqrt{x^2 + y^2 + z^2}\). ∎

Propriete — Distance entre deux points de l’espace
La distance entre deux points \(A(x_A ; y_A ; z_A)\) et \(B(x_B ; y_B ; z_B)\) est : \[AB = \sqrt{(x_B - x_A)^2 + (y_B - y_A)^2 + (z_B - z_A)^2}\]
Démonstration

Par définition, \(AB = \|\overrightarrow{AB}\|\). D’après la propriété sur les coordonnées d’un vecteur à partir de deux points (section 7.2) :

\(\overrightarrow{AB}(x_B - x_A\,;\,y_B - y_A\,;\,z_B - z_A).\)

On applique la formule de la norme :

\(AB = \|\overrightarrow{AB}\| = \sqrt{(x_B - x_A)^2 + (y_B - y_A)^2 + (z_B - z_A)^2}.\) ∎

Exemple

Distance entre \(A(1 ; 2 ; 3)\) et \(B(4 ; 6 ; 15)\) :



\(AB = \sqrt{(4-1)^2 + (6-2)^2 + (15-3)^2} = \sqrt{9 + 16 + 144} = \sqrt{169} = 13\).

Propriete — Milieu d’un segment dans l’espace
Le milieu du segment \([AB]\) a pour coordonnées : \[M\left(\frac{x_A + x_B}{2} \;;\; \frac{y_A + y_B}{2} \;;\; \frac{z_A + z_B}{2}\right)\]
Démonstration

Même démonstration que dans le plan. \(M\) est le milieu de \([AB]\) si et seulement si \(\overrightarrow{AM} = \overrightarrow{MB}\). En notant \(M(x_M\,;\,y_M\,;\,z_M)\), cette égalité vectorielle donne par coordonnées :

\(x_M - x_A = x_B - x_M \Rightarrow x_M = \dfrac{x_A + x_B}{2},\)

et de même \(y_M = \dfrac{y_A + y_B}{2}\), \(z_M = \dfrac{z_A + z_B}{2}\). ∎

8. Produit scalaire dans l’espace

Definition — Produit scalaire dans l’espace
Le produit scalaire de deux vecteurs \(\vec{u}\) et \(\vec{v}\) de l’espace se definit comme dans le plan (voir section 2) : \[\vec{u} \cdot \vec{v} = \|\vec{u}\| \times \|\vec{v}\| \times \cos\theta\] ou \(\theta\) est l’angle entre les deux vecteurs (ils engendrent toujours un plan).
Propriete — Expression analytique (3D)
Dans un repere orthonorme, si \(\vec{u}\begin{pmatrix} x \\ y \\ z \end{pmatrix}\) et \(\vec{v}\begin{pmatrix} x' \\ y' \\ z' \end{pmatrix}\) : \[\vec{u} \cdot \vec{v} = xx' + yy' + zz'\]
Justification

Meme demonstration que dans le plan (section 2), en ajoutant la troisieme coordonnee. En developpant \(\|\vec{u} + \vec{v}\|^2 = (x+x')^2 + (y+y')^2 + (z+z')^2\) et en comparant avec \(\|\vec{u}\|^2 + 2\,\vec{u} \cdot \vec{v} + \|\vec{v}\|^2\), on obtient \(\vec{u} \cdot \vec{v} = xx' + yy' + zz'\).

Propriete — Règles de calcul
Les règles sont les memes que dans le plan : symétrie, bilinearite, carré scalaire \(\vec{u} \cdot \vec{u} = \|\vec{u}\|^2 = x^2 + y^2 + z^2\).
Démonstration

Les démonstrations sont identiques à celles du plan (section 2.2), en ajoutant simplement la composante \(z\) dans tous les calculs analytiques. On reprend l’expression \(\vec{u}\cdot\vec{v} = xx' + yy' + zz'\) :

Symétrie. \(\vec{u}\cdot\vec{v} = xx' + yy' + zz' = x'x + y'y + z'z = \vec{v}\cdot\vec{u}\).

Bilinéarité. Avec \(\vec{w}(x''\,;\,y''\,;\,z'')\) :

\(\vec{u}\cdot(\vec{v}+\vec{w}) = x(x'+x'') + y(y'+y'') + z(z'+z'') = \vec{u}\cdot\vec{v} + \vec{u}\cdot\vec{w}.\)

Pour \(k \in \mathbb{R}\) : \((k\vec{u})\cdot\vec{v} = kxx' + kyy' + kzz' = k(\vec{u}\cdot\vec{v})\).

Carré scalaire. \(\vec{u}\cdot\vec{u} = x^2 + y^2 + z^2 = \|\vec{u}\|^2\). ∎

Théorème — Orthogonalite dans l’espace
Deux vecteurs \(\vec{u}\) et \(\vec{v}\) de l’espace sont orthogonaux si et seulement si : \[\vec{u} \cdot \vec{v} = 0 \quad \text{c'est-a-dire} \quad xx' + yy' + zz' = 0\]
Justification

Meme raisonnement que dans le plan (section 2) : \(\vec{u} \cdot \vec{v} = \|\vec{u}\| \times \|\vec{v}\| \times \cos\theta = 0\) equivaut a \(\cos\theta = 0\) (si les vecteurs sont non nuls), soit \(\theta = 90°\).

Exemple

Soient \(\vec{u}\begin{pmatrix} 1 \\ 2 \\ -1 \end{pmatrix}\) et \(\vec{v}\begin{pmatrix} 3 \\ -1 \\ 1 \end{pmatrix}\). Sont-ils orthogonaux ?



\(\vec{u} \cdot \vec{v} = 1 \times 3 + 2 \times (-1) + (-1) \times 1 = 3 - 2 - 1 = 0\).

Donc \(\vec{u}\) et \(\vec{v}\) sont orthogonaux.

Exemple — Angle entre deux vecteurs

Soient \(\vec{u}\begin{pmatrix} 1 \\ 1 \\ 0 \end{pmatrix}\) et \(\vec{v}\begin{pmatrix} 1 \\ 0 \\ 1 \end{pmatrix}\). Determinons l’angle \(\theta\) entre ces deux vecteurs.



\(\vec{u} \cdot \vec{v} = 1 + 0 + 0 = 1\). \(\|\vec{u}\| = \sqrt{2}\) et \(\|\vec{v}\| = \sqrt{2}\).

\(\cos\theta = \dfrac{1}{\sqrt{2} \times \sqrt{2}} = \dfrac{1}{2}\), donc \(\theta = 60°\).

9. Droites de l’espace (representation parametrique)

Attention — Droites et équation cartesienne
Dans l’espace, une droite n’admet pas d’équation cartesienne unique du type \(ax + by + cz + d = 0\) : cette forme definit un plan, pas une droite. Pour decrire une droite, on utilise une representation parametrique.
Definition — Representation parametrique d’une droite
Soit \(A(x_A ; y_A ; z_A)\) un point et \(\vec{u}\begin{pmatrix} a \\ b \\ c \end{pmatrix}\) un vecteur non nul. La droite \(d\) passant par \(A\) et de vecteur directeur \(\vec{u}\) est l’ensemble des points \(M(x ; y ; z)\) tels que \(\overrightarrow{AM} = t\,\vec{u}\) avec \(t \in \mathbb{R}\).

Sa representation parametrique est : \[\begin{cases} x = x_A + a\,t \\ y = y_A + b\,t \\ z = z_A + c\,t \end{cases} \qquad t \in \mathbb{R}\]
Remarque — Le parametre t
Chaque valeur de \(t\) donne un point de la droite. Pour \(t = 0\), on obtient \(A\). Pour \(t = 1\), on obtient le point \(A + \vec{u}\). Le parametre \(t\) represente une sorte d’abscisse curviligne le long de la droite.
Exemple — Droite passant par deux points

Déterminer une representation parametrique de la droite \((AB)\) avec \(A(1 ; 0 ; 2)\) et \(B(3 ; 4 ; -1)\).



Vecteur directeur : \(\overrightarrow{AB}\begin{pmatrix} 2 \\ 4 \\ -3 \end{pmatrix}\).

Representation parametrique de \((AB)\) :

\(\begin{cases} x = 1 + 2t \\ y = 4t \\ z = 2 - 3t \end{cases}\) avec \(t \in \mathbb{R}\).

Méthode — Un point appartient-il a une droite ?
Pour savoir si un point \(M(x_0 ; y_0 ; z_0)\) appartient a une droite d’équation parametrique donnee, on cherche \(t\) tel que les trois équations soient satisfaites simultanement. Si une seule valeur de \(t\) fonctionne pour les trois coordonnées, alors \(M \in d\). Sinon, \(M \notin d\).
Exemple

Le point \(M(5 ; 8 ; -4)\) appartient-il a la droite \(d : \begin{cases} x = 1 + 2t \\ y = 4t \\ z = 2 - 3t \end{cases}\) ?



De la premiere équation : \(5 = 1 + 2t\), donc \(t = 2\).

Verification : \(y = 4 \times 2 = 8\) ✓ et \(z = 2 - 3 \times 2 = -4\) ✓.

Les trois équations donnent la meme valeur \(t = 2\), donc \(M\) appartient a \(d\).

10. Plans de l’espace (équation cartesienne)

Definition — Vecteur normal a un plan
On dit qu’un vecteur \(\vec{n}\) non nul est un vecteur normal au plan \(\mathcal{P}\) s’il est orthogonal a tous les vecteurs contenus dans \(\mathcal{P}\). Un plan est entierement détermine par un point et un vecteur normal.
Théorème — Équation cartesienne d’un plan
Dans un repere orthonorme, tout plan \(\mathcal{P}\) admet une équation cartesienne de la forme : \[ax + by + cz + d = 0 \qquad \text{avec } (a, b, c) \neq (0, 0, 0)\] Le vecteur \(\vec{n}\begin{pmatrix} a \\ b \\ c \end{pmatrix}\) est alors un vecteur normal a \(\mathcal{P}\).

Reciproquement, tout triplet \((a, b, c) \neq (0, 0, 0)\) et tout réel \(d\) definissent un plan de vecteur normal \(\vec{n}(a ; b ; c)\).
Justification

Un point \(M(x;y;z)\) appartient au plan passant par \(A(x_A;y_A;z_A)\) de vecteur normal \(\vec{n}(a;b;c)\) si et seulement si \(\overrightarrow{AM} \perp \vec{n}\), c’est-a-dire \(\overrightarrow{AM} \cdot \vec{n} = 0\).

Soit \(a(x - x_A) + b(y - y_A) + c(z - z_A) = 0\), qui se reecrit \(ax + by + cz + d = 0\) avec \(d = -(ax_A + by_A + cz_A)\). Reciproquement, toute équation de cette forme definit un ensemble de points dont le vecteur normal est \((a;b;c)\).

Méthode — Équation cartesienne d’un plan connaissant un point et un vecteur normal
Soit \(A(x_A ; y_A ; z_A)\) et \(\vec{n}\begin{pmatrix} a \\ b \\ c \end{pmatrix}\).
  1. Un point \(M(x ; y ; z)\) appartient au plan si et seulement si \(\overrightarrow{AM} \cdot \vec{n} = 0\).
  2. On développé : \(a(x - x_A) + b(y - y_A) + c(z - z_A) = 0\).
  3. On obtient une équation de la forme \(ax + by + cz + d = 0\) avec \(d = -(ax_A + by_A + cz_A)\).
Exemple

Déterminer une équation cartesienne du plan \(\mathcal{P}\) passant par \(A(2 ; -1 ; 3)\) et de vecteur normal \(\vec{n}\begin{pmatrix} 1 \\ 2 \\ -1 \end{pmatrix}\).



\(M(x ; y ; z) \in \mathcal{P} \iff 1 \times (x - 2) + 2 \times (y + 1) - 1 \times (z - 3) = 0\).

En developpant : \(x - 2 + 2y + 2 - z + 3 = 0\), soit \(x + 2y - z + 3 = 0\).

Exemple — Lire un vecteur normal

Le plan d’équation \(2x - 3y + 5z - 4 = 0\) admet pour vecteur normal \(\vec{n}\begin{pmatrix} 2 \\ -3 \\ 5 \end{pmatrix}\).

Méthode — Un point appartient-il a un plan ?
Il suffit de remplacer \(x\), \(y\), \(z\) par les coordonnées du point dans l’équation cartesienne et de verifier si l’egalite est satisfaite.
Exemple

Le point \(B(1 ; 1 ; 2)\) appartient-il au plan \(\mathcal{P} : x + 2y - z + 3 = 0\) ?



\(1 + 2 \times 1 - 2 + 3 = 1 + 2 - 2 + 3 = 4 \neq 0\). Donc \(B \notin \mathcal{P}\).

11. Positions relatives et distances

11.1 Position relative de deux plans

Propriete — Plans paralleles, plans secants
Soient deux plans \(\mathcal{P}_1\) et \(\mathcal{P}_2\) de vecteurs normaux \(\vec{n}_1\) et \(\vec{n}_2\).
  • \(\mathcal{P}_1\) et \(\mathcal{P}_2\) sont paralleles si et seulement si \(\vec{n}_1\) et \(\vec{n}_2\) sont colineaires.
  • Ils sont confondus si, de plus, un point de \(\mathcal{P}_1\) appartient a \(\mathcal{P}_2\).
  • Sinon, ils sont secants selon une droite.
  • Ils sont perpendiculaires si \(\vec{n}_1 \cdot \vec{n}_2 = 0\).
Démonstration

Parallélisme ↔ normaux colinéaires. Deux plans sont parallèles si et seulement s’ils ont la même direction, c’est-à-dire si tout vecteur du premier plan est aussi dans le second. L’orthogonalité avec le vecteur normal caractérise l’appartenance à la direction du plan, donc deux plans ont la même direction ssi leurs vecteurs normaux sont colinéaires.

Confondus. Si \(\mathcal{P}_1\) et \(\mathcal{P}_2\) sont parallèles (même direction) et ont un point commun, alors ils contiennent exactement les mêmes points : ils sont confondus. Deux plans distincts parallèles n’ont aucun point commun.

Sécants → droite. Si les normaux ne sont pas colinéaires, les plans ont des directions distinctes. Leur intersection n’est pas vide (l’équation \(\mathcal{P}_1 \cap \mathcal{P}_2\) est un système linéaire de 2 équations à 3 inconnues, qui admet des solutions formant un espace affine de dimension 1, donc une droite). Les points communs aux deux plans forment donc une droite.

Perpendicularité. Deux plans sont perpendiculaires si et seulement si leurs vecteurs normaux sont orthogonaux. L’orthogonalité de deux vecteurs s’écrit \(\vec{n}_1 \cdot \vec{n}_2 = 0\) (section 8). ∎

Exemple

Les plans \(\mathcal{P}_1 : 2x - y + z - 1 = 0\) et \(\mathcal{P}_2 : 4x - 2y + 2z + 5 = 0\) sont-ils paralleles ?



\(\vec{n}_1\begin{pmatrix} 2 \\ -1 \\ 1 \end{pmatrix}\) et \(\vec{n}_2\begin{pmatrix} 4 \\ -2 \\ 2 \end{pmatrix} = 2\vec{n}_1\) : les vecteurs normaux sont colineaires, donc les plans sont paralleles.

Le point \(A(0 ; 0 ; 1)\) verifie \(\mathcal{P}_1\) (\(0 - 0 + 1 - 1 = 0\)) mais pas \(\mathcal{P}_2\) (\(0 - 0 + 2 + 5 = 7 \neq 0\)). Les plans sont paralleles non confondus.

11.2 Position relative d’une droite et d’un plan

Propriete — Droite et plan
Soit une droite \(d\) de vecteur directeur \(\vec{u}\) et un plan \(\mathcal{P}\) de vecteur normal \(\vec{n}\).
  • Si \(\vec{u} \cdot \vec{n} \neq 0\) : la droite et le plan sont secants en un unique point.
  • Si \(\vec{u} \cdot \vec{n} = 0\) : la droite est parallele au plan (incluse dans le plan si un point de \(d\) est dans \(\mathcal{P}\), strictement parallele sinon).
Démonstration

Soit \(A\) un point de \(d\). Un point \(M \in d\) s’écrit \(M = A + t\vec{u}\) pour un réel \(t\). Soit \(\mathcal{P}\) d’équation \(ax + by + cz + d = 0\) avec \(\vec{n}(a\,;\,b\,;\,c)\) normal à \(\mathcal{P}\).

Intersection. \(M \in \mathcal{P}\) si et seulement si \(a\,x_M + b\,y_M + c\,z_M + d = 0\). En remplaçant par les coordonnées paramétriques et en développant, on obtient une équation de la forme :

\((\vec{n}\cdot\vec{u})\,t + (\vec{n}\cdot\overrightarrow{OA} + d) = 0.\)

Cas \(\vec{n}\cdot\vec{u} \neq 0\). L’équation admet une unique solution \(t_0\), correspondant à un unique point d’intersection. La droite et le plan sont sécants.

Cas \(\vec{n}\cdot\vec{u} = 0\). L’équation devient \(0 \cdot t + (\vec{n}\cdot\overrightarrow{OA} + d) = 0\), soit \(\vec{n}\cdot\overrightarrow{OA} + d = 0\).

  • Si \(\vec{n}\cdot\overrightarrow{OA} + d = 0\) (c’est-à-dire si \(A \in \mathcal{P}\)) : l’équation est satisfaite pour tout \(t\), donc tous les points de \(d\) sont dans \(\mathcal{P}\) — la droite est incluse.
  • Sinon : aucun \(t\) ne convient, la droite n’a aucun point commun avec le plan — elle est strictement parallèle.

Dans les deux cas \(\vec{n}\cdot\vec{u} = 0\), on dit que la droite est parallèle au plan. ∎

Méthode — Intersection droite / plan
On dispose d’une representation parametrique de \(d\) et d’une équation cartesienne de \(\mathcal{P}\).
  1. On reporte \(x\), \(y\), \(z\) (en fonction de \(t\)) dans l’équation du plan.
  2. On obtient une équation d’inconnue \(t\).
  3. Si cette équation a une unique solution : un point d’intersection.
  4. Si elle n’a pas de solution : droite strictement parallele au plan.
  5. Si elle est verifiee pour tout \(t\) : droite incluse dans le plan.
Exemple

Trouver l’intersection de la droite \(d : \begin{cases} x = 1 + t \\ y = 2 - t \\ z = 3t \end{cases}\) et du plan \(\mathcal{P} : 2x + y - z - 4 = 0\).



On reporte : \(2(1 + t) + (2 - t) - 3t - 4 = 0\).

Soit \(2 + 2t + 2 - t - 3t - 4 = 0\), c’est-a-dire \(-2t = 0\), d’ou \(t = 0\).

Pour \(t = 0\) : \(x = 1\), \(y = 2\), \(z = 0\). Le point d’intersection est \(I(1 ; 2 ; 0)\).

11.3 Distance d’un point a un plan

Théorème — Distance d’un point a un plan
La distance du point \(P(x_0 ; y_0 ; z_0)\) au plan \(\mathcal{P} : ax + by + cz + d = 0\) est : \[d(P, \mathcal{P}) = \frac{|a x_0 + b y_0 + c z_0 + d|}{\sqrt{a^2 + b^2 + c^2}}\]
Justification

Meme méthode que pour la distance point-droite dans le plan (section 5.3). Le projete orthogonal \(H\) de \(P\) sur \(\mathcal{P}\) verifie \(\overrightarrow{PH} = t\,\vec{n}\). La condition \(H \in \mathcal{P}\) donne \(t = \frac{-(ax_0 + by_0 + cz_0 + d)}{a^2 + b^2 + c^2}\), et la distance est \(PH = |t| \cdot \|\vec{n}\| = \frac{|ax_0 + by_0 + cz_0 + d|}{\sqrt{a^2 + b^2 + c^2}}\).

Remarque — Analogie avec le plan
C’est exactement la meme formule que celle de la distance d’un point a une droite en 2D (voir section 5.3) : on ajoute simplement le terme en \(z\) au numérateur et au dénominateur.
Exemple

Distance du point \(P(1 ; -2 ; 3)\) au plan \(\mathcal{P} : 2x - y + 2z + 5 = 0\).



Numérateur : \(|2 \times 1 - (-2) + 2 \times 3 + 5| = |2 + 2 + 6 + 5| = 15\).

Dénominateur : \(\sqrt{4 + 1 + 4} = \sqrt{9} = 3\).

\(d(P, \mathcal{P}) = \dfrac{15}{3} = 5\).

Bilan — Formules essentielles

Dans le plan

NotionFormule
Produit scalaire (analytique)\(\vec{u} \cdot \vec{v} = xx' + yy'\)
Produit scalaire (avec angle)\(\vec{u} \cdot \vec{v} = \|\vec{u}\|\,\|\vec{v}\|\cos\theta\)
Orthogonalite\(\vec{u} \perp \vec{v} \iff \vec{u} \cdot \vec{v} = 0\)
Distance \(AB\)\(\sqrt{(x_B - x_A)^2 + (y_B - y_A)^2}\)
Milieu de \([AB]\)\(\left(\dfrac{x_A + x_B}{2} ; \dfrac{y_A + y_B}{2}\right)\)
Distance point/droite\(\dfrac{|ax_0 + by_0 + c|}{\sqrt{a^2 + b^2}}\)
Équation du cercle\((x - a)^2 + (y - b)^2 = r^2\)
Al-Kashi\(a^2 = b^2 + c^2 - 2bc\cos\widehat{A}\)
Droites perpendiculaires\(m_1 \times m_2 = -1\)
Colinearite (plan)\(xy' - x'y = 0\)

Dans l’espace

NotionFormule
Coordonnées de \(\overrightarrow{AB}\)\((x_B - x_A ; y_B - y_A ; z_B - z_A)\)
Norme d’un vecteur\(\|\vec{u}\| = \sqrt{x^2 + y^2 + z^2}\)
Distance \(AB\)\(\sqrt{(x_B - x_A)^2 + (y_B - y_A)^2 + (z_B - z_A)^2}\)
Milieu de \([AB]\)\(\left(\dfrac{x_A + x_B}{2} ; \dfrac{y_A + y_B}{2} ; \dfrac{z_A + z_B}{2}\right)\)
Produit scalaire (3D)\(\vec{u} \cdot \vec{v} = xx' + yy' + zz'\)
Orthogonalite (3D)\(xx' + yy' + zz' = 0\)
Droite (parametrique)\(\begin{cases} x = x_A + at \\ y = y_A + bt \\ z = z_A + ct \end{cases}\)
Plan (cartesienne)\(ax + by + cz + d = 0\), normal \(\vec{n}(a;b;c)\)
Distance point/plan\(\dfrac{|a x_0 + b y_0 + c z_0 + d|}{\sqrt{a^2 + b^2 + c^2}}\)
Plans paralleles\(\vec{n}_1\) et \(\vec{n}_2\) colineaires
Droite parallele a un plan\(\vec{u} \cdot \vec{n} = 0\)
Solution du problème d’ouverture — Le GPS et la triangulation

Le téléphone est à 5 km de \(A(0;0)\), 5 km de \(B(6;0)\) et 1 km de \(C(3;5)\). On écrit les trois équations de cercles :

  • \(x^2 + y^2 = 25\) (cercle centré en \(A\), rayon 5)
  • \((x-6)^2 + y^2 = 25\) (cercle centré en \(B\), rayon 5)
  • \((x-3)^2 + (y-5)^2 = 1\) (cercle centré en \(C\), rayon 1)

En soustrayant la première équation de la deuxième : \(-12x + 36 = 0\), d'où \(x = 3\). En reportant dans la première : \(y^2 = 16\), soit \(y = 4\) ou \(y = -4\).

Vérification avec la troisième : pour \(M(3;4)\), \((3-3)^2 + (4-5)^2 = 1\) ✓ ; pour \(M(3;-4)\), \((3-3)^2 + (-4-5)^2 = 81 \neq 1\). Donc \(M(3;4)\) est l'unique solution.

En pratique, le GPS utilise au moins 4 satellites pour s'affranchir des erreurs de mesure et lever toute ambiguïté.

Solution de l’énigme — Le tresor cache

Les points equidistants de \(A(1;2)\) et \(B(5;4)\) forment la mediatrice de \([AB]\).

Le milieu de \([AB]\) est \(M(3 ; 3)\). Le vecteur \(\overrightarrow{AB}\) a pour coordonnées \((4 ; 2)\).

La mediatrice est perpendiculaire a \(\overrightarrow{AB}\) et passe par \(M\). Un vecteur normal a la mediatrice est \(\overrightarrow{AB} = (4;2)\), donc la mediatrice a pour équation \(4(x-3) + 2(y-3) = 0\), soit \(4x + 2y = 18\), soit \(2x + y = 9\).

On resout le système : \(\begin{cases} y = x + 1 \\ 2x + y = 9 \end{cases}\)

En substituant : \(2x + (x+1) = 9\), d’ou \(3x = 8\), soit \(x = \frac{8}{3}\) et \(y = \frac{8}{3} + 1 = \frac{11}{3}\).

Le tresor est au point \(T\!\left(\frac{8}{3} ; \frac{11}{3}\right)\).

Pieges et contre-exemples

Géométrie analytique : teste d’abord ton intuition.

Score : 0 / 6 pieges identifies
1 Produit scalaire nul

« Si \(\vec{u} \cdot \vec{v} = 0\), alors \(\vec{u} = \vec{0}\) ou \(\vec{v} = \vec{0}\). »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux. \(\vec{u} \cdot \vec{v} = 0\) signifie que les vecteurs sont orthogonaux (ou l’un est nul). Par exemple, \((1;0) \cdot (0;1) = 0\) mais aucun n’est nul.

Ne pas confondre avec le produit de nombres réels. Pour les vecteurs, produit scalaire nul = orthogonalite.

Mini-test : \(\vec{u}(3;4)\) et \(\vec{v}(-4;3)\). \(\vec{u} \cdot \vec{v} = ?\)

2 Équation de droite

« L’équation \(y = 2x + 3\) est l’équation de toute droite de pente 2 passant par \((0;3)\). »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux (partiellement). L’équation \(y = 2x + 3\) détermine une unique droite, pas « toute droite de pente 2 ». Il n’y a qu’une seule droite de pente 2 passant par \((0;3)\), et c’est celle-ci. L’affirmation est mal formulee mais le résultat est correct.

Le vrai piege : toutes les droites ne s’ecrivent pas sous la forme \(y = mx + p\). Les droites verticales (\(x = c\)) n’ont pas de coefficient directeur.

Forme \(y = mx + p\) : exclut les droites verticales. Forme cartesienne \(ax + by + c = 0\) : toutes les droites.

Mini-test : la droite passant par \((3;1)\) et \((3;5)\) a-t-elle un coefficient directeur ?

3 Distance dans l’espace

« La distance entre \(A(1;2;3)\) et \(B(4;6;3)\) est \(|4-1| + |6-2| + |3-3| = 7\). »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux. La distance euclidienne est \(\sqrt{(4-1)^2 + (6-2)^2 + (3-3)^2} = \sqrt{9+16+0} = 5\), pas \(3 + 4 + 0 = 7\). On utilise la racine de la somme des carrés, pas la somme des valeurs absolues (distance de Manhattan).

Pythagore generalise : \(d = \sqrt{\Delta x^2 + \Delta y^2 + \Delta z^2}\).

Mini-test : distance entre \(O(0;0;0)\) et \(M(1;1;1)\) :

4 Perpendiculaire dans l’espace

« Si une droite est perpendiculaire a deux droites d’un plan, elle est perpendiculaire au plan. »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux (incomplet). Il faut que les deux droites soient non paralleles (secantes). Deux droites paralleles ne suffisent pas a definir la direction du plan.

Perpendiculaire a un plan = perpendiculaire a deux droites secantes du plan.

Mini-test : le vecteur \(\vec{n}(1;2;3)\) est perpendiculaire au plan \(x + 2y + 3z = 5\). Vrai ?

5 Équation de cercle

« \(x^2 + y^2 + 2x - 4y + 10 = 0\) est l’équation d’un cercle. »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

Faux. En completant les carrés : \((x+1)^2 + (y-2)^2 = 1 + 4 - 10 = -5\). Le « rayon au carré » est négatif, donc il n’y a aucun point verifiant cette équation. Ce n’est pas un cercle.

Toujours verifier que \(r^2 > 0\) apres mise sous forme canonique. Sinon, pas de cercle !

Mini-test : \(x^2 + y^2 - 6x + 4y + 4 = 0\) est-il un cercle ?

6 Produit scalaire et angle

« \(\vec{u} \cdot \vec{v} = \|\vec{u}\| \times \|\vec{v}\| \times \cos(\vec{u}, \vec{v})\). »

Cette affirmation est-elle correcte ?

Explication

C’est vrai ! C’est la definition géométrique du produit scalaire. Elle permet de calculer l’angle entre deux vecteurs : \(\cos\theta = \frac{\vec{u} \cdot \vec{v}}{\|\vec{u}\| \times \|\vec{v}\|}\).

Deux formules du produit scalaire : géométrique (\(\|\vec{u}\|\|\vec{v}\|\cos\theta\)) et analytique (\(xx' + yy'\)).

Mini-test : angle entre \(\vec{u}(1;0)\) et \(\vec{v}(0;1)\) :

🎓 Fin du programme de Maths Complémentaires !
Tu as couvert analyse, probabilités et géométrie complémentaires. Un bon socle pour les études post-bac en économie, sciences humaines ou sciences de la vie.